Plus de 33 000 coureurs ont pris part à la fin de semaine des courses à Ottawa.

33 000 coureurs, 33 000 raisons

La fin de semaine du marathon d’Ottawa est plus qu’une suite de parcours, c’est souvent, pour plusieurs, l’aboutissement d’un voyage intérieur.

« Il y a 33 000 coureurs, il y a 33 000 raisons. Tout le monde court pour une raison personnelle. On veut se mettre en forme, on se remet d’un cancer, on veut se prouver qu’on peut le faire, on a toujours eu ça comme idée et on le fait finalement, on a eu des enfants et on veut se remettre en forme. On en a de toutes les couleurs », explique Annie Boucher du comité organisateur de la Fin de semaine des courses d’Ottawa Tamarack.

Gaston Bédard d’Aylmer en était, dimanche, à sa troisième participation au Marathon d’Ottawa. Ancien marathonien accompli, il s’est déjà qualifié pour le Marathon de Boston, mais le syndrome d’Usher, un trouble génétique s’attaquant à la vue et à l’ouïe, l’a rendu complètement aveugle en 2002. 

Qu’à cela ne tienne, il a, depuis, disputé une trentaine de courses et a même entrepris, en 2015, un retour au marathon de Boston. Il vise maintenant le Marathon de New York en novembre. Sa technique ? Il court avec l’aide de coureurs-guides qui l’épaulent durant les épreuves.

Un autre coureur, lui aussi victime d’une maladie et de ses complications, s’est élancé avec sa marchette, dimanche, pour le grand marathon. La première fois qu’il s’était mesuré à l’épreuve, il avait terminé bon dernier. Ce dimanche, il visait un temps de près de cinq heures.

Les gens à mobilité réduite peuvent désormais entreprendre des parcours de course grâce à un petit véhicule hybride entre la marchette ou le déambulateur et la bicyclette. Un groupe de ces « cyclistes à pied » a accompli le 2 km samedi. Ils étaient de tous les âges, pas seulement des aînés.

Une femme d’Ottawa, Morgan McKay, a même empoché un record Guinness en parcourant le 10 km avec un poids de 100 livres (45,35 kg) sur le dos, en une heure 34 minutes. Le précédent record remontait à trois heures.  

En chiffres

Et comme d’habitude, environ 20 000 éponges ont été distribuées aux participants du marathon et du demi-marathon et 555 000 gobelets ont étanché leur soif.

Cette année encore, on prévoyait que 200 000 personnes assisteraient aux courses, comme spectateurs, dont environ 40 000 en provenance de l’extérieur de la ville d’Ottawa. Et 2500 bénévoles se sont activés à rendre presque parfait ce rendez-vous annuel.

Enfin, les commerçants qui voient passer tous ces fous en shorts et espadrilles se frottaient encore une fois les mains, en se rappelant que le week-end du marathon d’Ottawa, c’est aussi une injection d’environ 14 millions de dollars dans l’économie locale