Éducation

Les garderies privées pas à la hauteur, déplore Hivon

La vice-cheffe du Parti québécois Véronique Hivon croit qu’il est temps de «valoriser les bons services de garde» au Québec, soit les Centres de la petite enfance (CPE). «Il faut faire exactement l’inverse de ce que le gouvernement libéral a fait et l’inverse de ce que propose la Coalition avenir Québec.»

Mme Hivon commentait mardi les résultats de la nouvelle étude de l’Observatoire des tout-petits, qui indique que la qualité de l’ensemble des services de garde au Québec s’est très peu améliorée au Québec depuis 10 ans. Les CPE se distinguent toutefois en offrant des services de meilleure qualité que les garderies privées ou les milieux familiaux.

L’étude démontre que 34% des garderies privées en installation fréquentées par les 18 mois à 5 ans en 2014 sont de «faible qualité», alors que parmi les CPE étudiés, seulement 3% sont de faible qualité. 

Les critères pour déterminer la qualité sont, entre autres, les jouets adaptés, les aliments sains, la variété de livres, l’aménagement de la cour et les interactions avec l’éducatrice. 

Selon Mme Hivon, le gouvernement actuel se targue d’agir tôt, mais n’agit pas en conséquence en favorisant le «développement anarchique» de garderies privées. À preuve, sa loi pour améliorer la sécurité et la qualité des services de garde ne permet pas de recenser et de contrôler les milieux familiaux privés. Le gouvernement Couillard a également bonifié dans le dernier budget le crédit d’impôt pour les parents dont l’enfant fréquente une garderie privée. 

Les garderies commerciales ne «sont pas à la hauteur» de ce qu’on attend d’elles, lance Mme Hivon. Un gouvernement du Parti québécois ouvrirait de nouveaux CPE et ramènerait un même tarif pour tous les enfants, afin de diminuer progressivement le nombre de garderies privées au Québec. 

Mme Hivon critique également la volonté de la CAQ d’ouvrir des maternelles 4 ans pour tous les enfants du Québec. Une promesse qu’elle juge «complètement irréaliste», et qui ferait mal au réseau des CPE. 

Le PQ propose de conserver des classes de maternelle 4 ans seulement dans les milieux défavorisés.

Monde

Grande avancée du «droit d'essayer» les médicaments expérimentaux aux États-Unis

WASHINGTON — Le Congrès américain a approuvé mardi une loi controversée, vigoureusement soutenue par Donald Trump, qui permettra à des patients en phase terminale d'essayer des traitements expérimentaux encore non autorisés.

«Nous disposons à portée de main de traitements novateurs» qui pourraient donner à ces patients, ayant souvent tout essayé parmi les traitements disponibles, «une deuxième chance à la vie», a plaidé le républicain Michael Burgess, lui-même médecin, lors des débats à la Chambre des représentants avant l'adoption finale du texte.

Ottawa

Caméras aux feux rouges: les Québécois pourront se faire épingler

Les automobilistes québécois recevront des contraventions lorsqu’ils brûleront un feu rouge muni d’une caméra à Ottawa dès la fin du mois de juin. La Ville estime que 4500 contrevenants de la Belle Province n’ont pu recevoir l’amende de 325 $ l’an dernier.

Selon les données fournies par la Ville, 24 286 constats d’infraction ont été distribués l’an dernier dans le cadre du programme d’appareils photo reliés aux feux rouges ce qui représente 5,1 millions $. Ces chiffres ne comprennent pas les 4500 automobilistes québécois qui ont été photographiés à ces intersections. 

En date du 31 mars 2018, la Ville a délivré 5723 contraventions ce qui représente des recettes de 2 millions $.

La Ville d’Ottawa et le Conseil canadien des administrateurs en transport motorisé (CCATM) ont signé une entente sur l’accès au réseau d’échange interprovincial de dossiers le 25 avril dernier. En vertu de cette entente, le Québec, la Saskatchewan et le Yukon ont accepté de fournir leurs données sur la propriété de la plaque d’immatriculation. « C’est une entente vraiment significative, estime le maire Jim Watson. Nous devions nous priver des revenus de plusieurs de ces tickets à moins que les gens les paient volontairement, ce qui n’était pas souvent le cas. Nous sommes venus à une entente qui va nous permettre de partager les informations. »

Depuis l’installation des premières caméras aux feux rouges en 2000, les voitures immatriculées au Québec bénéficiaient d’une période de grâce puisque l’administration municipale n’avait pas accès aux données.

