Élections 2018

«Partie gratuite» à QS: Lisée concède avoir sa part de responsabilité

GATINEAU — Après avoir dit que Québec solidaire (QS) profitait d'une «partie gratuite» de la part des médias depuis le début de la campagne, le chef du PQ Jean-François Lisée a laissé entendre samedi qu'il avait aussi sa part de responsabilité dans cette situation.

Vendredi, le chef péquiste avait lancé qu'il devrait y avoir des journalistes dans l'autobus de QS.

Et que parce qu'il n'y en avait pas, la formation politique de gauche n'a pas eu à se livrer, dit-il, à une reddition de comptes comme les trois autres partis, questionnés sans relâche lors des points de presse quotidiens.

Mais samedi, alors qu'il s'était rendu à Gatineau pour constater les dégâts causés par la tornade de la veille, le chef a concédé que cette «partie gratuite», «c'est un défaut partagé, que je partage avec les médias aussi».

Il venait de se faire demander s'il n'avait pas, lui aussi, laissé le champ libre à QS. Et cela, en ne s'étant pas assez attardé à ce parti lors de la campagne — ou trop tard. A-t-il contribué à la situation qu'il dénonce? M. Lisée a rétorqué qu'il s'agira d'un bon sujet à analyser lorsque le bilan de l'élection sera fait.

Le chef a ajouté qu'il constatait depuis les derniers jours que les médias semblent vouloir «corriger le tir».

«La presse s'intéresse de plus en plus, avec un oeil critique, nouveau, aux propositions de QS, au fonctionnement de QS. Donc peut-être qu'on va avoir un oeil aussi critique sur eux que sur les autres partis et c'est bon pour la démocratie.»

Plus tôt lors de la campagne, lorsque le chef péquiste avait été appelé à commenter le cadre financier de QS, il avait dit qu'il «aimerait répondre à des questions sérieuses».

Il avait ensuite parlé d'un plan qui n'est pas réaliste et qui causerait un choc terrible au Québec.

Le chef avait laissé voir une préoccupation envers QS lorsqu'il en a appelé au vote stratégique le 11 septembre. Il a alors invité tous ceux qui voulaient donner leur voix à QS — un parti qui ne sera pas élu, a-t-il alors dit — de ne pas ainsi diviser le vote des «progressistes» et de voter PQ. Et ainsi empêcher la CAQ de former le prochain gouvernement, a-t-il soutenu.

Élections 2018

Plan anti-burnout: un travailleur reposé est un travailleur motivé, argue QS

MONTRÉAL — Au 31e jour de la campagne électorale, samedi, Québec solidaire a dévoilé son plan pour enrayer ce que la formation désigne comme le «fléau» de l'épuisement professionnel.

Tandis que Manon Massé était en route vers Gatineau en soutien aux sinistrés de la tornade, l'autre porte-parole du parti, Gabriel Nadeau-Dubois, présentait leur «stratégie anti-burnout» en conférence de presse à Montréal.

Celle-ci passerait par une révision des normes du travail pour notamment y inclure plus de vacances, plus de congés maladie payés et le droit de refuser des heures supplémentaires.

Gabriel Nadeau-Dubois fait valoir que «des travailleurs plus reposés sont des travailleurs plus motivés et productifs».

Or, alors que la protection des travailleurs non syndiqués dépend de la Loi sur les normes du travail, celle-ci leur garantit des conditions bien moins enviables qu'en Europe, relève-t-on.

Les travailleurs européens bénéficient en moyenne de cinq à six semaines de vacances, illustre M. Nadeau-Dubois, comparativement à 16 jours au Québec. Les solidaires aimeraient assurer un minimum de quatre semaines de vacances aux Québécois qui cumulent un an de service continu.

M. Nadeau-Dubois cite aussi en exemple la moyenne européenne de 11 jours fériés — contre huit au Québec. Il propose donc d'en créer deux de plus, le 8 mars et le 1er mai, pour souligner du même coup l'importance de la Journée internationale des droits des femmes et de la fête des Travailleurs.

Des 10 congés déjà garantis en cas d'obligations familiales, Québec solidaire veut en rémunérer la moitié.

Sans oublier les congés maladie, pour lesquels on exigerait dorénavant un salaire à raison d'une demi-journée par mois.

