La directrice des communications et du développement de la BAO, Rachael Wilson

42 000 appels à l’aide à la banque alimentaire

Chaque mois, pour des raisons toutes aussi variées les unes que les autres, près de 42 000 personnes ont besoin d’un coup de pouce de la Banque d’alimentation d’Ottawa (BAO) car ils n’arrivent pas à manger à leur faim. C’est l’équivalent de deux fois et demie le Centre Canadian Tire à guichets fermés. L’image est fictive, mais reste que c’est la triste réalité.

Dans les faits, le portrait est loin de s’améliorer, affirme l’organisation.

« Cette année, on parle d’augmentation de 5,6 % des besoins. Nos partenaires observent tous des hausses. Imaginez si 41 000 personnes n’allaient pas au travail ou à l’école du jour au lendemain. Et bien, ce sont tous des gens qui peinent à se nourrir. C’est un très grand nombre et c’est trop facile de l’ignorer », affirme d’emblée la directrice des communications et du développement de la BAO, Rachael Wilson. 

Cette dernière souligne que le coût moyen du loyer à Ottawa (982 $) est certes un facteur qui n’aide en rien à la situation. Il a grimpé en flèche au cours de la dernière décennie et seule la région de Toronto est plus dispendieuse pour se loger à travers la province.

« C’est vraiment cher d’habiter ici. Et comme les gens n’ont aucun contrôle sur le coût de leur logement, c’est souvent dans l’alimentation qu’ils coupent. Beaucoup n’avaient jamais prévu avoir besoin de notre aide dans leur vie. Bon nombre d’entre eux viennent une ou deux fois par an, en raison d’un événement bref, comme la perte d’un emploi ou des circonstances de santé », note-t-elle. 

D’ailleurs, les familles monoparentales sont nombreuses à cogner aux portes de la BAO, mais les célibataires sont une catégorie où les besoins sont en nette progression, indique Mme Wilson. Aussi, une statistique qui ne passe pas inaperçue, plus du tiers de de la clientèle de la banque alimentaire (36 %) sont des enfants.

Même si ce n’est pas demain la veille que les banques d’alimentation n’auront plus leur raison d’être, Mme Wilson dit avoir confiance que la tendance va finir par s’inverser à moyen et long terme. 

« On garde espoir, surtout avec le projet de revenus de base et également la stratégie nationale sur le logement du gouvernement fédéral. On croit que ça pourrait faire une grosse différence, car au bout du compte, tout cela n’est pas une problématique d’alimentation, c’est une problématique de revenus. Il y a des gens qui consacrent 70 % de leurs revenus totaux à leur loyer. C’est astronomique », soutient-elle. 

En attendant, alors que la période des Fêtes s’entame, les besoins sont toujours aussi grands pour la BAO et l’objectif numéro un est de garnir les tablettes de l’entrepôt.

Avis à ceux qui prévoient faire un don, le beurre d’arachide, le thon et les légumes en conserve, les aliments pour bébés et la préparation pour nourrissons sont parmi les items les plus en demande.

LA FAIM À OTTAWA... EN CHIFFRES

  • 41 540 : nombre de personnes ayant recours aux services de la Banque d’alimentation d’Ottawa
  • 36% : proportion des ménages aidés qui comptent un ou des jeunes de 18 ans et moins 
  • 65% : proportion des clients aidés qui vivent de prestations à l’aide sociale ou à l’invalidité 
  • 5$ : chaque dollar en don est transformé en nourriture d’une valeur de 5$
  • 873$ : coût moyen mensuel pour nourrir une famille de quatre personnes (une hausse de 19% depuis huit ans)
  • 14 : nombre de tonnes de denrées alimentaires distribuées quotidiennement 
  • 47% : proportion des aliments distribués qui sont frais 
  • 112 : nombre d’organismes partenaires de la Banque d’alimentation d’Ottawa 
  • 130 000 : nombre de kilomètres parcourus chaque année par les camions de livraison dans la capitale 

Source: Banque d’alimentation d’Ottawa