Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, et le député fédéral de Gatineau, Steven MacKinnon, sont loin d'être sur la même longueur d'ondes au sujet d'un sixième pont interprovincial dans la région.

6e lien: «Je laisse le soin aux maires de s’expliquer», dit MacKinnon

Les maires de Gatineau et d’Ottawa ont des « priorités », mais le gouvernement fédéral, pour sa part, a une « responsabilité », a rappelé, mercredi, le député de Gatineau, Steven MacKinnon, en parlant de la résurrection du processus pour un pont à l’île Kettle.

« La région urbaine ici est la seule où le gouvernement du Canada a l’entière responsabilité d’assurer la fluidité entre deux rives et j’incite mon gouvernement depuis qu’il est entré en poste à prendre cette responsabilité très au sérieux, affirme M. MacKinnon. Les données sur l’achalandage sont alarmantes. La condition des autres ponts est un enjeu. Les projections de populations sont là. C’est une question de qualité de vie et de développement économique pour toute la région. Les arguments en faveur de ce pont ne manquent pas. »

Si les arguments ne manquent pas, l’appui de maires d’Ottawa et Gatineau, lui, est pour l’instant absent de l’équation. Jim Watson et Maxime Pedneaud-Jobin sont apparus stupéfaits, mardi, du retour à la vie du projet de pont dans l’est. Sur cet élément, le député MacKinnon joue de prudence. 

« Je laisse le soin aux maires de s’expliquer, mais la seule chose que je vais dire c’est qu’il est possible de marcher et mâcher de la gomme en même temps, a-t-il lancé. Leurs projets ne sont pas en compétition avec [le pont dans l’est]. Nous cherchons une collaboration avec tous les intervenants, bien entendu. Le meilleur endroit pour les regrouper c’est sous la juridiction de la Commission de la capitale nationale (CCN) et c’est elle qui devra amorcer le processus de collaboration. »

M. MacKinnon devient insistant quand vient le temps de préciser la distinction à faire entre le projet de pont à l’est qu’il défend depuis son arrivée en politique fédérale et le projet de train léger souhaité par le maire Maxime Pedneaud-Jobin, pour désengorger l’ouest de la ville. 

« On parle d’enveloppes très distinctes, dit-il. Le fédéral a beaucoup d’actifs dans la région et ces actifs doivent être renouvelés et il y a des budgets pour les actifs fédéraux. Ça n’a rien à avoir avec le programme d’infrastructures pour le transport en commun qui lui est un programme de subventions pour les municipalités à l’intérieur duquel des projets doivent se qualifier. Il n’y a pas de lien entre les deux. Il n’y a pas d’opposition entre les projets, pas de contradiction, pas de corrélation sur le sort d’un projet ou d’un autre. »

Quant aux échéanciers pour rafraîchir les études de 2012 sur le pont de l’île Kettle, M. MacKinnon refuse de s’avancer sur un quelconque échéancier. « Le gouvernement fédéral vient d’affirmer clairement sa volonté, dit-il. Il revient maintenant à la CCN d’encadrer tout ça. »