1970: retour sur un été survolté

Jean-Simon Gagné
Jean-Simon Gagné
Le Soleil
Dans quelques instants, la machine à voyager dans le temps du Soleil vous plongera 50 ans en arrière. Au milieu de l’été survolté de 1970, une saison où la «Belle province» semble partagée entre l’esprit peace and love et l’envie de tout casser. L’été 1970 voit l’échec retentissant d’un festival Woodstock «made in Québec». Il marque aussi l’apogée du Front de libération du Québec (FLQ), qui multiplie les attentats. En route vers la crise d’Octobre et l’instauration de la Loi sur les mesures de guerre. Bon voyage.

Bienvenue à l’été 1970. La radio fait jouer en boucle Let it Be des Beatles et la sirupeuse Everything is Beautiful de Ray Stevens, qui répète que «tout le monde est beau à sa façon». On retrouve des tissus fleuris partout, y compris sur les fauteuils, les tapis et les tapisseries. Ce calme est trompeur. Ne vous laissez pas tromper. Le peace and love a du plomb dans l’aile. Un «vent d’agressivité» souffle sur le monde. À Paris, le 21 juillet, des spécialistes se réunissent même au siège de l’UNESCO pour étudier la question!

Au Québec, le Front de libération du Québec (FLQ) multiplie les attentats depuis le début de l’année. Mais la violence n’est pas une exclusivité québécoise. Elle éclate un peu partout. Aux États-Unis, entre janvier 1969 et avril 1970, plus de 4300 attentats à la bombe sont commis. Le chiffre n’inclut pas les 1475 engins désamorcés. À New York, on signale en moyenne un attentat à la bombe tous les deux jours. (1)

Le 1er août, à Cabano, dans le Bas-Saint-Laurent, les citoyens en colère démolissent les installations de la compagnie d’Auteuil Lumber, une filiale d’Irving. Ils ne pardonnent pas à la compagnie de renier sa promesse d’ouvrir une usine en échange de la permission de couper du bois dans la région. La foule détruit les ponts qui conduisent à la forêt. Certains veulent même faire sauter les gros réservoirs d’essence à l’entrée de la ville. (2)

Pendant plusieurs jours, Cabano se «libère». Un citoyen résume son état d’esprit au Soleil : «Mieux vaut brûler la forêt plutôt que de se la faire voler.» (3)

Un amour béton

À Ottawa, le rapport préliminaire d’une commission d’enquête du sénat révèle qu’au moins 215 000 Canadiens ont déjà consommé de la marijuana ou du hachisch. (4) Mais à Québec, ce ne sont pas les vapeurs de marijuana qui plongent le maire Gilles Lamontagne dans une douce euphorie. Plutôt l’odeur du béton frais, qui semble en voie de supplanter le sirop d’érable comme trésor national.

Gilles Lamontagne était maire de Québec en 1970.

Dans la capitale québécoise, la colline Parlementaire ressemble à un territoire bombardé. Des centaines de maisons ont été rasées pour faire place à des édifices baptisés avec des lettres, comme sur une base lunaire. Sur la Grande Allée, on achève le «Complexe H», que l’on surnommera bientôt le «bunker» ou «le calorifère». Plus loin, le «Complexe G» commence à surgir de terre...

Ce n’est qu’un début. Le maire Lamontagne claironne que la population de la ville va doubler d’ici 1980. Il annonce la construction d’une autoroute à six voies sur la falaise, entre Québec et Sainte-Foy. Il évoque aussi un monorail entre Cap-Rouge et Beauport. M. le maire voit grand. Le futur pont Pierre-Laporte ne sera inauguré qu’en novembre. Mais le maire craint déjà qu’il soit très congestionné avant 1980! Pour s’en sortir, il prône la construction d’un pont-tunnel reliant Québec et Lévis. Au plus vite. (5)

D’accord. L’avenir s’annonce radieux, mais la ville a des problèmes plus immédiats. Dans le Vieux-Québec, la police craint que les hippies n’effarouchent les touristes. Le 16 juillet, elle lance une opération «d’envergure» pour éloigner les jeunes flâneurs de la place d’Armes, en face du Château Frontenac. Treize personnes sont arrêtées. On leur reproche «de bloquer le passage aux piétons», de chanter «trop fort» et «d’arroser des gens avec l’eau de la fontaine». Céti pas effrayant? 

