Jim Watson, maire d’Ottawa, et Maxime Pedneaud-Jobin, maire sortant de Gatineau, ont uni leur force afin de présenter une candidature conjointe pour attirer le géant Amazon dans la région.

À deux pour séduire Amazon

La poignée de main entre les maires Jim Watson et Maxime Pedneaud-Jobin mardi revêtait une importance particulière. Ils s’apprêtaient à acheminer à Seattle le cahier de candidature conjoint des villes d’Ottawa et de Gatineau en vue d’inciter la multinationale Amazon à y établir un second siège social en Amérique du Nord.

À deux jours de l’échéance pour l’envoi d’une soumission au géant mondial du commerce en ligne, le groupe de travail composé d’une cinquantaine de représentants de la Ville d’Ottawa, d’Investir Ottawa, d’ID Gatineau et de bénévoles, entre autres, a mis la touche finale à un document qui compte plus de 100 pages. Tout ce qu’il ne reste à faire pour ces gens, c’est de se croiser les doigts. 

Très confiants pour la suite des choses, les maires estiment que la région de la capitale nationale n’a pas à rougir face à ses adversaires dans cette course. Le dossier de candidature, dont aucun détail n’a filtré en raison de la féroce compétition qui sévit, permet de mettre en valeur les multiples atouts des deux villes, disent-ils. 

Le projet, qui représenterait des investissements potentiels de cinq milliards $ et la création de 50 000 emplois, a de quoi faire saliver MM. Watson et Pedneaud-Jobin.

« C’est un événement très spécial car c’est la première fois de l’histoire que les deux villes travaillent ensemble pour attirer une compagnie dans la région de la capitale nationale. [...] Et quand j’ai visité Seattle, j’y ai vu beaucoup de similarités avec Ottawa-Gatineau. Nous avons un écosystème avec beaucoup de talents en haute technologie », a lancé le maire Watson.

Son homologue gatinois s’est quant à lui dit fier de cet esprit de collaboration, qu’il souhaite répéter dans le futur.

« C’est la première fois où vraiment le leadership économique des deux côtés de la rivière s’est assis ensemble pour parler des atouts que l’on a. On ne sait pas ce qu’il va avoir à la fin, même si nous sommes confiants, mais c’est déjà une victoire en soi. 

C’est certain qu’il y aura des retombées du processus lui-même pour encore longtemps », affirme-t-il, rappelant qu’il pourrait s’agir de la plus grande nouvelle économique des dernières décennies pour la région.

Selon M. Pedneaud-Jobin, une candidature conjointe allait de soi car les deux villes ont chacune d’immenses avantages et qu’elles sont situées dans deux provinces distinctes. 

« Les deux villes sont universitaires, on a donc beaucoup de cerveaux. Des deux côtés, nous sommes parmi les villes les plus instruites et bilingues au Canada. On a une qualité de vie, un coût de la vie pas très élevé, des espaces verts, etc », soutient-il, précisant que l’arrimage entre l’O-Train et le Rapibus a été inclus dans le dossier. 

Il y a quelques jours, Jim Watson a révélé que moins d’une dizaine de sites potentiels ont été identifiés pour accueillir le deuxième siège social de l’entreprise américaine. Il ne s’est toutefois pas aventuré à fournir plus d’indices.

« Ça doit évidemment rester confidentiel. À un moment donné, ceux-ci seront dévoilés mais on sent qu’actuellement ce n’est pas notre meilleur intérêt de partager ça avec nos concurrents », a-t-il dit.

Une population supérieure à million d’habitants dans la région métropolitaine et la présence d’un aéroport international à moins de 45 minutes de route sont parmi les critères exigés par Amazon pour établir son deuxième campus.

Outre Ottawa-Gatineau, plusieurs autres villes du pays sont dans les rangs pour attirer Amazon dans leur cour, dont Calgary, Montréal, Toronto, Vancouver et Windsor, qui s’est alliée avec sa voisine américaine Détroit. 

Après analyse des propositions, Amazon doit annoncer son choix en 2018.