Les gestes de solidarité envers les familles éprouvées par le drame se sont mutipliés au Québec, dont cette vigile à Longueuil.

Air Algérie: élan de solidarité après le drame

Au lendemain de l'écrasement du vol d'Air Algérie au Mali, qui a fait 118 morts - dont toute la petite famille de Mamadou Zoungrana -, l'Association des Burkinabés d'Ottawa et de l'Outaouais (ABOO) lance une campagne de financement afin de venir en aide au Gatinois et aux quatre autres familles québécoises touchées par la tragédie.
«L'exécutif de l'association a décidé de mettre en place une levée de fonds pour aider Mamadou et les familles touchées par le drame», a indiqué hier le président de l'ABOO, Cheick Savadogo, qui est aussi un bon ami de M. Zoungrana.
L'ABOO a fait parvenir toute l'information nécessaire à ses quelque 360 membres répertoriés en Outaouais. On espère recueillir suffisamment d'argent pour défrayer les funérailles des victimes. Les autres familles québécoises qui ont perdu des proches dans l'écrasement bénéficieront également de cette campagne, a précisé M. Savadogo.
Bien au fait que l'argent ne ramènera pas les proches disparus, M. Savadogo et les membres de la communauté souhaitent à tout de moins apaiser la vive souffrance des familles.
«Entre gens du Burkina Faso, nous sommes comme des frères. Il faut qu'on soutienne Mamadou. Notre communauté est très soudée et nous devions avoir une réaction spontanée pour lui venir en aide. Ce qui nous préoccupe présentement, c'est de récolter des fonds pour soutenir M. Zoungrana, mais aussi les autres familles touchées», a dit le président de l'ABOO.
Les gens intéressés à donner peuvent envoyer un courriel au burkinabe.outaouais@gmail.com pour en savoir plus.
Toujours sous le choc
C'était toujours la consternation, vendredi, dans l'entourage de Mamadou Zoungrana, ce technologue de l'hôpital de Buckingham.
Au pays depuis deux ans, l'homme originaire du Burkina Faso attendait le 24 juillet avec impatience : sa famille devait finalement le rejoindre de manière définitive en sol canadien.
Mais sa femme Salimata et ses deux fils, Arsène (6 ans) et Brice (13 ans), ne se seront jamais installés au Canada. Le vol AH5017, qui effectuait la liaison entre Ouagadougou et Alger, s'est échoué à 500 kilomètres de la frontière algérienne, tuant dans son sillage tous ses passagers.
Selon nos informations, le père endeuillé s'est envolé en direction du Burkina Faso, vendredi soir, afin d'aller rejoindre des membres de sa famille et d'organiser les funérailles.
LeDroit n'a pas été en mesure de s'entretenir avec l'homme, qui a passé la journée de vendredi avec des amis venus lui tenir compagnie. Il était évidemment encore toujours sous le choc, lui qui espérait encore jeudi soir que cette histoire ne soit qu'un vilain cauchemar, nous a-t-on dit du côté de ses proches.
Cellule de crise à l'hôpital
Pendant ce temps à l'Hôpital de Papineau, dans le secteur Buckingham, lieu de travail de M. Zougrana, l'unité de cellule de crise mise sur pied jeudi était toujours à pied d'oeuvre.
Deux travailleuses sociales ont été dépêchées dans l'établissement lorsque la nouvelle est tombée afin de venir en aide à M. Zoungrana et à ses collègues. Ces mesures étaient toujours en place vendredi.
«C'est quand même assez soudain et tragique comme situation et ça vient toucher beaucoup de personnes. Ça vient nous chercher et l'équipe est très empathique face à ce qui se passe présentement», a réagi Terence Blais, chef de l'administration des programmes au sein du volet CLSC du CSSS de Papineau.
«Nous restons disponibles pour offrir le soutien qu'il faut pour les employés. Si jamais quelqu'un devait mal réagir ou quoi ce soit, nous serons présents dans les jours à venir.»