L’esprit du peace and love est-il mort? Peut-être pas tout à fait. Au début de juillet, les publicités de la populaire station de radio CHRC annoncent l’arrivée d’un jeune animateur dynamique qui acceptera «avec bienveillance» les opinions de tout le monde lors de l’émission Point de vue. (6)

Son nom? André Arthur…

Le Salon des «vaches» et des «clowns»

Au Québec, la campagne électorale a précédé les élections du 29 avril a été d’une férocité inouïe. Elle a laissé des traces. Le ministre libéral Pierre Laporte a traité les péquistes de «poseurs de bombes». Le chef du Parti québécois, René Lévesque, compare le nouveau gouvernement libéral à «un sous-produit bâtard du ghetto anglophone de Pierre Elliot Trudeau» [le premier ministre du Canada]. Dès la réouverture des travaux de l’Assemblée nationale, les insultes pleuvent au Salon vert*. On se traite de «vache», de «clown» et même de... «fœtus». (7) 

Le 7 juillet, le chef du Crédit social, Camille Samson, lance un appel à la dignité. Selon lui, la dérive est attribuable... au relâchement vestimentaire des députés. En particulier aux mécréants qui portent des chemises rouges, bleues, jaunes, bref, d’une autre couleur que le blanc! Avouez qu’il s’agit d’une évidence! Un peu déstabilisé, le président de l’Assemblée promet de se pencher sur l’épineuse question.

Des sympathisants du FLQ, quelques mois avant la crise d'Octobre.

De l’avis général, le Parti québécois a été le grand perdant du scrutin. Avec 23 % des suffrages, le PQ ne récolte que sept députés sur 108. Battu dans sa circonscription, le chef René Lévesque en ressort découragé. Il envisage de quitter la vie politique. Le 31 août, une manchette du Montreal Star affirme qu’il songe «sérieusement» à se présenter à la mairie de Montréal, contre le maire Jean Drapeau. Entretemps, Pierre Péladeau a volé à son secours. Il lui a offert une chronique dans ses journaux de Montréal et de Québec, avec un salaire de 200 $ par semaine… (8)

La saison du FLQ

Durant la campagne électorale, le FLQ a respecté une «trêve». Elle ne durera pas. Le 31 mai, cinq bombes éclatent dans le quartier Westmount. Le 24 juin, une explosion démolit un mur du quartier général de la Défense, en plein cœur d’Ottawa, tuant une employée. Le 14 juillet, un engin composé de 120 bâtons de dynamite est désamorcé à l’arrière du siège social de la Banque de Montréal, dans le Vieux-Montréal. Selon la police, il s’agit «de la plus grande bombe de fabrication artisanale jamais déposée par des terroristes en Amérique du Nord»…

Le nouveau ministre de la Justice, Jérome Choquette, offre une récompense de 50 000 $ à quiconque permettra d’épingler le FLQ et ses complices. Plus de 330 000 $ en argent d’aujourd’hui. À Montréal, un officier de la section antiterroriste se vante que la police ait entraîné des agents doubles chevelus et barbus. «Nos poilus se sont mis à infiltrer le FLQ», confie-t-il au Montreal Star. (9)

Au début juin, la police déjoue in extremis un projet d’enlèvement du consul des États-Unis à Montréal par le FLQ. À travers le monde, plusieurs enlèvements se révèlent «payants». Au Brésil, le groupe d’extrême gauche Ação Libertadora Nacional vient d’obtenir la libération de 40 prisonniers en échange de l’ambassadeur allemand. Ce dernier a rapidement été relâché après que les 40 prisonniers aient pris un avion vers l’Algérie… (10) 

Le premier ministre Robert Bourassa décrit les membres du FLQ comme des «fanatiques» luttant pour une cause «mourante». Quelques semaines plus tard, dans la nuit 16 juillet, la police doit désamorcer un engin explosif déposé contre un mur de l’hôtel Victoria, sur la côte du Palais, à Québec. Comme par hasard, c’est l’établissement où loge le premier ministre...   

