Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin.
Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin.

Accusation du DGEQ: le maire Pedneaud-Jobin souhaite la fin des vieilles façons de faire

Mathieu Bélanger
Mathieu Bélanger
Le Droit
Le grand patron de Brigil, Gilles Desjardins, et le président de la Chambre de commerce de Gatineau (CCG), Pierre Samson, peuvent contester les accusations portées par le Directeur général des élections du Québec s’ils le souhaitent, mais pour le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, un fait demeure. Aux yeux du DGEQ, les deux hommes d’affaires ont commis des infractions à la loi électorale en 2017 et le maire souhaite que ces accusations agissent comme un point de rupture avec d’anciennes façons de faire qui ont selon lui été trop longtemps banalisées à Gatineau.

Le maire Pedneaud-Jobin a rappelé des propos tenus par M. Desjardins lors de la campagne électorale de 2017 qui, selon lui, reflètent en tout point ce qui doit changer dans l’esprit de certains. «Quand Gilles Desjardins dit, en pleine campagne électorale, que si Action Gatineau est majoritaire, on va perdre le contrôle de notre ville, ça reflète l’état d’esprit sur lequel il faut tourner la page, explique le maire. Le contrôle de la ville appartient aux citoyens et à personne d’autre.»

Les accusations de «manoeuvre électorale frauduleuse» qui pèsent contre Pierre Samson et d’avoir autorisé des dépenses électorales contraires à la loi contre Gilles Desjardins lancent un message important, ajoute le maire Pedneaud-Jobin. 

«Personne n’est au-dessus de la loi, qu’on soit un grand entrepreneur, un citoyen ou un élu, dit-il. Ce qui est reproché dans ce dossier est grave. J’ai énormément de respect pour les entrepreneurs qui contribuent à construire la région et qui investissent des millions de dollars pour créer des emplois, mais ce n’est pas parce qu’ils font ça qu’ils sont au-dessus de la loi. S’impliquer dans une campagne électorale c’est correct si on respecte les règles et dans ce dossier, selon le DGEQ, ça n’a pas été le cas à plusieurs égards. C’est à mon avis une étape de plus pour que chacun soit à sa place et pour que les politiciens prennent des décisions en fonction des intérêts de la collectivité et non pas en fonction des intérêts d’un particulier.»

Pierre Samson, président de la Chambre de commerce de Gatineau.

Réplique à Pierre Samson

En entrevue avec Le Droit, mercredi, M. Samson a d’abord clamé son innocence dans ce dossier. Il a ajouté que les plaintes déposées contre lui et M. Desjardins démontraient la «mesquinerie d’Action Gatineau» et qu’il s’agissait d’une façon pour le parti du maire d’éviter d’avoir «de l’opposition dans les jambes».  


« J’espère que le respect de la loi est aussi important pour M. Samson qu’il l’est pour nous. M. Samson peut attaquer des institutions indépendantes et crédibles comme le DGEQ, mais selon moi il devrait d’abord se remettre en question. »
Maxime Pedneaud-Jobin, maire de Gatineau

M. Pedneaud-Jobin a dénoncé la façon «cavalière» avec laquelle M. Samson reçoit les accusations qui pèsent contre lui. «On parle d’un cas assez spectaculaire où une entreprise a investi beaucoup pour qu’un groupe soit élu plutôt qu’un autre et c’est exactement ce que la loi tente d’empêcher, a-t-il rappelé. Je pense que par ses propos, M. Samson est d’abord assez cavalier dans ses relations avec la loi. Il s’agit d’une question d’éthique et de respect de la loi. J’espère que le respect de la loi est aussi important pour M. Samson qu’il l’est pour nous. M. Samson peut attaquer des institutions indépendantes et crédibles comme le DGEQ, mais selon moi il devrait d’abord se remettre en question.»

Plusieurs plaintes avaient été déposées au DGEQ en 2017 contre Pierre Samson et le groupe Essor centre-ville, fondé par M. Samson, ainsi que les bailleurs de fonds qui avaient financé une étude d’impacts économiques sur la désignation patrimoniale du Quartier-du-Musée dévoilée en pleine campagne électorale. Le débat entourant la protection du quartier occupait alors beaucoup de place dans le débat électorale. L’étude avait coûté 50 000 $. Une conférence de presse avait aussi été organisée au Musée canadien de l’histoire par le groupe Essor centre-ville. 

«C’est un organisme bidon qui a été fondé en pleine campagne pour affronter un autre parti sur une question fondamentale dans un quartier et dans la ville, a affirmé le maire Pedneaud-Jobin. Ça ne prend pas une grande formation en science politique pour savoir que c’est exactement le genre de manoeuvre que la loi électorale veut empêcher.»