Monde

Mogadiscio en deuil

MOGADISCIO — La capitale somalienne Mogadiscio était en deuil dimanche au lendemain du dévastateur attentat au camion piégé, qui y a fait au moins 137 morts et 300 blessés selon la police, le plus meurtrier de l’histoire du pays.

D’autres sources font même état de 276 morts. Des centaines de personnes sont descendues dans les rues de Mogadiscio pour marquer leur réprobation à l’égard de cette attaque, qui a choqué les Somaliens, pourtant habitués aux attentats quasi quotidiens.

«Les gens ont en assez et maintenant il est temps de se lever ensemble et de dire non à la violence», a déclaré le maire de Mogadiscio, Tabid Abdi Mohamed, à l’issue d’une marche dans le sud de la capitale.

Cet attentat au camion piégé est survenu en milieu d’après-midi samedi au carrefour PK5, situé dans le district de Hodan, un quartier commercial très animé de la capitale avec ses magasins et ses hôtels.

Les bâtiments et véhicules situés à proximité ont été endommagés par la très forte explosion, qui a laissé de nombreux corps brûlés ou déchiquetés. Dimanche, les habitants de la capitale partageaient des noms et des photos sur Facebook pour tenter de retrouver des proches disparus.

«Nous avons confirmé pour l’instant 137 [morts], la plupart brûlés au point de ne pas être reconnaissables. Le bilan des morts peut être encore plus élevé, car il y a plus de 300 blessés, pour certains d’entre eux grièvement», a déclaré à l’AFP un responsable de la police, Ibrahim Mohamed.

«Il est très difficile d’avoir un chiffre précis parce que les cadavres ont été emmenés vers différents centres médicaux, et certains d’entre eux ont été enlevés directement par leurs proches pour être enterrés», a-t-il dit, ajoutant qu’il s’agissait du «pire attentat» ayant jamais frappé la Somalie.

Le précédent attentat le plus meurtrier en Somalie avait fait au moins 82 morts et 120 blessés en octobre 2011. Il avait déjà été mené par un camion piégé qui avait visé un complexe ministériel à Mogadiscio.

«Une attaque horrible»

Cet attentat n’a pas été revendiqué. Mais les islamistes somaliens shebab, liés à Al-Qaïda, qui lancent fréquemment des attaques et attentats-suicides dans Mogadiscio et ses environs, ont été pointés du doigt par les autorités.

Le président somalien Mohamed Abdullahi Mohamed, dit Farmajo, a visité dimanche l’hôpital Erdogan, où il a donné son sang pour les victimes. Il a décrété un deuil national de trois jours.

«C’est une attaque horrible menée par les shebab contre des civils innocents, qui ne visait pas des responsables gouvernementaux somaliens spécifiques. Cela montre combien ces éléments violents sont sans pitié, pour viser sans distinction des gens innocents qui ne faisaient que s’occuper de leurs affaires», a-t-il déclaré.

L’explosion s’est produite devant l’hôtel Safari, un établissement populaire qui n’est d’ordinaire pas fréquenté par des responsables gouvernementaux. Habituellement, les shebab visent plutôt les hôtels dans lesquels résident les responsables officiels.

Les shebab ont juré la perte du fragile gouvernement central somalien, soutenu par la communauté internationale et par les 22 000 hommes de la force de l’Union africaine (Amisom).

Toute la nuit et dans la journée de dimanche, les secouristes ont fouillé les décombres des immeubles touchés, pour essayer de retrouver de nouveaux corps et le bilan pourrait encore s’aggraver.

«Nous avons visité l’hôpital Medina et le directeur nous a dit que 218 corps morts avaient été admis depuis hier, dont 130 brûlés au point de ne pouvoir être reconnus», a indiqué sur son compte Facebook Abshir Ahmed, le président adjoint du Sénat somalien.

Ni le sénateur, ni le directeur de l’hôpital n’ont pu être joints pour confirmer cette information.

