Air Transat assume une partie de la responsabilité du cafouillage de l'Aéroport d'Ottawa, mais le transporteur ne veut pas prendre tout le blâme.

Air Transat «assume une part des responsabilités» du cafouillage d'Ottawa

Air Transat «assume une part des responsabilités» du cafouillage survenu à l'aéroport d'Ottawa, le 31 juillet, ajoutant qu'elle n'était pas la seule à blâmer dans cette mésaventure.
Le transporteur aérien a livré sa version des faits, et réitéré ses excuses, relativement à la soirée infernale vécue par les centaines de passagers coincés dans deux de ses avions, sur le tarmac de l'aéroport d'Ottawa.
« Les retards, et l'épuisement du carburant dans l'appareil en provenance de Bruxelles ont été le résultat d'un engrenage complexe », a affirmé un membre de la direction d'Air Transat, jeudi.
« Nous avons une part des responsabilités dans cette situation, que nous assumons, mais nous ne contrôlions pas tous les paramètres. En outre, il doit être absolument clair que si nous avions su dès le début que le délai serait aussi long (plus de cinq heures), nous aurions pris des décisions différentes. Mais la situation évoluait d'heure en heure, le pilote croyait qu'il pourrait repartir rapidement, et faire descendre les passagers aurait considérablement allongé les délais », a précisé le vice-président aux Ressources humaines et aux Affaires publiques d'Air Transat, Christophe Hennebelle.
Une vingtaine d'appareils a dû se poser à Ottawa au lieu de Toronto ou Montréal, où la météo était trop mauvaise. D'autres compagnies ont aussi connu des délais importants - jusqu'à trois heures - avant de décoller.
Air Transat s'est expliquée jeudi devant l'Office des Transports du Canada. Le président de la compagnie, Jean-François Lemay, a insisté sur l'importance d'améliorer les communications entre « les différents acteurs dans cet écosystème ».
Selon lui, il est possible de prévoir, « dans l'heure » si des délais importants surviendront dans de pareilles situations. « En trente ans, je n'ai jamais vu une situation comme celle-ci. »
Le numéro un de la compagnie a rappelé qu'une charte sur les droits des passagers était plus que jamais nécessaire.
« On ne blâme aucun des acteurs, a-t-il dit. Ni l'aéroport d'Ottawa ni personne. Après sept, dix appareils, l'aéroport a atteint se capacité d'accueil, puis, un autre joueur a continué d'envoyer des appareils à Ottawa. »
Jeudi matin, un des pilotes d'Air Transat impliqués dans cette mésaventure a raconté sa difficile soirée.
De retour de Rome, Yves Saint-Laurent a expliqué comment son appareil avait été doublé au ravitaillement par d'autres appareils, même s'ils étaient arrivés après le sien.
« On nous disait toujours 'encore 30 minutes, encore 30 minutes'. On n'arrivait jamais à avoir du carburant. »
Le pilote a expliqué que l'accumulation de petits délais a finalement causé un retard de cinq heures. L'arrivée d'un énorme Airbus A380 a ralenti le ravitaillement des autres appareils.
L'aéroport d'Ottawa n'est pas nécessairement équipé pour recevoir un tel géant. Après le ravitaillement de celui-ci, le camion-citerne a dû rebrousser chemin pour aller chercher d'autre carburant pour les autres avions en attente.
Le pilote, qui croyait toujours décoller de demi-heure en demi-heure, n'a donc pas fait descendre des passagers.
« Je me disais qu'avec le nombre de passagers de tous les avions sur le tarmac, cela aurait pris 90 autobus nolisés... faire descendre mes 300 passagers aurait pris au moins une heure. Quand on se fait dire qu'il reste 30 minutes, on attend.
Jeudi, le pilote semblait toujours avoir cette soirée sur le coeur, tout comme de nombreux passagers qui ont publiquement dénoncé leur soirée infernale, sans eau, ni nourriture et air conditionné.