Selon Radio-Canada, l’homme désigné comme présumé agresseur dans l’action collective est maintenant âgé de 85 ans et oeuvre à la paroisse Saint-Antoine de Padoue à Ottawa.

Agressions sexuelles dans les années 70: Requête contre le Collège Servite

Le Collège Servite à Ayer’s Cliff est visé par de sérieuses allégations d’agressions sexuelles qui auraient été perpétrées vers le milieu des années 1970. Une requête demandant à la cour l’autorisation d’intenter une action collective contre l’école secondaire a été déposée en Cour supérieure par la firme d’avocats Kugler Kandestin.

La requête soumise à la cour ne concerne qu’une seule personne pour le moment. Le requérant en question a réclamé et obtenu qu’on protège son identité. Il est possible que des victimes présumées additionnelles se joignent à lui au cours des prochaines semaines.

Selon le texte de la requête, le requérant a fréquenté le Collège Servite en deuxième et troisième secondaire. Il avait 12 ans à son arrivée au sein de ce pensionnat, qui était à l’époque réservé aux garçons.

L’agresseur présumé, dans ce dossier, est le père Jacques Desgrandchamps, un membre de la congrégation des Servites. Il a enseigné plusieurs matières au Collège Servite au fils des années. Il était semble-t-il près de ses élèves.

Selon Radio-Canada, l’homme désigné comme présumé agresseur dans l’action collective est maintenant âgé de 85 ans et oeuvre à la paroisse Saint-Antoine de Padoue à Ottawa.

Pour se rapprocher de sa victime présumée, le père Desgrandchamps lui aurait confié certaines tâches liées à ses occupations d’enseignant. Il lui aurait aussi fait boire de l’alcool à maintes reprises.

Le garçon se serait rendu à la chambre du père à plusieurs occasions avant la première agression, toujours pour exécuter des tâches à la demande de ce dernier. Un soir, le religieux l’a invité à dormir dans sa chambre parce qu’il était « trop tard pour retourner au dortoir » des élèves.

À l’invitation de l’enseignant, le garçon se serait allongé dans un petit lit simple. Le religieux se serait couché à côté de lui avant de lui baisser son pantalon et de lui faire une fellation en se masturbant. Il aurait ensuite forcé le requérant à prendre son pénis dans sa bouche.

« Le requérant était en état de choc et ne savait pas trop quoi faire. Le père lui a promis qu’il ne dirait rien à personne et que ce serait leur petit secret. Il a forcé son pénis dans la bouche du garçon », indique-t-on dans la requête.

Les agressions à l’endroit du garçon auraient été nombreuses. Or, tout laisse croire que d’autres membres de la congrégation ont pu avoir connaissance de ce qui se tramait, mais aucun ne serait intervenu. Les noms de certaines personnes ayant laissé le manège se poursuivre sont indiqués dans la requête.

Départ de l’école

Souhaitant que les agressions arrêtent, le requérant « aurait supplié ses parents de le changer d’école » à la fin de son troisième secondaire. Il a évité de leur exprimer la vraie raison pour laquelle il désirait un tel changement.

Après ses études, le requérant a continué à boire de l’alcool avec excès et est devenu cocaïnomane. Il a eu une « vie très solitaire ». Il aurait également sombré dans la dépression et effectué une tentative de suicide.

Pour tous les inconvénients qui lui ont été causés, l’homme à l’origine de la requête réclame une somme supérieure à 1,5 million $ aux Servites de Marie ainsi qu’au Collège Servite. L’éventuelle facture pourrait grimper, advenant que des victimes supplémentaires sortent de l’ombre.

La firme Kugler Kandestin invite les personnes qui pourraient avoir vécu des agressions semblables au Collège Servite à se manifester. Elles peuvent contacter la firme sans craindre qu’on dévoile leur identité ou qu’on leur facture des frais.

Une surprise

Directeur du Collège Servite, François Leblanc n’avait pas été informé des allégations visant l’établissement scolaire qu’il dirige, aujourd’hui laïc. Il a fait part de son désarroi devant la situation.

« C’est épouvantable!, a-t-il lancé en apprenant l’existence de cette demande pour une action collective. Je me sens dépassé. Personnellement, je n’ai jamais entendu parler d’agressions qui auraient eu lieu chez nous. »

M. Leblanc a précisé que le Collège Servite n’a plus que des liens ténus avec la communauté religieuse « vieillissante » qui a fondé l’établissement d’ordre secondaire. Un projet de vente de l’école à une congrégation installée à Paris est d’ailleurs présentement sur la table.

Lundi, Radio-Canada a réussi à joindre le père Desgrandchamps. Celui-ci a tenu des propos confus, mais il n’aurait pas nié clairement les faits qui lui sont reprochés.