Actualités régionales

Remue-méninges pour la sécurité aquatique

Six membres de la Coalition pour la prévention des noyades d’Ottawa débarquent à Vancouver, ce lundi, pour participer à une conférence internationale regroupant près de 600 experts spécialisés en prévention des noyades. Une soixantaine de pays y sont représentés.

Les délégués d’Ottawa seront appelés à partager avec leurs confrères, leur modèle inédit d’échanges d’informations et d’expertises en ce qui a trait à la prévention des noyades chez nous. 

La Coalition regroupe en effet des intervenants des deux côtés de la rivière – policiers, pompiers, ambulanciers, infirmières, médecins ­– qui coordonnent leurs activités et partagent de l’information pour être plus efficaces sur le terrain.

Entre le début de cette année et le 26 septembre dernier, 81 noyades avaient eu lieu en Ontario, dont 9 dans l’Est ontarien. Au Québec, 46 personnes ont péri par noyade, dont 4 à Gatineau, durant la même période. Au Canada, les noyades font en moyenne 485 victimes par année et 372 000 dans le monde. Mais la noyade est aussi une cause de décès qui peut être enrayée par des stratégies adéquates; d’où l’intérêt d’échanger de l’information entre experts et intervenants.

La Conférence mondiale sur la prévention de la noyade se déroule tous les deux ans, en alternance dans un pays émergent et un pays industrialisé. Il y a deux ans, la Malaisie était l’hôte de la rencontre. Vancouver accueille les délégués, cette année.

Actualités régionales

MosaïCanada dépasse le 1,3 million de visiteurs

En fin de journée, dimanche, à la clôture de l’événement, l’exposition d’art floral MosaïCanada enregistrait environ 1 320 000 visites au compteur.

Le succès est tout à fait fulgurant, considérant le fait que les objectifs les plus optimistes, en début de saison, visaient les 800 000 entrées. Des visiteurs de l’étranger sont venus d’aussi loin que de l’Angleterre, la France, le Pérou et la Nouvelle-Zélande pour faire le tour des installations florales du parc Jacques-Cartier. En tout, 600 bénévoles et 350 employés et sous-traitants ont mis la main à la pâte pour assurer le succès de ces 107 jours d’exposition. Les chiffres et statistiques finaux seront dévoilés dans environ deux semaines et on devrait savoir d’ici décembre si l’exposition reviendra l’an prochain.

Justice et faits divers

Un caporal réprimandé pour ses critiques de la direction de la GRC

Un caporal de la Gendarmerie royale du Canada qui a perdu trois de ses collègues et amis lors d’une fusillade au Nouveau-Brunswick dit avoir été réprimandé pour s’être montré critique envers ses supérieurs.

Le caporal Patrick Bouchard dit avoir reçu un document qualifiant d’inacceptables les propos qu’il a tenus le 29 septembre — et qu’il réaffirme.

M. Bouchard s’était fait entendre à la télévision après qu’un juge eut trouvé la Gendarmerie royale du Canada (GRC) coupable de ne pas avoir fourni à ses agents l’équipement et la formation appropriés dans le cadre de la fusillade meurtrière survenue en juin 2014, à Moncton. Les gendarmes Fabrice Gevaudan, Dave Ross et Doug Larche sont alors tombés sous les balles du tireur Justin Bourque, qui a aussi blessé deux autres policiers.

Le caporal Bouchard, qui compte 15 années de service, estime que ce verdict a levé le voile sur le fossé entre les officiers supérieurs de la GRC et les gendarmes sur le terrain. Le vétéran posté à Miramichi, au Nouveau-Brunswick, a d’ailleurs souligné l’absence de dirigeants du corps policier dans la salle d’audience.

La GRC dit avoir été représentée par ses avocats en cour.

En entrevue téléphonique avec La Presse canadienne, Patrick Bouchard a rapporté que sa fiche de rendement indique qu’il ne satisfait pas les « compétences de base » exigées par son poste. Le code de conduite de la GRC exige que ses membres « se comportent d’une manière qui n’est pas susceptible de discréditer la Force ».

