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Difficile pour l’Union des cultivateurs franco-ontariens de présenter un bilan simple pour l’année 2020.
Difficile pour l’Union des cultivateurs franco-ontariens de présenter un bilan simple pour l’année 2020.

2020, une année à oublier pour l’agriculture… ou presque, dit l’UCFO

Ani-Rose Deschatelets
Ani-Rose Deschatelets
Le Droit
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RETOUR SUR 2020 / Les producteurs agricoles ontariens ont été affectés sur tous les fronts pendant la pandémie de la COVID-19. Mais l’Union des cultivateurs franco-ontariens (UCFO) croit que certains impacts de la crise sanitaire sur les cultivateurs pourraient tout de même être positifs sur le moyen terme.

« C’est sûr qu’il va y avoir eu d’importants impacts financiers pour la plupart des agriculteurs, que ce soit à cause de la COVID, à cause de la température, ou un multiplicateur des deux », explique Danik Lafond, directeur général de l’UCFO.

Difficile pour l’organisme de présenter un bilan simple pour l’année 2020. La crise de la COVID-19 a forcé la fermeture des frontières, freiné l’arrivée des travailleurs étrangers et aussi forcé la réduction des quotas laitiers, entre autres. « Je pense que plusieurs agriculteurs vont avoir de la misère à se remettre de 2020 », avoue M. Lafond.

Danik Lafond, directeur général de l’UCFO

Mais dame Nature aussi n’y est pas allée de main morte, avec un printemps tardif et la sécheresse importante du début de l’été dans l’est de la province. « La neige est partie vite. Mais on a eu un mois de mai très froid. Ça a retardé beaucoup l’émergence au sol », explique le directeur. « On commençait déjà une saison très difficile. » Les récoltes de foin, de blé, d’orge et d’avoine ont beaucoup écopé du manque de précipitations. En automne, le soya, qui a bénéficié d’un mois d’août pluvieux, a pu être sauvé. Mais le maïs a pour sa part été amputé d’un rendement 20 à 30 % inférieur comparativement à l’an dernier. « La saison se termine de façon moins difficile que comme elle a commencé, mais 2020 est une année qui va marquer, j’ai l’impression. »

Pas que du noir

Cependant, l’effet de la COVID-19 sur le monde agricole ne serait pas sombre sur toute la ligne, avance M. Lafond. « Je vois de la lumière dans certains secteurs, explique-t-il. Il y a tout l’engouement de l’achat local, l’engouement des produits du terroir, qui a ouvert de nouveaux marchés. Le fait que les frontières ont été fermées, ça a remis l’accent sur la production locale. » Il affirme que selon lui, la philosophie de souveraineté alimentaire, qui a beaucoup émergé au cours des derniers mois, est celle qui permettra à certains agriculteurs ontariens de mettre l’année 2020 derrière eux. « On va peut-être avoir des effets positifs à moyen terme : une amélioration de capacité de transformation, le développement de nouveaux marchés, une capacité accrue à la vente locale par cet effet d’intérêt pour les produits du terroir », ajoute-t-il, citant l’exemple des cultivateurs dont le type de production a permis d’innover. « Peut-être que 2021 va être une année positive parce qu’on a su s’adapter en agriculture et on a su rebondir », conclut-il.