Tony Accurso

Accurso «pas au courant» des ristournes à Laval

LAVAL — Tony Accurso n’était « pas au courant » d’un système de ristournes sur les contrats de construction qui a eu cours sous l’administration de l’ex-maire de Laval Gilles Vaillancourt.

Il n’y a donc pas participé, a plaidé jeudi son avocat, Me Marc Labelle, qui a terminé sa plaidoirie au procès pour fraude et corruption de l’entrepreneur.

Me Labelle a soutenu que M. Accurso dirigeait de si grandes entreprises qu’il ne pouvait s’occuper lui-même de la gestion quotidienne et de l’octroi des contrats de construction. « Il n’est pas au courant ; il n’est pas dans ça », a martelé l’avocat, en s’adressant au jury.

En fin de journée, il a même comparé M. Accurso au « premier ministre » qui ne peut pas être « au courant de tout ce qui se passe dans les ministères ».

Il a fait valoir que M. Accurso déléguait la gestion quotidienne de ses entreprises concernées, Simard-Beaudry et Louisbourg, à ses présidents Frank Minicucci et Joe Molluso, et que des estimateurs étaient payés à temps plein pour faire des soumissions pour les contrats.

L’avocat a répété trois fois au jury : « vous êtes la seule protection, la seule, qu’un citoyen a contre le tribunal de l’opinion publique », le rempart entre le citoyen et l’État.

Me Labelle s’est longuement attardé à miner la crédibilité des témoins qui ont été entendus, en traitant plusieurs de « contractuels » qui ont obtenu l’immunité, après avoir signé une entente avec les autorités en échange de leur témoignage.

Il a aussi parlé au jury de témoins qui ont « des squelettes dans leur placard », qui ont « des antécédents de malhonnêteté ».