Le caporal âgé de 40 ans n’a pas été puni pour ses propos, mais il croit que des sanctions pourraient être en préparation.

« Je ne crois vraiment pas que j’aie fait quoi que ce soit de mal en parlant franchement, a-t-il lancé. J’ai contesté les officiers supérieurs et leur manque de soutien, et je me fais réprimander. »

Le caporal reconnaît toutefois que la GRC a adopté quelques mesures pour améliorer l’équipement de ses membres depuis la tuerie de 2014.

La carabine C8 s’est trouvée au cœur du procès qui a mené au verdict de culpabilité de la GRC pour avoir contrevenu au Code du travail.

Dans leur témoignage, plusieurs agents ont dit s’être sentis sous-armés contre le tireur, qui avait pour cible les policiers.

Le juge Leslie Jackson a virulemment critiqué le délai de déploiement des carabines au moment de la fusillade.

La GRC a refusé de préciser si des membres de sa direction assisteraient à l’audience de détermination de la peine prévue en novembre.

« Il n’y a pas de changement à la GRC, avance Patrick Bouchard. J’ai espoir qu’il y aura du changement, mais le fait que les officiers supérieurs ne se pointent pas démontre à mes yeux l’absence de volonté de changer. »

Il estime que la présence d’un dirigeant aurait démontré que la sécurité et la santé des policiers constituent une priorité du corps policier et aurait permis d’amorcer un « processus de guérison ».

Patrick Bouchard dit avoir reçu une vague de messages de soutien d’autres membres subalternes de la GRC qui partagent son avis.

« Notre carrière est un très petit prix à payer pour mettre ses enjeux en lumière, a-t-il avancé. Mes amis n’avaient pas à mourir. »

Santé

Alzheimer: le défi des prochaines décennies

Si les prévisions sont exactes, le nombre de personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer — ou d’une autre forme de démence — triplera au Canada d’ici une trentaine d’années.

Pour les experts, cette situation est particulièrement préoccupante puisqu’il s’agit d’une maladie dégénérative qui affecte non seulement la personne atteinte, mais aussi de façon importante les membres de leur entourage. La progression de cette maladie risque d’une part de mobiliser les spécialistes en santé cérébrale, mais également de forcer l’ajout de ressources pour appuyer les proches aidants.

« Souvent, ce que l’on va voir, c’est un proche aidant hospitalisé avant la personne atteinte. Un proche aidant qui va s’être épuisé, qui va être au bout du rouleau, qui a une santé fragilisée. Ce n’est rien pour aider la personne atteinte », souligne la directrice générale de la Société Alzheimer de l’Outaouais québécois (SAOQ), Anne Villeneuve.

Une séance d’information ouverte au public se tiendra à l’Université d’Ottawa, mercredi soir, dans le cadre de la Semaine de sensibilisation à la santé cérébrale organisée par l’Institut de recherche sur le cerveau de l’Université d’Ottawa.

Selon la Dre Nafissa Ismail, cet événement servira d’abord et avant tout à informer le grand public sur cette maladie et ce qu’elle implique pour les proches de la personne atteinte. En plus de chercheurs qui offriront un aperçu de l’avancement de la recherche sur l’Alzheimer, un travailleur social qui accompagne les proches aidants sera du panel, ainsi qu’un avocat qui présentera le côté financier et légal.

« On espère vraiment que le public va trouver ça informatif et qu’il apprend beaucoup, autant sur la recherche actuelle, les nouvelles idées, mais aussi de comprendre l’impact et la nécessité de trouver une solution rapide », soutient la Dre Ismail.

Prêts pour 2050 ?

Il semble assez clair, tant pour la Dre Ismail que pour Mme Villeneuve que le réseau de la santé n’est pas prêt à prendre en charge le million de Canadiens supplémentaire qui sera atteint d’Alzheimer ou d’autres formes de démence d’ici 2050.