La guérilla médicale

L’été est marqué par de nombreuses grèves. À Québec, le port est paralysé durant tout le mois de juillet par une grève des débardeurs. Les salaires sont bas. La colère gronde un peu partout. Aux États-Unis, des féministes comme Betty Friedan invitent les Américaines à faire la grève générale, le 26 août. Elles leur recommandent de tout arrêter ce jour-là. Elle veut dire le travail. Le garde des enfants. La cuisine. Même le sexe.

Au Québec, l’affrontement le plus bizarre se déroule dans le monde médical. Tout l’été, le projet d’assurance-maladie universelle se heurte à l’opposition farouche des médecins spécialistes. Ces derniers menacent de faire la grève. Ils exigent 39 000 $ par année, plus 18 000 $ de frais de bureau. L’État leur offre 29 000 $ plus les frais. Le président de la Fédération des médecins spécialistes, Raymond Robillard, dénonce l’assurance-maladie comme un régime d’État «à caractère socialiste». Il estime que les médecins deviendront des «conscrits» privés de liberté. Comme des soldats. (13) 

En attendant, certains hôpitaux se retrouvent dans un état pitoyable. Le 19 juin, le Montreal Star dévoile un rapport accablant sur 13 établissements montréalais, qui constituent une menace pour la santé publique. Partout, la ventilation est déficiente. Les certificats de décès sont falsifiés pour camoufler des erreurs. Seulement 40 % des morts causés par des maladies contagieuses sont déclarés. Les laboratoires et les salles d’autopsie sont d’une malpropreté effroyable. À certains endroits, les salles n’ont pas été lavées depuis deux ans! (14)

À quoi va ressembler le futur? 

On ne sait pas trop où s’en va le monde. On sait seulement qu’il s’y dirige vite. Le 9 juillet, la vitesse maximale passe de 60 à 70 milles à l’heure (96 à 112 km/h) sur l’autoroute «transcanadienne». Rien pour améliorer le bilan routier catastrophique. Lors de la fin de semaine de la fête des Pères, les 20 et 21 juin, pas moins de 25 personnes trouvent la mort sur les routes du Québec. La ceinture de sécurité reste une rareté. Quasiment un objet de curiosité. Mais tout n’est pas perdu. La Cour suprême vient d’approuver la légalité d’un objet encore auréolé de mystère : l’ivressomètre.  

Demi-tour à gauche ou à droite? À Toronto, lors d’un Congrès sur l’aide sociale, un médecin propose de stériliser les assistés sociaux. Au même moment, un mémoire remis au Sénat recommande d’ajouter des vitamines dans l’alcool à friction, pour améliorer la santé des «indigents» qui en consomment. À Québec, les commissions scolaires déclarent la guerre aux cheveux longs. La «régionale» Louis-Fréchette va encore plus loin. Elle veut aussi rétablir l’uniforme et bannir toute friandise. Elle se propose même d’interdire la lecture des revues qui ne sont pas disponibles à la bibliothèque. Ça veut dire Playboy, mais aussi le Prions en église...

Aux États-Unis, le New York Times se demande si le déclin de la puissance américaine est momentané. Le pays est secoué par des émeutes raciales. Sa part dans le commerce mondial est passée de 30 % à 18 % en l’espace de 20 ans. (15) Au même moment, des spécialistes réunis par le Massachusetts Institute of Technology s’inquiètent de la détérioration de la biosphère. Et le secrétaire général des Nations Unies, le Birman U Thant, sonne l’alarme. Il affirme que la pollution menace l’existence même de l’humanité. Il appelle à... une action immédiate.