54 caméras aux feux rouges

Par ailleurs, la Ville d’Ottawa a dévoilé mardi le 20e appareil photo installé au cours du présent mandat du conseil. L’outil se situe à l’angle des rues Lyon et Slater. Il s’agit du 54e appareil du genre installé depuis 2000. 

L’objectif est d’améliorer la sécurité aux intersections en réduisant le nombre de passage au feu rouge. Des panneaux avertissent les conducteurs de la présence d’un appareil photo. Ce dernier prend deux photos du véhicule fautif en montrant seulement la plaque d’immatriculation. 

Aux intersections dotées d’une caméra, la Ville dénombrait 569 collisions dangereuses à angle droit en 2016.

« Depuis l’installation des caméras, on observe une diminution de plus de 50 % des collisions à angle droit. C’est un bon bénéfice », souligne Phil Landry, directeur du service de circulation.

Gatineau

Le plan de Gatineau dévoilé

Gatineau a l’occasion de montrer de quel bois elle se chauffe lorsqu’elle dit vouloir redevenir la capitale du vélo qu’elle était. La Ville présente publiquement, ce mercredi, son plan directeur vélo qui doit déterminer les principales actions à mettre de l’avant au cours des prochaines années pour y arriver.

Les cyclistes attendent ce plan depuis plusieurs années. Les élus parlent de l’importance de revendiquer à nouveau le titre de la capitale du vélo depuis 2013. Dans nos pages opinons de notre édition d’aujourd’hui, le président du conseil municipal et responsable du dossier vélo, Daniel Champagne, dit qu’il est temps pour Gatineau de « redonner à la bicyclette toute la place qu’elle mérite ».

Société

Le Canada doit mieux inclure les personnes âgées

D’ici 2030, la démographie canadienne ressemblera à celle du Japon lorsque plus du quart de sa population sera âgée de 60 ans et plus.

Le Canada devra donc inclure davantage les personnes âgées et leur permettre de participer pleinement à la société pour leur permettre de briser l’isolement. 

Les premiers résultats d’une étude longitudinale sur le vieillissement montrent un lien entre le sentiment de solitude et d’isolement social et la dépression chez les aînés. 

Cette étude de l’Institut du vieillissement suit 50 000 Canadiens âgés de 45 à 85 ans pendant 20 ans ou jusqu’à leur décès. 

Son étude vise à identifier les facteurs qui permettent de vieillir en santé et ainsi mener à l’amélioration des politiques publiques.

Politique

François de S. Labrecque démissionne après des commentaires islamophobes

Tout juste élu président de l’Association conservatrice de Louis-Hébert, l’homme d’affaires François de S. Labrecque a remis sa démission mardi après que Le Soleil ait porté à l’attention du Parti des commentaires islamophobes et homophobes publiés sur le réseau social Facebook.

Il s’agit d’une deuxième victime politique qui écope après avoir fait des commentaires controversés sur les réseaux sociaux en une semaine. La semaine dernière, Muguette Paillé se retirait de la course à l’investiture du Parti québécois dans Maskinongé après que des commentaires racistes et islamophobes qu’elle avait faits sur les réseaux sociaux aient été rendus publics.

François de S. Labrecque avait pour sa part critiqué le ministre fédéral de l’immigration, Ahmed Hussen, en ces mots le 7 mars : «L’invasion... un ministre de religion musulmane». Le 8 février, il écrivait en anglais : «J’en ai assez de voir ce qui se passe avec les homosexuels. Ils font tellement de mal à notre monde». 

En novembre 2015, il avait également commenté une infographie truffée de fausses statistiques publiées par l’organisation électorale de Donald Trump au sujet de la couleur de la peau des auteurs et des victimes de meurtres. «Maintenant, vous savez que les noirs tuent... Disons les vraies choses», avait-il écrit, aussi en anglais.

Démission

En fin d’après-midi, après avoir reçu les captures d’écran consultées par Le Soleil, l’attachée de presse du Parti conservateur pour le Québec, Catherine Major, a confirmé que M. Labrecque n’était plus le président de l’Association.