Pour la psychologue, c’est d’abord et avant tout une question de ressources. Celles-ci étant limitées, il faut trouver d’autres moyens afin de réduire la pression sur le système de santé. Pour la Dre Nafissa Ismail, il deviendra essentiel que la recherche permette des avancées afin de prévenir, ralentir la progression, voire guérir l’Alzheimer.

De son côté, Anne Villeneuve insiste : un organisme comme la SAOQ doit obtenir les moyens d’accroître son offre de services aux proches aidants. Elle invite d’ailleurs le public à faire un don sur le site web de l’organisme (www.saoq.org).

Politique fédérale

Le NPD lance une opération séduction

Le chef du Nouveau Parti démocratique, Jagmeet Singh, a amorcé dimanche une tournée qui l’amènera dans chaque province et territoire du Canada afin de se faire connaître en vue du congrès de la formation, en février.

L’un des objectifs du nouveau chef est d’exploiter le potentiel de son parti dans les circonscriptions en banlieue de Toronto et de Vancouver.

L’ancien directeur national du NPD Karl Bélanger estime qu’il pourrait s’agir d’un virage comme la formation n’en a jamais vu depuis sa percée historique au Québec en 2011.

Il n’y a toutefois aucune garantie que Jagmeet Singh pourra accomplir un tour de force dans les circonscriptions compétitives, prévient-il, ajoutant que le NPD ne doit pas perdre de vue sa base électorale du Québec, où il détient 16 sièges.

Le stratège néo-démocrate Robin MacLachlan, également vice-président aux affaires publiques pour Summa Strategies, juge que pour ce faire, M. Singh devra visiter la province rapidement et fréquemment.

Il l’a déjà fait aux côtés de son leader parlementaire, Guy Caron, en vue de l’élection partielle dans Lac-Saint-Jean prévue le 23 octobre.

Actualités

Collision entre un avion et un drone: une première qui inquiète

MONTRÉAL — Le ministre fédéral des Transports se dit «extrêmement soulagé» qu’une collision entre un drone et un avion commercial — une première au Canada — n’ait pas causé de dommage important à l’appareil. L’avion a pu se poser sans problème à l’aéroport Jean-Lesage à Québec, jeudi dernier.

Le ministre Marc Garneau a annoncé dimanche matin dans un communiqué qu’un accident était survenu entre un appareil commercial de la compagnie Skyjet et un drone, ces aéronefs sans pilote qui sont contrôlés à distance.

Selon le ministre, il s’agirait du premier accident du genre au Canada.

M. Garneau dit suivre la situation de près et être en contact avec tous les intervenants impliqués, dont le Service de police de Québec et le Bureau de la sécurité des transports (BST), qui n’a pas encore annoncé s’il allait ouvrir une enquête.

Chris Krepski, porte-parole au BST, a affirmé que le BST évaluait en ce moment la situation et qu’il déterminerait dans les prochains jours s’il enquêtera sur l’incident.

Selon les nouvelles règles de Transports Canada, l’usage d’un drone à des fins de loisirs est interdit dans un rayon de moins de 5,5 kilomètres autour de tout aéroport et à plus de 300 pieds au-dessus du niveau du sol (environ 90 mètres).

Personnalité de la semaine

Le succès de MosaïCanada 150

L’exposition MosaïCanada 150 / Gatineau 2017 présentée au parc Jacques-Cartier à Gatineau cet été a connu un succès extraordinaire et a été un événement marquant du 150e anniversaire de la Confédération. Cette reconnaissance souligne le grand talent de ses artisans exprimé magnifiquement dans des chefs-d’œuvre horticoles. Pour le dynamisme de son équipe et des 600 bénévoles qui ont travaillé d’arrache-pied pour sa réussite, Le Droit et Radio-Canada lui décernent le titre de Personnalité de la semaine.

L’exposition MosaïCanada 150 a attiré plus de 1 300 000 visiteurs cet été au parc Jacques-Cartier, une réussite remarquable qui a dépassé toutes les prévisions parmi tous les événements marquant le 150e anniversaire de la Confédération.