Dans les circonstances actuelles, «aussi bien dire que les gens doivent choisir entre prendre soin de leur santé et avoir un salaire», s'inquiète Gabriel Nadeau-Dubois.

Sur le plan de la conciliation travail-famille, Québec solidaire veut accorder aux travailleurs le droit de refuser des heures supplémentaires et de connaître leur horaire au moins une semaine d'avance.

Loin de nuire à la productivité, ces mesures seraient profitables à l'économie du Québec, argue-t-on.

Le parti estime que l'absentéisme, en bonne partie causé par le stress et l'épuisement, coûte annuellement 3,5 milliards $ aux entreprises.

«C'est bon pour l'économie de permettre aux travailleurs et travailleuses de souffler un peu», résume M. Nadeau-Dubois.

Politique

Sommet «historique» pour 15 femmes ministres des Affaires étrangères

MONTRÉAL — La quinzaine de femmes ministres des Affaires étrangères réunies vendredi et samedi à Montréal pour un premier sommet «historique» ont promis de se retrouver régulièrement pour faire prévaloir une «perspective féminine» dans la politique internationale.

«Cette réunion a constitué pour les femmes ministres des Affaires étrangères une occasion historique de mettre en application une perspective féminine sur des questions d'ordre international», a expliqué samedi la co-présidente du sommet, la chef de la diplomatie canadienne Chrystia Freeland, lors d'un point presse à l'issue de la réunion.

«Nous n'avons pas discuté de questions sur les femmes [...] mais nous avons discuté de questions qui sont notre quotidien, de la Syrie à l'Ukraine au Nicaragua à la prévention des conflits ou au développement durable», a de son côté souligné Federica Mogherini, représentante de l'Union européenne pour les Affaires étrangères, à l'origine de ce sommet qu'elle coprésidait avec Mme Freeland.

Les ministres partageront le fruit de leur réflexion la semaine prochaine lors de réunions ministérielles dans le cadre de la 73e Assemblée générale de l'ONU à New York, selon Mme Mogherini.

La quinzaine de femmes chefs de leur diplomatie — soit la moitié des femmes ministres des Affaires étrangères que compte la planète — sont convenues de se revoir régulièrement, de façon informelle, au plus tard dans un an, a expliqué Mme Mogherini.

«Nous avons planté une graine qui, je pense, va devenir une plante produisant de belles fleurs», a prédit la responsable européenne.

«Il ne s'agit pas de créer un ghetto rose, bien au contraire», a insisté Mme Freeland. «Il s'agit de souligner l'importance et le rôle et les droits des femmes et des filles dans le monde, il s'agit de parler de la façon dont les femmes en position de pouvoir peuvent s'impliquer particulièrement dans la défense de ces droits.»

Un ambassadeur pour les femmes

Par ailleurs, le Canada créera un nouveau poste d'ambassadeur dédié aux femmes, à la paix et à la sécurité, a annoncé samedi Chrystia Freeland.

La ministre canadienne n'a pas donné beaucoup de précisions, mais a souligné que le futur ambassadeur (ou ambassadrice) aiderait à promouvoir les programmes d'aide aux femmes et à promouvoir la participation féminine dans le maintien de la paix et la résolution des conflits.

À l'issue du sommet samedi après-midi, une dizaine de participantes ont symboliquement déposé des fleurs sur de petites stèles érigées dans un parc de Montréal en mémoire à 14 femmes tuées en 1989 lors de la tuerie de l'école Polytechnique. Le tueur, qui visait les femmes par haine, avait blessé 14 autres personnes.

Outre Mmes Freeland et Mogherini, la conférence a réuni les ministres d'Afrique du Sud, d'Andorre, de la Bulgarie, du Costa Rica, de Croatie, du Ghana, du Guatemala, d'Indonésie, du Kenya, de Namibie, de Norvège, du Panama, de Sainte-Lucie et de Suède.

Avec La Presse canadienne

Élections 2018

SAQ: Couillard ouvre la porte à d'autres options que la privatisation

MONTRÉAL — Bien qu'il ferme la porte à une privatisation de la Société des alcools du Québec (SAQ), le chef du Parti libéral du Québec (PLQ) souhaite libéraliser davantage le commerce des boissons alcooliques au moment où un rapport prévient qu'un changement au statu quo serait risqué.