Côté mode, les jupes «midi» et «maxi» menacent la mini jupe. Mais la «mini» ne s’avoue pas vaincue aussi facilement. À Montréal, deux publicitaires connus se portent à sa défense. Selon eux, les femmes qui montrent leurs jambes «participent à l’esprit communautaire». Même le monde soviétique s’en mêle. En Allemagne de l’Est, une designer déclare que les robes [plus longues] sont peu adaptées au «développement de la personnalité féminine dans un milieu socialiste»…

C’est vrai, on constate que les poissons se font plus rares dans les océans. Mais la pêche du futur aura réponse à tout, prédit un haut fonctionnaire du ministère des Pêches du Canada. Le 29 juillet, Monsieur préconise l’emploi de teintures et de poudres chimiques pour «forcer les poissons à se rassembler». Il s’enthousiasme aussi pour le «domptage» des dauphins. «[…] En leur installant un émetteur à ultra-son sur le dos, on les suivra à la trace, écrit-il. On pourra alors les entraîner à rassembler les thons en troupeau...» (16)

Les poissons du futur n’ont qu’à bien se tenir.  

Le 18 septembre 1970, Jimi Hendrix qu’on rêvait de voir dans un festival pop au Québec meurt d’une overdose.

Le calme avant la tempête

À partir du mois d’août, les attentats à la bombe du FLQ marquent une pause. Le calme avant la tempête. «À la fin de l’été, on nous a dit [...] de nous faire discrets, car il ne fallait pas nuire à l’offensive d’automne qui se préparait,» raconte le felquiste Robert Comeau dans ses mémoires.(17) Est-ce que l’indépendance du Québec peut se réaliser démocratiquement? demande la Presse canadienne à René Lévesque. «Je crois honnêtement qu’il y a encore une chance», répond le chef du PQ.

À la mi-août, le magazine Perpectives a publié une entrevue avec deux membres du FLQ qui s’entrainent dans un camp palestinien, en Jordanie. «Selim» et «Salem» disent se préparer à la «guérilla urbaine» et aux «assassinats sélectifs». (18) «Les jeunes du Québec se sont radicalisés», se désole le Frère Untel, Jean-Paul Desbiens, éditorialiste de La Presse. Dans les milieux indépendantistes, il sera bientôt rebaptisé «la commère de service».

Loin de calmer le jeu, le premier ministre du Canada, Pierre Elliott Trudeau, se moque des indépendantistes. Dans une entrevue à la BBC, la radio d’état britannique, il explique que tout est la faute du président Charles de Gaulle, qui s’est écrié «Vive le Québec libre», en juillet 1967. «Avant cet incident, [l’indépendance du Québec] était répandue chez seulement quelques intellectuels, explique-t-il. Après cet incident, certaines femmes québécoises ont cru que, parce que leurs maris buvaient, que leurs fils étaient sans travail ou que leurs tuyaux fuyaient, des changements constitutionnels pourraient peut-être régler ces problèmes.» (19)

L’été 1970 tire à sa fin. Paul McCartney vient d’annoncer la rupture définitive des Beatles. Le 18 septembre, le guitariste Jimi Hendrix, celui-là même qu’on rêvait de voir dans un festival pop au Québec (voir autre texte), meurt d’une overdose.

Le peace and love sera bientôt mort et enterré.

*Le Salon a été repeint en bleu pour améliorer la captation des images destinées à la télédiffusion des débats inaugurée le 3 octobre 1978.

À la fin juin, on annonce la tenue d’un «Woodstock québécois». Ça se passera du 31 juillet au 2 août à Manseau, à environ 100 kilomètres de Québec.

SPLENDEUR ET MISÈRE DU WOODSTOCK QUÉBECOIS 

À la fin juin, on annonce la tenue d’un «Woodstock québécois», en référence à au festival pop qui a réuni des centaines de milliers de jeunes, dans l’état de New York, en août 1969. Ça se passera du 31 juillet au 2 août à Manseau, à environ 100 kilomètres de Québec. Sky is the limit. Les organisateurs annoncent 50 000 personnes. Peut-être plus. Ils font circuler des rumeurs qui évoquent la venue de Jimi Hendrix, le prodige de la guitare qui s’est produit au vrai Woodstock.