«M. Labrecque a remis sa démission à titre de président de Louis-Hébert après que le Parti conservateur du Canada eut pris connaissance des propos inacceptables qui ont été publiés sur sa page Facebook», a déclaré Mme Major.

«Nous condamnons ses propos avec vigueur et ils ne représentent en aucun cas la position de notre parti. M. Labrecque a été élu il y a à peine quelques jours à titre de président et sa nomination n’avait toujours pas été officialisée auprès d’Élections Canada», a-t-elle poursuivi.

Informé lui aussi des propos de M. Labrecque par Le Soleil, Samuel Simard-Michaud, l’un des administrateurs de l’Association conservatrice de Louis-Hébert, les a qualifiés de «surprenants» et a ajouté qu’il n’était pas au courant lui non plus des déclarations de son président sur Facebook.

Ni homophobe ni islamophobe

Quant au principal intéressé, il s’était entretenu avec Le Soleil quelques heures avant de donner sa démission et avait pourtant nié être islamophobe ou homophobe. «Il faut regarder ce qui est écrit et le mettre en contexte. Vous ne vous adressez aucunement à une personne homophobe. Ce que je critique, c’est que certains d’entre eux donnent un mauvais nom à tous les autres», a-t-il déclaré.

«C’est la même chose pour les musulmans et c’est la même chose pour les gens d’affaires, car il m’est aussi arrivé de critiquer des gens d’affaires qui font des choses croches. Je suis offusqué de voir ce que des gens de certains regroupements peuvent faire», poursuit-il.

Malgré ses critiques, il jure n’être ni islamophobe ni homophobe. «Je travaille dans le commerce international et je suis déjà allé dans des pays musulmans comme l’Indonésie et le Maroc. Également, il y a deux bons amis de la famille qui sont homosexuels.»

«Je n’ai pas fait ces commentaires pour écraser qui que ce soit. Mais certains sont plus sensibles que d’autres quand ils voient un texte. Je ne suis pas un «flyé» ou un «débile». Par contre, c’est sûr que des fois, je brasse, je pose une question-choc pour avoir des réponses», a-t-il justifié, ajoutant que Facebook n’était pas le centre de sa vie.

Commerce international

Âgé de 55 ans, M. Labrecque est un ancien enseignant qui s’est recyclé dans le commerce international. Depuis plus de 20 ans, il est président et propriétaire de l’entreprise Persico Inc., qui exporte aux États-Unis et en Europe des produits de quincaillerie fabriqués au Québec. 

Selon le site de réseautage LinkedIn, il a aussi été membre de la Coalition avenir Québec en 2012 comme responsable des communications et des finances pour la Capitale-Nationale. De 1992 à 1998, il avait aussi été vice-président et actionnaire de l’entreprise 20/20 inc., qui importait des vêtements provenant du Chili et du Pérou pour des clients comme Simons et Clément.

Monde

Le face-à-face Trump/Kim reporté?

WASHINGTON — Le président américain Donald Trump a affirmé mardi que son sommet avec le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un, prévu le 12 juin à Singapour, pourrait être reporté, tout en jugeant que ce dernier était «sérieux» dans sa volonté de dénucléariser son pays.

C’est la première fois que le locataire de la Maison-Blanche évoque ouvertement un possible report de ce face-à-face historique dont il avait accepté le principe le 8 mars à la surprise générale après des mois de surenchère verbale avec l’homme fort de Pyongyang.

«Il est possible que ça ne marche pas pour le 12 juin», a dit M. Trump, assis dans le Bureau ovale au côté de son homologue sud-coréen Moon Jae-in. «Si la rencontre n’a pas lieu, elle aura peut-être lieu plus tard», a-t-il ajouté évoquant «certaines conditions», sans élaborer.

M. Moon, de son côté, a opté pour une tonalité nettement plus optimiste, se disant convaincu que le sommet à venir serait «couronné de succès» et que M. Trump serait l’acteur central d’un «tournant historique» sur la péninsule.

Interrogé sur la réelle volonté du dirigeant nord-coréen, de près de 40 ans son cadet, de renoncer à l’arme nucléaire, le président américain a jugé que ce dernier était «très sérieux» tout en reconnaissant ne pouvoir prédire l’issue des négociations en cours.

