Chez Air Transat, on indique que l’absence d’eau dans les réservoirs d’un avion en vol représente un cas isolé.
Chez Air Transat, on indique que l’absence d’eau dans les réservoirs d’un avion en vol représente un cas isolé.

Air Transat: pas d'eau dans les toilettes

Judith Desmeules
Judith Desmeules
Le Soleil
Des passagers d’un vol Lisbonne-Toronto ont eu toute une surprise lundi lorsqu’ils ont appris qu’il n’y aurait pas d’eau dans les toilettes lors d’un voyage de neuf heures. Le commandant devait réduire la quantité d’eau «pour des raisons de performances».

«Il a fait une annonce au début disant que l’avion était rempli au maximum de sa capacité. Essentiellement, j’imagine qu’ils ont dû faire un choix entre avoir assez de carburant ou avoir de l’eau pour les toilettes», explique un couple de Québec qui a emprunté le vol TS733 du 9 décembre.

Cette annonce s’est avérée «surprenante, mais pas inquiétante» pour les passagers. L’avion, un Airbus 321, était plein, seulement deux ou trois sièges étaient vacants. 

Il y avait de l’eau pour boire, mais le réservoir pour les toilettes n’avait pas été rempli avant le décollage. L’avion avait aussi laissé à l’aéroport les éléments de la boutique hors taxe, tels que les bouteilles de boissons alcoolisées. 

«On pouvait aller à la salle de bain, mais il fallait ne pas avoir le choix... C’était un vol assez long et disons que la propreté n’était pas géniale à la fin du voyage», ajoute le couple. Il n’était d’ailleurs pas le seul à exprimer sa surprise quant à cette situation inhabituelle.

Un cas «isolé»

Chez Air Transat, on confirme qu’il s’agit d’un cas isolé.

«La quantité d’eau avait dû être réduite dans les réservoirs pour des raisons de performance puisque le temps de vol prévu excédait le temps de vol moyen pour ce segment en raison des vents extrêmes qui sont fréquents en cette période de l’année», explique la conseillère en relations publiques de la compagnie aérienne, Marie-Christine Pouliot. Cette décision ne serait donc pas liée au poids du carburant du transporteur.

En effet, le vol du 9 décembre s’est terminé avec une heure de plus qu’à l’habitude (9 heures 8 minutes au lieu de 8 heures 5 minutes). Les lavabos n’étaient donc pas fonctionnels, mais l’équipe a distribué des bouteilles d’eau et des lingettes aux passagers afin de remédier à la situation. 

«Ces ajustements opérationnels ne compromettent en aucun cas la sécurité des passagers et de notre équipage, qui demeure notre priorité», insiste Mme Pouliot. 

Nouvel avion

La compagnie tient aussi à noter que son appareil, le Airbus 321, «fait la fierté d’Air Transat» en raison de sa faible consommation de carburant et d’émissions de gaz à effets de serre. Ce type de transporteur a été introduit tout récemment dans la flotte d’Air Transat.

«En comparaison avec la génération précédente d’appareils Airbus, l’Airbus A321neoLR consomme 15 % moins de carburant, génère 50 % moins de bruit en cabine et dans les collectivités, produit environ 5000 tonnes de CO2 en moins par année et réduit de 50 % les émissions de NOX, qui contribuent au smog et aux pluies acides», énumère Mme Pouliot. 

Des ajustements sont faits selon les performances de l’appareil depuis qu’il est dans les airs. Cependant, la compagnie précise que l’appareil surpasse actuellement les attentes et les prévisions du manufacturier. La situation de lundi dernier est survenue principalement en raison des forts vents qui ont rendu le trajet plus long pour l’avion. 

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DE MEILLEURES CONDITIONS POUR LES VOYAGEURS 

Le nouveau règlement fédéral sur la protection des passagers aériens s’appliquera pleinement le 15 décembre. Compensation financière et nourriture fournie en cas de retards de vols sont parmi les nouvelles directives. 

Les compagnies aériennes se verront imposer une série d’obligations afin de protéger les voyageurs, juste à temps pour la période des Fêtes, la plus achalandée pour les transporteurs. Le règlement était partiellement entré en vigueur en juillet. 

En cas d’un retard de plus de trois heures ou d’une annulation de vol attribuable au transporteur, la compagnie aérienne devra débourser une indemnité aux passagers basée sur la durée du retard à l’arrivée à la destination finale. Le montant qui pourra être réclamé sera de 125 $ à 1000 $. Ces indemnités ne s’appliqueront pas si le retard ou l’annulation est lié à la sécurité; on parle ici de conditions météo difficiles, par exemple.

Les normes de traitement que devront respecter les transporteurs seront aussi modifiées. En cas de retards de plus de deux heures, par souci de sécurité ou pas, la compagnie aérienne devra fournir aux passagers de la nourriture en quantité raisonnable et l’accès à des moyens de communication. Si le retard se prolonge pendant la nuit, un hébergement gratuit devra aussi être offert. 

Les compagnies devront finalement s’assurer que leurs passagers atteignent leur destination finale, en cas de transferts manqués ou autre situation. Elles devront diriger leurs clients vers un autre vol ou un vol d’une autre compagnie.

L’entreprise Vol en retard aide les voyageurs à obtenir une compensation pour tout problème rencontré avec leurs vols. Elle prend en charge les démarches parfois longues qui accompagnent le désagrément. Vol en retard se réjouit de ces nouveaux règlements, qui faciliteront son travail.

«On s’assure d’un traitement juste et équitable pour tous les voyageurs. Nous serons évidemment à l’affût de l’application de ces obligations dès leur entrée en vigueur», indique le cofondateur de l’entreprise, Jacob Charbonneau. Judith Desmeules