Toutefois, Philippe Couillard a estimé samedi que sa position n'était pas contradictoire avec les conclusions du rapport commandé par Québec au printemps et rendu public vendredi après-midi.

«Par exemple, certains produits de niche spécifiques importés par les agences pourraient être offerts chez un détaillant privé, ce qui est un pourcentage microscopique des ventes de la SAQ», a-t-il expliqué, en point de presse à Montréal après s'être rendu sur les lieux de la tornade ayant ravagé un secteur de Gatineau plus tôt dans la journée.

Intitulé «Évolution du modèle d'affaires de la SAQ», le rapport de la firme PricewaterhouseCoopers avait été commandé par le gouvernement Couillard afin de brosser un tableau des répercussions d'une privatisation de la société d'État.

Ce document de 98 pages relève que «tous les scénarios de privatisation et d'augmentation de la concurrence» présentent une «proposition significative d'impacts négatifs lorsqu'ils sont comparés au statu quo».

Des trois degrés de privatisation analysés, le rapport a conclu qu'aucun scénario n'était favorable à l'heure actuelle. Le rapport conclut donc que «la prudence est donc de mise avant de procéder avec des changements importants dans le modèle d'affaires de la SAQ».

La libéralisation du modèle d'affaires de la société d'État est revendiquée depuis plusieurs années par la Coalition avenir Québec, qui veut carrément mettre fin à son monopole.

Réitérant son opposition à la privatisation de la SAQ, le chef libéral a expliqué qu'il ne voyait pas d'inconvénients à la vente de produits spécifiques dans le secteur privé, évoquant le nombre grandissant de microbrasseries et de distillateurs — dont les produits ne se rendent pas tous sur les tablettes des succursales de la société d'État.

«Il y a des produits qu'on ne trouve pas à la SAQ comme des produits québécois, a dit M. Couillard. Il y a plus de distillateurs, de plus en plus de microbrasseries et de vignobles. Est-ce que ce marché, cette niche, pourrait être une option?»

En ce qui a trait à l'exercice 2017-2018, le chiffre d'affaires de la société d'État a été de 3,5 milliards $. Le bénéfice net, qui correspond au dividende versé à l'État québécois, a été de 1,1 milliard $.

Par ailleurs, si son gouvernement a commandé une étude ayant coûté entre 175 000 $ et 225 000 $ selon l'appel d'offres afin de se pencher sur l'avenir de la SAQ, le chef libéral a semblé indiquer que son idée était déjà faite.

«Le scénario qui était dans ma tête est celui que je viens de vous dire, a répondu le chef libéral, invité à préciser ses intentions. Je n'ai jamais eu l'intention de vendre des succursales ou privatiser la vente au détail. C'était très niché et ciblé ce que je voulais faire.»

Il a ajouté qu'il y aurait également une autre analyse qui serait effectuée lorsque le PLQ, s'il forme le prochain gouvernement, aura fait son choix.

Le rapport de PricewaterhouseCoopers évoque 14 scénarios, mais n'en analyse que trois ayant un volet de privatisation ou d'accroissement de la concurrence. M. Couillard n'est pas allé jusqu'à qualifier le rapport d'incomplet.

«Il n'y a jamais de rapport parfait et de rapport qu'on ne peut pas doubler d'un sous-rapport ou d'un autre rapport», a-t-il dit.

Au cours d'un deuxième mandat, le PLQ voudrait également élargir l'éventail de produits disponibles en épicerie, tout en excluant les spiritueux. Le parti veut également faciliter la distribution des produits artisanaux et assouplir les règles sur l'embouteillage afin que plus de travail soit effectué dans la province.

La SAQ en quelques chiffres

- 6884 employés

- 407 succursales

- 432 agences

- 13 300 produits offerts dans le réseau et 12 000 autres en importation privée

Source : rapport «Évolution du modèle d'affaires de la SAQ»

Élections 2018

Vote par anticipation: des bureaux pris d'assaut

Le vote par anticipation est de plus en plus populaire et plusieurs bureaux des directeurs du scrutin ont été pris d’assaut vendredi et samedi par les électeurs, en particulier en matinée. Ce fort achalandage serait également dû à une certaine confusion sur la communication des lieux de vote et sur les horaires sur la carte d’électeur reçue par la poste.