Washington exige une dénucléarisation «complète, vérifiable et irréversible», mais le Nord n’a pas véritablement dévoilé son jeu et envoyé des signaux parfois confus sur ce thème.

Fait notable, M. Trump a aussi laissé pointer son mécontentement vis-à-vis du président chinois Xi Jinping dont il a par le passé loué la fermeté sur le dossier nord-coréen.

«Joueur de poker»

Évoquant la deuxième visite de Kim Jong-un à Pékin en l’espace de quelques semaines, il a relevé une différence de ton de la part de ce dernier après ce voyage à Pékin, principal allié de la Corée du Nord. «Les choses ont changé après cette rencontre et je ne peux pas dire que cela me rende très heureux», a-t-il expliqué.

«Le président Xi est un joueur de poker de niveau mondial», a-t-il lancé, laissant entendre que le puissant dirigeant chinois jouait sur différents tableaux.

Lundi, déjà, il s’était ouvertement inquiété que Pékin lâche trop de lest, trop vite. «La Chine doit continuer à être forte et étanche sur la frontière avec la Corée du Nord jusqu’à ce qu’un accord soit conclu», avait-il tweeté, évoquant une frontière devenue «bien plus poreuse récemment».

Ces déclarations tranchent avec la forme d’euphorie qui a flotté dans les semaines suivant l’annonce d’un accord sur cette rencontre entre le président des États-Unis et l’héritier de la dynastie des Kim, qui règne sur la Corée du Nord depuis plus d’un demi-siècle.

Prenant nombre d’observateurs — et semble-t-il M. Trump lui-même — par surprise, le régime est brutalement revenu la semaine dernière à sa rhétorique belliqueuse traditionnelle.

Pour Cho Yoon Je, ambassadeur de Corée du Sud aux États-Unis, dire que l’histoire des négociations avec la Corée du Nord se répète sans fin est une analyse tentante, mais erronée.

De l’espoir

«Cette fois, c’est différent», avance-t-il dans une tribune publiée dans le Washington Post, insistant sur «l’espoir que Kim choisisse une autre voie que celle de son père et de son grand-père».

Selon un sondage du Pew Center réalisé fin avril, plus de deux Américains sur trois sont favorables à des discussions directes entre les États-Unis et la Corée du Nord. Mais seuls 38 % d’entre eux pensent que le régime de Pyongyang est sérieux dans sa volonté de répondre aux préoccupations de la communauté internationale sur son programme nucléaire.

Actualités

Immigration: conseillers en «gestion du changement» demandés

Le ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion (MIDI) s’apprête à vivre une vaste transformation, au point de devoir recourir à des «services professionnels en gestion du changement».

Selon un appel d’offres publié le 18 mai sur le Service électronique d’appel d’offres (SEAO) du gouvernement du Québec, le MIDI s’est, «en réponse aux orientations ministérielles», engagé à «transformer ses programmes, ses processus d’affaires et ses façons de faire», et à «moderniser ses systèmes d’information pour offrir de meilleurs services à la clientèle».

Ces changements, précise le ministère, permettront notamment de «transformer les processus d’immigration, de participation et d’inclusion (dont la francisation et l’intégration) et les centrer sur les besoins en main-d’œuvre du Québec, tout en éliminant les activités sans valeur ajoutée». 

Ils permettront également de «réduire les dépenses de fonctionnement» du ministère et de «revoir le déploiement régional et international» des services, ajoute-t-il. Selon ce que rapportait La Presse en novembre, le gouvernement Couillard veut rouvrir les bureaux régionaux, fermés en 2013 et 2014, et redéployer des effectifs à l’étranger.

Le mandat, qui sera donné à quatre conseillers en gestion du changement, peut-être cinq, est d’une durée de 18 mois, commençant approximativement à la mi-juillet.

Des projets sont déjà en cours, dont le service de déclaration d’intérêt (SDI), un système d’immigration basé sur la déclaration d’intérêt des personnes immigrantes, rappelle-t-on dans l’appel d’offres.

«Ce nouveau système de gestion de la demande permettra d’avoir un contrôle sur l’afflux des demandes d’immigration et de pouvoir sélectionner en continu des candidates et des candidats de la catégorie de travailleurs qualifiés qui répondent le mieux aux besoins du Québec», écrit le MIDI, qui entend déployer ce service «prochainement». 

