Gatineau souhaite s’inspirer de Saint-Bruno qui a transformé ses platebandes municipales en jardins.
Gatineau souhaite s’inspirer de Saint-Bruno qui a transformé ses platebandes municipales en jardins.

Agroquartiers et concombres dans le parc

Saint-Bruno-de-Montarville, sur la rive sud de Montréal, a été la première municipalité à afficher le titre de « ville nourricière » au Québec. C’était en 2016. Elle est encore la seule à ce jour, mais deux autres villes, de plus grande envergure, souhaitent marcher dans ses pas; Laval et Gatineau.

La zone agricole de Saint-Bruno occupe près de 30 % du territoire. À Gatineau, les citoyens l’oublient souvent, mais c’est 40 %. Dans cette banlieue de Montréal de 27 000 habitants, toutefois, les terres agricoles sont surtout dédiées aux grandes cultures et à la culture maraîchères. À Gatineau, plus de 75 % de la zone est en friche, donc pas cultivée. La Ville possède à elle seule l’équivalent de 600 terrains de soccer de terres agricoles qu’elle souhaite mettre en valeur.

« Nos producteurs, sont de petits producteurs et nous n’avons vraiment pas beaucoup de transformation ici, note la présidente de la Commission Gatineau, ville en santé, Renée Amyot. Ils ne peuvent pas non plus toujours répondre aux exigences de production des chaînes d’alimentation. Nous avons un plan de développement de notre zone agricole, c’est un premier jalon. Il faut trouver des débouchés pour les producteurs et régler les enjeux de la distribution. Ça doit s’intégrer à notre système alimentaire durable. »

Dans la zone urbaine, les actions à poser pour devenir une ville nourricière sont différentes. Outre les marchés publics, l’agriculture urbaine, et permettre les petits élevages, Saint-Bruno-de-Montarville a inscrit à son plan d’urbanisme l’intégration de petites parcelles de terre à cultiver dans les nouveaux développements résidentiels. Un secteur de la municipalité a même fait l’objet d’un plan particulier d’urbanisme pour devenir un agroquartier. Des usages d’agriculture urbaine divers sont directement intégrés dans le plan du quartier et dans les usages qui sont exigés.

Gatineau souhaite aussi s’inspirer de Saint-Bruno qui a transformé ses platebandes municipales en jardins. « Un système alimentaire durable pour une ville comme Gatineau ça peut aussi vouloir dire de réfléchir à ce qu’on plante dans nos parcs et nos espaces publics, explique Mme Amyot. Plutôt que de planter juste des plantes ornementales, pourquoi ne pas faire un virage vers le comestible. Une platebande avec des plans de concombres et de tomates, ou des arbres fruitiers dans nos parcs, dans certains quartiers plus fragilisés ça peut être très souhaitable. » À Saint-Bruno, les surplus d’aliments générés par ces aménagements sont offerts à un comptoir alimentaire local.

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