Le DGEQ a reconnu être victime de son succès après l’emphase mise sur la possibilité de voter avant le 1er octobre. «Il y a eu un fort achalandage dans plusieurs régions du Québec. Il y a un intérêt pour le vote anticipé, c’est certain», a expliqué le porte-parole d’Élections Québec, Stéphanie Isabel.

Élections Québec estime également que de nombreux électeurs ont mal compris les consignes sur la carte d’électeur. Au bureau du directeur du scrutin de la circonscription de Vanier-Les-Rivières, on a vu arriver plusieurs électeurs qui s’étaient d’abord rendus à leur bureau de vote indiqué sur leur carte d’électeur.

«Plusieurs électeurs nous ont dit avoir mal compris ce qui était marqué. Il y a de la confusion entre les dates, les heures et les endroits», a souligné la directrice du scrutin de la circonscription de Vanier-Les-Rivières, France Lavergne. 

Cette confusion a d’ailleurs engendré du mécontentement chez certains électeurs, selon Mme Lavergne. Pour aider les électeurs à bien savoir où se rendre pour voter, Élections Québec a marqué un message sur son site Internet : «Élections Québec vous rappelle que les 21, 22, 25, 26 et 27 septembre, vous pouvez voter par anticipation uniquement au bureau de la directrice ou du directeur du scrutin de votre circonscription. Élections Québec vous invite à bien vérifier l’adresse de votre lieu de vote sur la carte d’information que vous avez reçue par la poste ou sur le Web, à l’adresse www.elections.quebec/circonscription

Par contre, les 23 et 24 septembre, les électeurs doivent se rendre à leur bureau de vote classique. Par ailleurs, les étudiants peuvent voter dans leur établissement d’enseignement.

Les premiers chiffres concernant le taux de participation au vote par anticipation seront connus lundi.

Monde

L’accusatrice du juge Kavanaugh témoignerait jeudi au Sénat américain

WASHINGTON — La femme accusant d’agression sexuelle le juge Kavanaugh, candidat de Donald Trump à la Cour suprême, a accepté de témoigner au Sénat, plusieurs médias affirmant que l’audition aura lieu jeudi.

La commission judiciaire de la chambre haute veut entendre le témoignage de Christine Blasey Ford, qui affirme avoir été agressée sexuellement par Brett Kavanaugh lors d’une soirée arrosée entre adolescents au début des années 80.

Elle prévoit également d’auditionner sur ces allégations le magistrat de 53 ans, qui les réfute en bloc.

Plusieurs médias, dont Politico et Daily Beast, ont rapporté que l’audience aura lieu jeudi. Ils citent des sources ayant été informées du contenu d’un échange téléphonique entre la commission et les avocats de Mme Blasey.

Jusqu’ici, il semblait impossible pour Mme Blasey Ford et cette commission de tomber d’accord sur la date et les modalités de l’audition, même si la victime présumée avait déjà donné son accord de principe.

Si les avocates de celle qui est aujourd’hui professeure de psychologie dans une université californienne avaient bien signifié samedi que leur cliente était prête à témoigner, elles n’avaient pas proposé de calendrier précis et offert simplement de reprendre les discussions, selon un message électronique publié par le Washington Post.

Le bras de fer durait déjà depuis plusieurs jours. Vendredi, le président républicain de la commission, Chuck Grassley, avait ainsi adressé un nouvel ultimatum pour l’engager à témoigner mercredi, menaçant, si elle refusait, d’organiser un vote dès lundi sur la confirmation du juge, sans entendre son témoignage.

Enjeu immense 

Christine Blasey Ford ne souhaitait pas être entendue avant jeudi et demandait à pouvoir appeler un témoin qui était présent au moment de l’agression, qui se serait passé alors qu’elle avait 15 ans et Brett Kavanaugh 17.

L’enjeu est immense: la nomination à vie de ce magistrat pourrait placer les juges progressistes ou modérés en minorité pour de longues années à la Cour suprême, arbitre des grandes questions qui divisent la société américaine, comme le droit à l’avortement.

Et les républicains veulent une confirmation avant les élections législatives de début novembre, à l’issue desquelles ils pourraient perdre le contrôle du Congrès.