Autre projet: le regroupement, dans un nouvel immeuble du Carré Saint-Laurent, à Montréal, du personnel qui travaille actuellement dans cinq bâtiments différents de la métropole. Le déménagement devrait se faire graduellement entre juillet et décembre 2019 «et sera accompagné d’une succession de changements auxquels doivent être préparées les ressources du ministère». 

«Dans le but d’assurer le succès de la mise en œuvre de ces projets et autres changements prévus, le MIDI doit tenir compte de la capacité organisationnelle à changer et doit préparer adéquatement la transition entre la situation actuelle et celle visée», résume le ministère. 

Au 31 mars 2018, le MIDI comptait quelque 1352 employés (761 personnes occupant un emploi régulier et 591 personnes à statut occasionnel). 

Le Soleil a tenté mardi d’obtenir des précisions sur l’appel d’offres et les intentions du gouvernement Couillard auprès du cabinet du ministre de l’Immigration, mais n’avait pas eu de retour au moment d’écrire ces lignes. 

Dans un rapport publié en novembre, la Vérificatrice générale a conclu que la francisation des immigrants au Québec était un échec, alors que seulement le tiers des immigrants auxquels est destiné le processus de francisation se sont inscrits aux cours offerts par le ministère entre 2010 et 2013. De ce groupe, près du tiers ne s’est jamais présenté ou a abandonné en cours de route sans que ces désistements ne fassent l’objet d’un suivi du ministère, qui a injecté 74 millions $ en 2016-2017 pour ces programmes de francisation.

Autre constat de la vérificatrice: plus de 90% de ceux qui complètent le cours de francisation sont incapables de fonctionner au quotidien en français. 

Le ministre de l’Immigration, David Heurtel, s’était engagé à donner suite aux recommandations de la vérificatrice en effectuant une évaluation des programmes d’intégration, un suivi plus rigoureux des ententes conclues avec les partenaires et une meilleure reddition de comptes du ministère à ce chapitre. Il avait également annoncé un plan d’action en cinq points pour corriger les écueils dénoncés par la vérificatrice en matière de francisation. 

Le gouvernement Couillard s’attend à accueillir entre 49 000 et 53 000 immigrants encore cette année, selon le Plan d’immigration du Québec 2018.

Justice et faits divers

Aucune accusation contre Francis Drouin

Aucune accusation ne sera déposée contre le député fédéral de Glengarry-Prescott-Russell, Francis Drouin, à la suite d’un incident survenu plus tôt au mois d’avril.

La police d’Halifax a décidé de ne pas porter d’accusations à l’endroit du député à la suite d’allégations voulant que le député ait fait des attouchements à l’endroit d’une femme dans un bar à Halifax, lors de la convention du Parti libéral du Canada le mois dernier.  

«Après avoir examiné les faits, la police de Halifax a déterminé que l’affaire était terminée. Je suis heureux que cela ait été résolu en fonction des faits. Je n’aurais aucun autre commentaire à ajouter», a déclaré Francis Drouin dans un communiqué envoyé aux médias. 

L’incident est survenu le 21 avril dernier alors que Francis Drouin se trouvait dans un bar. Il a alors entendu le cri d’une femme venant de plus loin qui dénonçait un attouchement sexuel. C’est alors que M. Drouin a tenté d’avertir les autorités de l’établissement sur l’incident. 

Le député a alors été faussement identifié comme étant l’auteur du geste par la dame en question. 

Le député aura malgré lui fait couler beaucoup d’encre concernant l’incident au cours des dernières semaines. Francis Drouin avait toutefois pris les mesures qui s’imposent en informant le Parti au préalable que des accusations pourraient être portées à son endroit. 

Le député de Glengarry-Prescott-Russell n’a d’ailleurs reçu aucune réprimande du caucus libéral.

Politique

Place des femmes en politique: un rapport préliminaire évidé

QUÉBEC - Rien ne va plus à la Commission des relations avec les citoyens (CRC) qui se penche depuis deux ans sur la question de la place des femmes en politique.

Des libéraux qui y siègent ont pris le marqueur rouge pour biffer presque l’entièreté du rapport préliminaire, rejetant ainsi ses principaux constats et accusant le Service de la recherche de l’Assemblée nationale d’avoir manqué de «rigueur» dans sa rédaction, a appris La Presse canadienne.