Derrière cette grande aventure historique, toute une équipe a travaillé d’arrache-pied pour que les œuvres horticoles préparées avec soin par ses artisans nous transportent dans un kaléidoscope riche et surprenant par ses formes et ses couleurs.

Pendant les 107 jours de l’exposition, 600 bénévoles ont donné de leur temps pour accueillir les visiteurs. Des jeunes, des adultes, mais surtout des aînés venus de tous les milieux ont été de vrais ambassadeurs parce qu’ils voulaient contribuer au succès de l’événement.

Magali Lewis et Christine Bacon, toutes deux de Gatineau, ont été les architectes et responsables de cette équipe de bénévoles généreux. Elles ont travaillé ensemble pour réunir l’équipe et maintenir « la flamme », un défi auquel les bénévoles ont répondu par leur présence continue, beau temps, mauvais temps.

« En moyenne, il y avait toujours entre 25 et 40 bénévoles. La majorité était composée de personnes à la retraite qui étaient très dévouées. Ils ont été extraordinaires. Ils ont tissé de liens entre eux. Je suis certaine qu’ils vont continuer à se revoir » a raconté Magali Lewis, directrice des opérations et de la coordination, qui a initié les démarches pour l’équipe des bénévoles qu’a ensuite dirigée Christine Bacon, gestionnaire des bénévoles, jusqu’à la fin de l’exposition.  

« Au début, je suis venue moi-même avec l’idée d’être bénévole. Mais je trouvais le projet tellement emballant que je suis allée voir la direction pour dire que je voulais faire partie de cette équipe », a raconté Christine Bacon. 

Certains sont venus plus de 50 fois donner de leur temps, soit une journée sur deux, alors qu’un d’entre eux, Denis Gaudreau, est venu prêter main-forte plus de 100 fois, soit presque tous les jours. 

« Les bénévoles ont été formidables. Les jeunes, les adultes, les aînés. On se parlait des rencontres avec des gens venus du monde entier, avec les yeux pétillants. Il y avait beaucoup de joie qui rayonnait à travers tout cela. Ce fut une expérience extraordinaire » a témoigné Christine Bacon, en parlant des centaines de bénévoles qui étaient sous son aile.

De nombreux visiteurs ont déjà pris la peine d’envoyer un courriel à l’équipe pour souligner qu’ils avaient aimé l’exposition et leur visite. « Quand les gens étaient sur le site, ils étaient heureux. Et quand ils quittaient, ils avaient encore le sourire, encore éblouis par l’exposition. C’était remarquable », a raconté Magali Lewis.

Actualités régionales

Julien tatoué sur le corps

Le 13 juillet 2016, Julien Lepage, un jeune homme de 19 ans, s’amusait avec ses copains en faisant du wakesurfing, un sport nautique dans le cadre duquel un surfeur glisse sur la vague produite par un bateau, et ce, sans corde. Pour une raison encore inconnue, Julien s’effondre et disparaît dans les eaux du lac Sainte-Marie à Saint-Adolphe-d’Howard dans les Laurentides. Les plongeurs de la Sûreté du Québec ne repêcheront son corps que le lendemain.

On savait depuis janvier 2016 que Julien était épileptique. Est-ce là la source du malaise qui l’a emporté ? Plus d’un an après sa mort, le rapport d’autopsie n’est toujours pas prêt. Mais malgré la douleur sourde qui l’accablait, le père de Julien, Louis-André Lepage, décidait, quelques semaines après la mort de son fils, d’organiser une course et une marche caritatives qui portent son nom et dont les revenus seraient versés à des Gatinois qui ont besoin d’aide médicale et qui n’ont pas les moyens de se procurer certains services ou biens non couverts par l’État. 

À la première édition de la Course Julien-Lepage, 239 personnes achetèrent le fameux bracelet à 20 $ et on amassa ainsi 7000 $. Un succès pour un événement, hier encore, tout à fait inexistant.