«Jusqu’ici les républicains poussent pour une audition et n’accèdent pas à sa requête de témoigner jeudi et non mercredi. C’est 24 heures», a déploré samedi sur Twitter la sénatrice démocrate de Californie, Kamala Harris, quelques minutes après le message des conseils de Mme Blasey Ford.

«Je soutiendrai sa ferme bravoure face aux contraintes arbitraires, injustes et irrationnelles fixées par le président [de la commission judiciaire Chuck] Grassley», a surenchéri le sénateur démocrate Richard Blumenthal, membre, tout comme Mme Harris, de la commission judiciaire.

Après avoir évoqué son agression dans le Washington Post, Mme Blasey Ford aurait reçu des menaces de mort, selon le New York Times, l’incitant à s’assurer les services d’une société de sécurité.

#WhyIDidntReport 

Signe de l’intensification des échanges autour de cette confirmation, Donald Trump a attaqué frontalement Christine Blasey Ford vendredi, s’étonnant de son silence pendant plus de trente ans.

«Si les attaques avaient été aussi graves que ce que dit le Dr Ford, il y aurait eu une plainte d’elle ou de ses parents aimants», a tweeté le président Trump.

Cette mise en doute de la parole de cette victime présumée a suscité un tollé, des milliers de personnes livrant depuis leurs témoignages publiquement sur Twitter, expliquant pourquoi elles n’avaient pas porté plainte après une agression sexuelle, derrière le hashtag  #WhyIDidntReport (Pourquoi je n’ai pas porté plainte).

«Parce que j’avais 18 ans. J’étais effrayée. Je ne pensais pas qu’on pourrait me croire», a tweeté Gretchen Whitmer, candidate démocrate au poste de gouverneur dans le Michigan.

«Je connaissais mon assaillant. Je ne pouvais pas briser le coeur de mes parents. Je ne voulais pas être définie par l’acte violent criminel de quelqu’un».

«La première fois que c’est arrivé, j’avais 7 ans», a écrit, sur Twitter, l’actrice Ashley Judd, au sujet d’une agression sexuelle dont elle dit avoir été victime. «Je l’ai dit aux premiers adultes que j’ai vu. Ils m’ont dit: C’est un vieil homme gentil, il n’a pas voulu faire ça.»

«Donc quand j’ai été violée à 15 ans, je ne l’ai dit qu’à mon journal intime», a poursuivi la comédienne, devenue l’une des héroïnes du mouvement post-Weinstein, car elle a été une des premières à avouer avoir été harcelée par le producteur déchu.

Élections 2018

Jean-Lesage: pour Nathaly Dufour, c'est Zanetti avant le PQ

La souverainiste Nathaly Dufour, qui a flirté avec le Parti québécois pour être candidate dans Jean-Lesage, face à un autre indépendantiste Sol Zanetti (Québec solidaire), appelle à voter pour le candidat de QS.

Selon Nathaly Dufour, l’appel à voter pour QS n’est pas une flèche contre sans ancien parti. «Quand je regarde les chiffres des sondages, Sol [Zanetti] est le candidat indépendantiste dans Jean-Lesage qui a le plus de chances de devenir député», a-t-elle justifié.

Rappelons que Nathaly Dufour n’avait pas obtenu l’investiture de PQ pour se présenter dans Jean-Lesage. Elle était considérée comme trop proche de Martine Ouellet par les instances du parti. L’avocate de profession avait aussi assumé la direction intérimaire d’Option nationale après le départ de son chef Jean-Martin Aussant. 

À l’époque, elle disait avoir voulu se porter candidate pour le parti de Jean-François Lisée après avoir entendu les appels au «rassemblement» des forces souverainistes. «Je me suis éloignée de la politique, mais je souhaitais clore mon engagement pour la souveraineté du Québec avec un geste fort», a expliqué celle qui sera au côté de QS, dimanche, pour un point de presse portant sur l’indépendance du Québec.

Si elle soutient Québec solidaire dans Jean-Lesage, madame Dufour votera pour le candidat du Parti québécois dans sa circonscription, Chutes-de-la-Chaudières. «Je connais très bien Serge [Bonin] et je ne connais pas le candidat de QS, comme je connais aussi très bien Sol. Je vote plus pour une personne qu’un parti», a-t-elle plaidé.

