La somme de 15,9 milliards $ sera consacrée à un nouveau fonds pour réparer 240 000 logements communautaires et en construire 60 000 nouveaux.

40 milliards $ injectés par le fédéral pour le logement

Le gouvernement fédéral prévoit injecter 40 milliards $ au cours des dix prochaines années pour aider les Canadiens à se loger, mais les provinces devront investir des sommes équivalentes à celles qu’elles recevront si elles veulent obtenir leur part du gâteau.

Le premier ministre Justin Trudeau et le ministre Jean-Yves Duclos ont dévoilé mercredi, simultanément à Toronto et à Vancouver, les détails de la nouvelle stratégie nationale sur le logement, qui était tant attendue.

Les libéraux cherchent à apaiser les préoccupations de Canadiens sur les prix en hausse dans le marché de l’immobilier.

« Pour beaucoup de gens, avoir accès à un logement sûr et stable était et est encore une source importante de stress et d’anxiété », a affirmé Justin Trudeau à l’occasion de la Journée nationale du logement.

La stratégie prévoit une nouvelle allocation d’aide au logement à laquelle environ 300 000 familles dans le besoin auraient droit. Chaque ménage pourrait ainsi recevoir 2500 $ en moyenne à compter de 2020, donc après la prochaine élection fédérale.

Cette mesure coûterait en tout 4 milliards $ en incluant la participation des provinces et des territoires.

La somme la plus importante, 15,9 milliards $, sera consacrée à un nouveau fonds pour réparer 240 000 logements communautaires et en construire 60 000 nouveaux. La stratégie comprend également 9,1 milliards $ pour le maintien des 385 000 logements communautaires déjà existants. Ottawa s’attend à ce que les provinces et les territoires contribuent 4,3 milliards $.

« Il n’y a aucun maire, il n’y a aucun premier ministre provincial ou territorial qui ne croit pas que le logement est un défi fondamental que nous devons relever », a affirmé M. Trudeau.

Des données récentes du recensement indiquent que 1,7 million de ménages avaient des « besoins impérieux en matière de logement » en 2016, signifiant que ceux-ci ont dépensé plus du tiers de leurs revenus avant impôt pour un logement qui serait en deçà des normes ou ne répondrait pas à leurs besoins.

À l’extérieur de Vancouver, les villes comptant les taux les plus élevés de besoins impérieux en matière de logement sont en Ontario. À Toronto, près d’un ménage sur cinq est sur la corde raide financière – la proportion la plus élevée des villes au pays.

La moyenne pour les taux de besoins impérieux en matière de logement se situait à 12,7 % à l’échelle du pays en 2016, et à 15,3 % en Ontario. Au Québec, la moyenne est à neuf pour cent.

Le gouvernement fédéral s’est également donné pour objectif de réduire de 50 % le nombre de personnes en situation d’itinérance chronique en y consacrant 2,2 milliards $.

Il prévoit également déposer un projet de loi axé sur les droits de la personne pour s’assurer que tout gouvernement subséquent maintienne une stratégie nationale sur le logement.