Les sceptiques s’interrogent. Jimi Hendrix dans les Bois-Francs, est-ce aussi probable que la capture d’une truite avec un panache sur le boulevard Saint-Laurent, à Montréal? 

À peine annoncé, le Woodstock québécois prend l’eau de toute part. Des manifestants menacent de bloquer l’entrée pour faire baisser le prix d’entrée de 15 $, jugé prohibitif. Les autorités complètement paniquées hésitent à fournir des permis à un festival où «les gens vont se droguer et danser tout nus». Les vedettes se font prier. La Guilde des musiciens de Montréal part en guerre contre le principal organisateur, qui n’a pas respecté certains contrats, depuis 1968. (11)

Jusqu’au bout, les organisateurs font miroiter la présence des Robert Charlebois, Johnny Winter, Creedence Clearwater Revival (CCR) et cie. Jusqu’au bout, ils font circuler le chiffre de 25 000 billets vendus. Le 31 juillet, le festival s’ouvre dans la confusion totale. Si on soustrait les nombreux policiers qui patrouillent autour du site, à peine quelques milliers de personnes sont au rendez-vous. À 18h, à quelques minutes de l’ouverture, il n’y a même pas de programme officiel.

L’aventure de trois jours se termine par un désastre total. À part la pluie torrentielle, toute ressemblance avec le «vrai» festival de Woodstock est imputable à un malencontreux hasard. Les vendeurs de bouffe et de breloques perdent des sommes importantes. Incluant le vendeur de crème glacée Laplante Speedy Drugstore, qui se fait appeler par ses initiales «LSD».

À la fin, même ceux qui voulaient jouer aux hippies vivant d’amour et d’eau fraîche sont déçus. Le seul cours d’eau qui traverse le site du festival est boueux et pollué. Le Soleil se montre impitoyable. «L’échec est celui d’un camping trop cher et minable, d’un spectacle ordinaire et mal organisé, d’une aventure de mystification...» (12)  Jean-Simon Gagné



Un marché public dans Saint-Roch en 1970.

QUOI FAIRE À QUÉBEC À L'ÉTÉ 1970?

Vous prévoyez faire un tour à Québec, à l’été 1970? Voici quelques suggestions de sorties pour apprécier davantage le voyage…

Autant vous prévenir. À l’été 1970, la mode des brasseries allemandes et de la musique bavaroise fait des ravages. Presque aussi répandu que le stucco, en architecture. Mais nous ne jugeons pas. Les amateurs ont l’embarras du choix, avec des spectacles réguliers à la taverne-restaurant Le Bavard Roy, au restaurant Lili Marlene, au restaurant-brasserie Jean Talon et au cabaret Victoria. Les plus déterminés iront jusqu’au Vieux Moulin de Saint-Laurent, sur l’île d’Orléans, pour entendre la musique 100 % bavaroise d’un orchestre baptisé les Gais meuniers.

Rien à ajouter. Vous aurez été prévenu.

En 1970, le Festival d’été dure trois semaines, du 18 juillet au 8 août. Les organisateurs sont fiers de dire que la programmation a été constituée à la dernière minute, lorsque le ministère des Affaires culturelles a enfin confirmé sa subvention! Pour sa troisième édition, l’événement propose cinq pièces de théâtre et une semaine de cinéma pour les enfants. Le 25 juillet, il ne faut pas manquer le concert du pianiste Oscar Peterson. Même chose pour la soirée de clôture, qui mettra en vedette Jean-Pierre Ferland.

Le 10 juin, Johnny Farago et Patrick Zabé chantent au club Le vieux Bardeau, à Beauport. Par la suite, les spectacles en plein air prennent le relais. Le 28 juin, signalons la présence de Claude Gauthier à la plage d’Orléans, à Saint-Jean sur l’île d’Orléans. Le 23 juillet, Louise Forestier et l’Infonie de Raoul Duguay donnent un spectacle sur le terrain de football du Cégep de Limoilou. Le prix d’entrée a été fixé à un dollar.