Monde

L’Iran en furie après un attentat meurtrier

Téhéran — Le président Hassan Rohani a promis une réponse «terrible» de l’Iran après un attentat contre un défilé militaire dans le sud du pays dans lequel au moins 29 personnes, dont des civils, ont été tuées samedi.

L’attaque, dénoncée par Téhéran comme un acte «terroriste», a été perpétrée dans la matinée par un commando armé à Ahvaz, la capitale de la province du Khouzestan, peuplée majoritairement d’Arabes.

C’est l’une des plus meurtrières qu’ait connues l’Iran en près de huit ans. Elle a été revendiquée par le groupe jihadiste État islamique (EI), qui dit répondre aux interventions de l’Iran dans la région.

La fusillade a duré «dix à quinze minutes», a déclaré à l’AFP Behrad Ghassemi, photographe local présent sur les lieux du drame.

Il a dit avoir vu un assaillant vêtu d’un uniforme des Gardiens de la Révolution et armé d’un fusil mitrailleur AK-47 avec «trois chargeurs attachés ensemble avec du ruban adhésif».

«J’ai vu un enfant de quatre ans et une femme atteints par des balles», les assaillants «tiraient sur toute personne qu’ils pouvaient» atteindre.

Le guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, a vu dans l’attentat «une continuation de la conspiration des gouvernements de la région à la solde des États-Unis et qui cherchent à répandre l’insécurité dans notre cher pays».

L’attaque, qui a fait également 57 blessés, dont plusieurs dans un état grave, a eu lieu à la veille du départ annoncé de M. Rohani pour New York, où il doit participer à l’Assemblée générale de l’ONU.

Elle survient dans un climat de tensions très fortes entre l’Iran et les États-Unis, qui s’apprêtent à intensifier début novembre leurs sanctions économiques contre la République islamique.

«La réponse de la République islamique à la moindre menace sera terrible», a déclaré M. Rohani, selon un communiqué officiel.

Le ministre des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, a accusé «des terroristes recrutés, entraînés et payés par un régime étranger» d’avoir «attaqué Ahvaz» et a mis en cause «les parrains régionaux du terrorisme et leurs maîtres américains».

Justice et faits divers

Tornade de catégorie F3: des résidences anéanties à Ottawa

La tornade de catégorie F3 qui a traversé le quartier Dunrobin dans l’ouest d’Ottawa, en fin de journée vendredi, a anéanti plusieurs dizaines de résidences. La structure de plusieurs d’entre elles est trop endommagée pour que les résidents puissent y retourner chercher leurs effets personnels.

Dunrobin affichait la désolation samedi, au lendemain de la tempête. Des domiciles ont été complètement détruits alors que d’autres, à proximité, ont été épargnées.

Jeff Cosman a vu la maison qu’il loue à l’angle du chemin Dunrobin et de la promenade Thomas A. Dolan être légèrement abîmée par les vents, mais plusieurs arbres autour ont été brisés par les rafales. 

«Je suis sorti dehors pour lever les fenêtres de ma voiture. C’est là que j’ai vu une énorme colonne grise. C’était incroyable. Des objets ont commencé rapidement à heurter la voiture. Le bruit était incroyable. Je voulais rentrer dans la maison, mais mon chien s’était sauvé dans la forêt. J’ai essayé de le trouver, mais j’ai dû rentrer et attendre. Quand je suis entré, la tornade frappait la maison», a expliqué M. Cosman, qui a retrouvé son chien quelque 90 minutes plus tard.

Parmi les six personnes transportées à l’hôpital pour des traumatismes, cinq sont du secteur Dunrobin. Le fait qu’il n’y ait pas eu davantage de blessés dans le secteur s’expliquerait par la tenue de la foire de Carp où s’étaient rendus des citoyens.

Le Service de police d’Ottawa (SPO) a indiqué que, dans certains cas, il pourrait se passer plusieurs jours avant que des résidents puissent retourner dans leur maison ou même se présenter sur leur rue puisque des inspecteurs en bâtiment doivent évaluer la solidité des structures.

«Peut-être que des gens ne pourront rentrer dans leur maison en raison des risques d’effondrement», a indiqué un porte-parole du SPO.

Environnement Canada a confirmé qu’il s’agissait d’une tornade de catégorie F3, soit des vents de 250 km/h à 330 km/h.

