Normand Bourgault estime que le fait que le géant américain ait biffé la candidature d’Ottawa-Gatineau n’est pas une « si mauvaise nouvelle » en soi.

Amazon: «Un modèle d’affaires vieillot à long terme»

« Le modèle d’affaires d’Amazon sera très bientôt en perte de vitesse et aura du plomb dans l’aile ».

Aussi surprenant que cela puisse paraître, ces propos sortent de la bouche du professeur honoraire en marketing de l’Université du Québec en Outaouais (UQO), Normand Bourgault, qui estime que le fait que le géant américain ait biffé la candidature d’Ottawa-Gatineau n’est pas une « si mauvaise nouvelle » en soi.

« C’est à peu près la même nouvelle que lorsqu’on a annoncé que Target se retirait du marché canadien. J’observe qu’Amazon offre beaucoup de produits au même prix que tous les autres détaillants, de même que les fabricants. Les fabricants sont en train de se rendre compte qu’ils n’ont plus besoin des détaillants. Et si c’est le cas, Amazon aura un modèle d’affaires vieillot à long terme. Je crois que d’ici trois ou quatre ans, les fabricants vont se charger eux-mêmes de leurs ventes sur le web, sans passer par des intermédiaires », lance-t-il.

Selon M. Bourgault, on commence donc à assister un renversement de la tendance qui était observée dans les années 1960 et 1970, « quand le pouvoir de distribution est allé vers les détaillants. » 

À son avis, les grands distributeurs qui œuvrent sur le web seront condamnés d’ici les cinq prochaines années.

Malgré tout, si le spécialiste des affaires avait à miser sur la ville qui sera sélectionnée plus tard cette année, il opterait sans hésiter sur Toronto. 

« Selon moi, c’était Toronto ou Ottawa, car ce sont les conditions fiscales qui intéressent Amazon. Toronto est le centre économique du Canada et je ne vois pas pourquoi on voudrait deux sièges sociaux dans le même pays », dit-il.