Très attendu dans les milieux féministes et les partis politiques, le rapport final de la commission doit être rendu public à la fin mai-début juin.

Il devait formuler des recommandations pour dire comment les partis, le gouvernement et l’Assemblée nationale pouvaient de façon très concrète, et à court terme, lever les obstacles et créer les conditions favorables à la parité homme femme en politique.

Car plus de 75 ans après avoir obtenu le droit de voter et de se porter candidates, les Québécoises occupent moins du tiers des sièges parlementaires alors qu’elles représentent la moitié de la population.

Modifications «substantielles» exigées

Or, comme le rapportait La Presse canadienne en avril, la CRC - qui est formée d’une majorité de libéraux -a plutôt choisi de privilégier le statu quo.

Pas besoin de loi imposant au moins 40% de candidatures féminines et pas question non plus de recommander aux partis politiques d’atteindre des quotas de candidates.

D’ailleurs, dans un document produit le 9 mai accompagnant le rapport préliminaire et dont La Presse canadienne vient d’obtenir copie, les élus libéraux expriment tout leur malaise face au processus de consultation, à la méthodologie qui s’est avérée «déficiente» et au contenu du rapport qui «fait preuve d’un manque de rigueur».

Fait rare, ils blâment sévèrement les recherchistes de l’Assemblée nationale, qui ont retenu dans le rapport des «propos dirigés», selon eux.

«Les résultats présentés ne peuvent constituer de grandes tendances ou constats, ces derniers référant à des ou plusieurs sans mentionner le nombre, etc.», peut-on lire dans le document.

«Il est extrêmement surprenant et décevant de constater que les propos et recommandations retranscrites ne respectent pas les discussions et décisions prises par les membres de la commission.»

Selon eux, le questionnaire en ligne a été rempli par des clientèles «captives», c’est-à-dire «celles ayant déjà un intérêt pour ce type d’engagement, connaissant et visitant le site Internet de l’Assemblée nationale du Québec, entraînant des biais inévitables dans le recensement des données et dans leur interprétation».

Des groupes d’intérêt venus présenter un mémoire devant la commission «risquent fort» d’avoir aussi répondu au questionnaire en ligne, «ce qui fait qu’une même personne peut compter pour deux».

Par ailleurs, la commission n’a jamais sondé ni les élues actuelles ni celles ayant choisi de quitter la vie politique, ont déploré les libéraux. Pourtant, ont-ils noté, elles auraient été en mesure d’identifier les freins, réels ou perçus, à l’engagement politique.

«Nous ne pouvons accepter le rapport tel que présenté et sans des modifications substantielles liées à la rigueur des faits, l’abolition de nombreuses interprétations libres et le respect des discussions ayant eu cours entre les membres de la commission», ont-ils conclu.

Les nombreux changements survenus dans la composition de la CRC au cours des deux dernières années n’ont pas contribué au succès de l’entreprise ni contribué à faciliter et accélérer le processus décisionnel.

Les quelques députées membres de la commission qui ont accepté de dévoiler en avril les grandes orientations prises par la CRC ont dit l’avoir fait parce qu’elles étaient déçues, voire outrées, des choix faits par la majorité des élus composant la commission. Toutes ont requis l’anonymat.

Selon elles, au moins 80% des groupes venus témoigner dans ce dossier recommandaient à Québec de favoriser des mesures coercitives (loi ou quotas) pour forcer les partis à faire plus de place aux femmes en recrutant davantage de candidates.

Recommandations

À cette étape, les 13 recommandations de la CRC sont modestes et consensuelles. En résumé, elles sont:

-Que les connaissances sur la représentation des femmes en politique au Québec soient développées;

-Que la présence des femmes dans les instances dirigeantes soit encouragée en vue d’une représentation paritaire;

-Que les femmes en politique soient plus visibles et valorisées;

-Que l’offre de formation et de mentorat pour les aspirantes candidates soit développée;

-Qu’une politique et un plan d’action pour la conciliation travail-famille-vie personnelle à l’Assemblée nationale soient élaborés;

-Que le travail politique et parlementaire soit examiné en vue de le rendre plus attrayant, notamment en ce qui concerne l’organisation et la culture de l’Assemblée nationale;

-Que des cours d’éducation à la citoyenneté soient intégrés aux programmes obligatoires d’enseignement primaire et secondaire.