La cérémonie a dû être adaptée à cause des obligations liées au coronavirus.
La cérémonie a dû être adaptée à cause des obligations liées au coronavirus.

Accident d’hélicoptère: le Canada rend hommage aux six militaires morts

OTTAWA — Un pays déjà meurtri par les ravages d’une pandémie, l’explosion en plein vol d’un avion commercial en Iran et la pire tuerie de son histoire survenue en Nouvelle-Écosse a vécu un nouveau deuil mercredi en rendant hommage aux victimes de l’une des pires tragédies militaires en plus d’une décennie. 

Les Canadiens d’un océan à l’autre ont pu assister au rapatriement symbolique à Trenton des six militaires tués, la semaine dernière, lors de l’écrasement d’un hélicoptère qui participait à un exercice au large des côtes de la Grèce.

L’accident, dont les causes font l’objet d’une enquête, représente la pire tragédie militaire des Forces armées canadiennes depuis la mort de six soldats dans l’explosion d’un engin artisanal, en Afghanistan, le dimanche de Pâques 2007.

Sous un ciel partiellement nuageux, six corbillards étaient alignés sur le tarmac dans l’attente de l’arrivée de l’avion C-17 Globemaster pendant que les familles des victimes rencontraient en privé le premier ministre Justin Trudeau.

Les membres des familles, les représentants militaires et les élus présents à la cérémonie ont dû respecter un certain éloignement en plus de porter un couvre-visage.

Peu de temps après, l’imposant appareil cargo s’est posé et s’est approché jusqu’au lieu de la cérémonie pour conduire symboliquement ses passagers à leur cérémonie d’adieu.

En ces temps de pandémie de la COVID-19, les membres des familles, les représentants militaires et les élus présents à la cérémonie ont dû respecter un certain éloignement en plus de porter un couvre-visage.

Parmi les personnes présentes, on retrouvait la gouverneure générale Julie Payette et le premier ministre Justin Trudeau. C’est la première fois qu’un premier ministre canadien assiste à une cérémonie de rapatriement depuis Paul Martin en 2004, selon le professeur de l’Université Queen’s Kim Nossal.

Les obligations liées au coronavirus n’étaient pas les seuls signes distinctifs de cette cérémonie. On pouvait également voir exposés sur des coussins les couvre-chefs des victimes, un rappel que l’on n’a toujours pas retrouvé les dépouilles de cinq des six disparus.

La dépouille de l’Enseigne de vaisseau de 1re classe, Abbigail Cowbrough, 23 ans, de la région de Halifax, a été la première à être transportée hors de l’avion. Son corps a été retrouvé peu de temps après l’écrasement du Cyclone dans la mer Ionienne le 29 avril.

Un cercueil contenant la dépouille a été lentement déplacé par huit porteurs militaires masqués de couvre-visages au son poignant de la cornemuse. Les membres de la famille Cowbrough ont pu se recueillir et déposer des roses sur le cercueil.

Puis, ce sont des coussins sur lesquels étaient déposés les couvre-chefs des autres victimes portées disparues et présumées décédées qui ont suivi.

Le capitaine Maxime Miron Morin, originaire de Bécancour.

Dans l’ordre, on a rendu hommage au capitaine Brendan Ian MacDonald, de New Glasgow, en Nouvelle-Écosse, l’un des pilotes de l’appareil qui s’est abîmé. Sa famille a pu à son tour se recueillir.

Puis, le rituel s’est poursuivi pour le capitaine Kevin Hagen, de Nanaimo, en Colombie-Britannique, l’autre pilote à bord du Cyclone. Même chose pour le capitaine Maxime Miron Morin, de Bécancour, l’officier de systèmes de combat aérien au sein de l’équipage, ainsi que pour l’enseigne de vaisseau de 1re classe Matthew Pyke, de Truro en Nouvelle-Écosse, officier de guerre navale.

Le dernier membre d’équipage disparu honoré a été le caporal-chef Matthew Cousins, de Guelph en Ontario, opérateur de détecteurs électroniques aéroportés.

Quelques minutes après la fin de la cérémonie, les familles sont montées à bord de limousines pour suivre les corbillards hors de la base militaire de Trenton, défilant devant une colonne de soldats offrant un dernier salut militaire à leurs collègues.

Les véhicules ont alors emprunté l’itinéraire traditionnel vers l’ouest, sur l’autoroute des Héros, en direction du centre de médecine légale de Toronto.

Les autorités fédérales et ontariennes avaient demandé aux citoyens de demeurer à la maison, en raison de la COVID-19, et de ne pas se rassembler pour saluer le cortège jusqu’au bureau du coroner de l’Ontario, où toutes les dépouilles militaires sont transportées depuis la guerre en Afghanistan.

À Halifax, le premier ministre de la Nouvelle-Écosse, Stephen McNeil, a souligné que trois des victimes provenaient de cette province et qu’elles avaient rendu tout le monde fier.

«Prenons un moment pour pleurer leur perte et honorer leur legs. Ils ont servi leur pays, ils ont servi cette province et nous serons reconnaissants à jamais», a déclaré M. McNeil.

L’enquête se poursuit

Alors que l’identification des restes d’une des victimes se poursuit et que les funérailles militaires vont devoir attendre, l’attention se tourne vers la recherche des causes de l’écrasement.

Une équipe d’enquête qui comprend un représentant de Sikorsky Aircraft, le constructeur du Cyclone, se penche actuellement sur les circonstances de l’accident. Ils interrogent notamment des témoins qui se trouvaient à bord de la frégate NCSM Fredericton.

Les boîtes noires contenant les données de vol et les enregistrements des pilotes ont été récupérées et renvoyées au Canada pour être analysées.

La Défense nationale a également déployé une équipe de travailleurs sociaux et d’aumôniers militaires en Italie pour soutenir l’équipage en deuil du NCSM Fredericton.

Les hélicoptères Cyclone ont été envoyés en mission en Europe, en janvier, dans le cadre de l’opération Réassurance. Ils sont rattachés à une force maritime de l’OTAN qui patrouille la mer Méditerranée et la mer Noire.

Les appareils Cyclone sont principalement basés sur des navires et servent à chasser des sous-marins, à effectuer de la surveillance et des missions de sauvetage. Ces hélicoptères ont remplacé en 2018 les vieux appareils Sea Kings après une décennie de complications dans les étapes de son développement.