Alerte de smog au Québec: pire qu’à Pékin ?

Émilie Pelletier
Émilie Pelletier
Initiative de journalisme local — Le Droit
L’important épisode de smog constaté dans l’ensemble du Québec au cours de l’après-midi et de la soirée de dimanche n’était pas exactement « pire qu’à Pékin » comme l’ont rapporté certains médias, selon un expert météorologue d’Environnement Canada.

« On ne peut pas commencer à faire ce genre de comparaisons », juge le météorologue d’Environnement Canada, Alexandre Parent. 

L’indice de qualité de l’air (IQA) enregistré durant l’épisode de smog au Québec était peut-être comparable à celui de Pékin, mais « il y a toujours une certaine variabilité selon le moment de la journée », affirme-t-il. 

La qualité de l’air est considérée comme mauvaise lorsqu’elle dépasse les 50 microgrammes par mètre cube d’air (ug/m3). 

Or, lorsque le météorologue a consulté les stations d’observation de la capitale chinoise, dimanche soir, l’indice se situait dans les 200 ug/m3. À Québec, où l’on a constaté l’un des pires taux de la province, il a atteint les 63 ug/m3. 

Évidemment, en comparant les meilleurs résultats d’IQA de Pékin à ceux du Québec où le pire épisode de smog est enregistré, les données peuvent se ressembler. 

La Haute-Gatineau affectée

En Outaouais, l’alerte de smog a été émise pour la Haute-Gatineau vers 22h30 dimanche, et a été levée à 4h30, lundi. Le niveau de l’air devrait être de retour à « bon » d’ici la fin de l’après-midi dans la région. 

La Ville de Gatineau a été épargnée. 

Ces épisodes de smog sont causés par les conditions atmosphériques stables à proximité du sol. « C’est comme lorsqu’on ajoute du lait sans son café et qu’on ne brasse pas. Avec des vents faibles, ça devient plus dense », métaphorise M. Parent. 

Durant l’hiver, la combustion d’énergies fossiles telles que les feux de foyer et les modes de transports, entre autres, émettent de fines particules. La stabilité de l’atmosphère, tel un couvercle, retient ces émissions à la surface et cause une réaction chimique. 

M. Parent affirme qu’il ne serait pas surprenant de constater de nouveaux épisodes de smog au cours des prochains jours. 

Des conseils

Les personnes les plus à risque d’être affectées par le smog sont celles qui sont atteintes de maladies respiratoires, les personnes asthmatiques et les jeunes enfants, souligne le météorologue. « Les enfants respirent une quantité d’oxygène plus importante par rapport à leur poids, comparativement aux adultes. La respiration devient d’autant plus difficile. »

Il conseille à la population de ne pas faire d’activité physique intense en cas d’épisodes de mauvaise qualité de l’air, même ceux qui sont en bonne forme physique.