Monde

Naufrage en Tanzanie: bilan de 218 morts

UKARA — Deux cent dix-huit morts. Le bilan du naufrage du ferry MV Nyerere dans le sud du lac Victoria, en Tanzanie, ne cessait de s’alourdir samedi au troisième jour des opérations de recherches, même si, à la surprise générale, un survivant a été extrait de l’épave.

Les plongeurs des équipes de recherches continuaient samedi soir leur travail autour de la coque qui affleurait encore à quelques dizaines de mètres à peine de l’île d’Ukara, la destination finale du ferry, sous le regard de centaines d’habitants, a rapporté un journaliste de l’AFP.

«Nous déplorons au moment où nous parlons 218 morts et les opérations se poursuivent», a déclaré samedi soir John Mongella, le gouverneur de la région de Mwanza (nord-ouest), à la télévision publique TBC One.

Le gouverneur a par ailleurs assuré qu’un «dispositif» permettant de «retourner» l’épave ayant chaviré, et donc d’accélérer les recherches, était en chemin pour Ukara. «Nous attendons d’un moment à l’autre les spécialistes et le dispositif pour retourner le ferry. Ils ont promis de se mettre à l’oeuvre dès leur arrivée».

Sur le rivage de l’île, des dizaines de cercueils en bois ont été alignés, attendant d’être récupérés par les proches des victimes, a rapporté un journaliste de l’AFP.

«Demain matin [dimanche], nous allons commencer à inhumer ici les corps qui n’auront pas encore été identifiés par des proches. La cérémonie sera présidée par le premier ministre, Kassim Majaliwa, et les représentants des différentes confessions religieuses seront là», a souligné M. Mongella.

Peu savent nager 

Le MV Nyerere a chaviré jeudi après-midi à quelques dizaines de mètres à peine d’Ukara, le bilan élevé étant attribué au fait que peu de gens savent nager dans cette région du monde.

Les témoins et les survivants ont donné deux versions de la catastrophe, mais la surcharge du navire semble d’ores et déjà en cause: le nombre de morts - 218 - additionné au nombre de rescapés - 41 - surpasse largement la capacité du bateau, établie à 101 personnes. Le nombre exact de personnes se trouvant à bord du bateau au moment du drame reste pour l’heure inconnu.

Selon certains, des passagers se sont déplacés vers l’avant du navire à l’approche du débarcadère, un mouvement qui pourrait avoir déséquilibré le bateau. Selon d’autres, la personne se trouvant à la barre, distraite par son téléphone portable, a raté la manoeuvre d’approche et, souhaitant se rattraper, a effectué une manoeuvre brutale qui a fait chavirer le ferry.

Capitaine absent, subordonné inexpérimenté à bord 

Le président tanzanien John Magufuli avait par ailleurs indiqué vendredi soir que les premiers éléments de l’enquête indiquaient que le capitaine du bateau ne se trouvait pas à bord, mais avait délégué ses fonctions à un subordonné sans expérience.

La navigation peut être difficile sur le plus grand lac d’Afrique, où elle se fait souvent sur des navires vétustes et trop chargés, les autorités sont souvent peu regardantes sur la sécurité. En 1996, quelque 800 personnes, selon la Croix-Rouge, avaient trouvé la mort dans le naufrage du ferry Bukoba, surchargé de passagers, à quelques milles au large de Mwanza.

L’espoir de voir évoluer le nombre de rescapés est désormais quasiment nul, même si, contre toute attente, l’ingénieur du ferry a été extrait vivant de l’épave à la mi-journée, après avoir survécu pendant près de deux jours dans un compartiment du navire encore rempli d’air, a indiqué un député local.

Évoquant une «négligence», le président tanzanien a ordonné vendredi soir que «toutes les personnes impliquées dans la gestion du ferry» soient arrêtées. «Les responsables seront absolument punis», a-t-il promis, décrétant également un deuil national de quatre jours.

Le ferry MV Nyerere, du nom du premier président tanzanien Julius Nyerere, assurait la liaison entre l’île d’Ukara et celle, située juste en face, d’Ukerewe, qui abrite la localité de Bugolora, où les habitants d’Ukara viennent régulièrement s’approvisionner.

Après le pape François vendredi, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a présenté ses condoléances «aux familles des victimes, au gouvernement et au peuple de la République unie de Tanzanie».