Le député péquiste André Villeneuve veut créer un projet-pilote qui permettrait de mesurer les effets d’une limite de vitesse de 120 km/h sur les autoroutes.

120 km/h sur les autoroutes: Fortin dit non au projet-pilote

Le ministre des Transports André Fortin rejette l’idée du Parti québécois (PQ) de «se coller à la réalité» et de permettre aux automobilistes de rouler à 120 km/h sur les autoroutes.

Le député péquiste André Villeneuve a profité de la refonte du Code de la sécurité routière pour appeler le gouvernement à «mettre fin à l’hypocrisie». Il veut créer un projet-pilote qui permettrait de mesurer les effets d’une limite de vitesse de 120 km/h sur les autoroutes.

Selon lui, il s’agit seulement d’instaurer une véritable limite de vitesse et de l’appliquer à lettre, en émettant des contraventions dès que la limite est dépassée. À l’heure actuelle, il estime que la plupart des automobilistes roulent plus vite que 100 km/h sur les autoroutes sans être inquiétés par les policiers, qui appliquent une tolérance jusqu’à environ 120 km/h. 

M. Villeneuve a annoncé qu’un éventuel gouvernement du Parti québécois mettrait sur pied ce type de projet-pilote en haussant la limite de vitesse sur un tronçon d’autoroute, par exemple sur l’autoroute 40 entre Trois-Rivières et Montréal.

Les libéraux votent contre

Les libéraux ont voté contre la proposition, en soutenant qu’elle aurait pour effet d’empirer le bilan routier au Québec. Le ministre Fortin a cité des études réalisées en Colombie-Britannique et aux États-Unis, qui montrent que le nombre de décès sur les routes augmente dès qu’on permet des vitesses plus élevées. 

M. Fortin a également expliqué que d’exercer une tolérance zéro sur une limite de vitesse peut mener à de nombreuses contestations judiciaires. Le ministre se fie plutôt au «bon jugement» des policiers, admettant qu’ils ont un certain seuil de tolérance. 

Le ministre craint que d’élever la vitesse à 120 km/h sur les autoroutes amènerait des demandes similaires sur les autres routes ou rues de la province. Il ne souhaite pas, par exemple, que la limite soit haussée à 45 km/h dans les zones scolaires «parce que c’est ce qui est généralement toléré». 

La Coalition avenir Québec (CAQ) a quant à elle voté en faveur du projet du PQ.