Avant de repartir, les nostalgiques voudront peut-être faire un petit saut dans les cinémas. Le Cartier propose Let it Be, des Beatles. L’Empire annonce L’aveu de Costa-Gavras. Le cinéma de la Canardière présente Hibernatus, avec Louis de Funès. Pour les plus casaniers, il reste encore la télé, avec Grujot et Délicat, Au pays des géants, Cher Oncle Bill, Mission impossible et les exploits du docteur Marcus Welby. 

Le 8 septembre, Télé-Métropole présente la première du téléroman Symphorien, avec Gilles Latulippe, Juliette Huot et Janine Sutto. Sans oublier Fernand Gignac dans le rôle d’Éphrem, l’idiot de service. Mais ça, peut-être que vous auriez préféré ne pas le savoir... 

++

1970 EN CHIFFRES

15 Nombre de morts sur les routes du Québec durant la fin de semaine de la fête des Pères, les 20 et 21 juin. 

850 000 $ Valeur «théorique» des faux billets de banque américains découverts dans un casier de la gare du Palais, le 14 juillet. Plus de 5,6 millions $ en argent américain de 2020.

0,18 $ Prix atteint par le café (avec deux crèmes) dans les bureaux du gouvernement fédéral lorsque les fonctionnaires ont lancé un mouvement de protestation pour exiger une baisse immédiate.

17 900 $ Prix moyen d’un bungalow de trois chambres à Charlesbourg (280 000 $, en 2020)

1 Nombre de professeur congédié durant l’année scolaire 1969-1970 pour avoir refusé de se couper la barbe. Le professeur est réembauché en juin, par ordre du tribunal.

15 $ Prix d’entrée pour les trois jours du Festival pop de Manseau [environ 100 $ en argent d’aujourd’hui]

2999 $ Prix d’une auto neuve de taille moyenne pour l’époque (Pontiac Strato Chief 1970). En 2020, une Toyota Corolla coûte 21 159 $.

6,95 $ Prix d’un aller-retour Québec-Montréal en autobus (58,70 $ en 2020) 

20 164 $ Salaire moyen d’un dentiste (142 000 $ en 2020)

1,65 $/heure Salaire minimum, à partir de juillet 1970 (12,50 $ en 2020) 

519 $ Prix d’une télévision couleur 25 pouces (63,5 cm)

0,69 $ Prix d’une livre de beurre (environ 5 $ en 2020)


NOTES

(1) Louis Fournier, FLQ, Histoire d’un mouvement clandestin, Québec/Amérique, 1982.

(2) «Août 1970 : les cinq jours qui ont changé Cabano», Le Soleil, 31 juillet 2010.

(3) Le Soleil, 3 août 1970.

(4) Commission d’enquête sur l’usage des drogues à des fins non médicales, Rapport final, Ottawa, Information Canada, 1973, 1160 pages. 

(5) Le Soleil, 4 juillet 1970.

(6) Le Soleil, 6 juillet 1970

(7) Le Soleil, 16 juillet 1970.

(8) Pierre Godin, René Lévesque, Héros malgré lui, (vol. 2, 1960-1976), Boréal, 1997.

(9) Montreal Star, 19 juin 1970.

(10) «Kidnappers Free Bonn Envoy in Rio», The New York Times, 17 juin 1970.

(11) «History Through Our Eyes: Aug. 3, 1970, Manseau Pop Festival», Montreal Gazette, 3 août 2019.

(12) Le Soleil, 8 août 1970.

(13) Le Soleil, 12 août 1970.

(14) Le Soleil, 20 juin 1970.

(15) Rick Perlstein, Nixonland, Simon & Schuster, 2008.

(16) Le Soleil, 29 juillet 1970.

(17) Robert Comeau, Mon Octobre 70, la crise et ses suites, VLB éditeur, 2020

(18) Perspectives, 15 août 1970.

(19) Le Soleil, 13 juillet 1970.