Cette année, dimanche matin, la famille Lepage récidivait et un premier peloton de coureurs quittait la ligne de départ au parc du lac Beauchamp, suivi d’un deuxième groupe de marcheurs, pour un itinéraire de 5 km. Malgré le temps maussade, 158 participants se sont présentés à l’événement de ce week-end. Plus de 4 600 $ ont été amassés pour l’occasion.

Un jeune homme d’exception

La mort de Julien en a surpris et choqué plus d’un. Son jeune âge et sa nature sociable n’allaient pas de pair avec une fin aussi précoce et brutale. 

« Il y a, à peu près, une trentaine de ses amis et connaissances qui se sont fait tatouer son nom sur le corps [...] qui se sont fait tatouer sa date de décès et des choses qui le symbolisaient comme des skis, des choses comme ça », raconte son père. 

Des amis ont même fait imprimer des chandails dont l’un d’eux, orné d’un cœur, porte le slogan : Lepage Squad. Certains des amis du défunt portent même encore sur eux sa photo, lors de festivals ou de rencontres d’amis, pour l’inclure dans leurs activités. 

À sa mort, le salon funéraire fut littéralement pris d’assaut et près de mille personnes s’y présentèrent en deux jours ; l’église accueillit, elle, 600 parents et amis, se rappelle son père. Julien était exceptionnellement populaire et apprécié. « Les bénévoles qui nous ont aidés l’an dernier étaient tous au rendez-vous cette année et beaucoup de gens qui ont participé l’an dernier nous ont dit qu’ils avaient ressenti beaucoup de chaleur humaine. [...] C’est pas vraiment une question d’argent. Nous, ce qu’on veut faire, c’est honorer la mémoire de notre garçon et aussi perpétuer son esprit d’entraide », conclut Louis-André Lepage.

Actualités régionales

Faire le mort pour sauver des vies

Une vingtaine de militants écologistes de l’organisme de défense des droits des animaux Direct Action Everywhere se sont couchés par terre en plein trottoir devant la boutique de vêtements NRML de la rue Rideau à Ottawa, samedi après-midi.

Les manifestants voulaient ainsi encourager les consommateurs à boycotter les produits Canada Goose, composés en partie de fourrures de coyotes sauvages trappés et de plumes de canards et d’oies. Le groupe s’insurge également contre les étiquettes de vêtements qui diffusent des messages faussement éthiques indiquant aux consommateurs que les animaux ont été traités avec civilité avant de les transformer en vêtements d’hiver.

Les manifestants se sont d’abord retrouvés au parc de la Confédération au Mémorial des animaux de guerre pour ensuite se déplacer jusqu’à la boutique de mode de la rue Rideau. Tam-tam, slogans scandés et discours ont précédé la mise à mort fictive des manifestants qui se sont étendus par terre, au grand étonnement des passants.

L’industrie de la mort

L’écologiste Michele Thorn soutient que trois millions d’animaux à fourrure sont exécutés chaque année au Canada; la moitié dans des fermes d’élevage et l’autre 50% par la trappe, une activité illégale dans une quarantaine de pays, dit-elle. Les animaux pris dans un piège peuvent y rester prisonniers jusqu’à une semaine, avant d’être abattus, explique madame Thorn. Une fois piégé, l’animal souffrira de pertes de sang, d’un choc nerveux, de déshydratation, d’hypothermie, de gangrène ou sera attaqué par un autre prédateur. Quant aux oies et canards, une fois leurs gorges tranchées, ils sont jetés dans l’eau bouillante pour en recueillir les plumes.

Le groupe écologiste encourage donc les consommateurs à opter pour les solutions de rechange synthétiques hypoallergènes.

«Je pense que c’est important d’éveiller les consciences ici [...] Malheureusement, y a une recrudescence (de consommation) au niveau de la fourrure. Y a aussi du côté du Québec, [...] une compagnie qui utilise de la fourrure recyclée pour faire de la décoration sur des portefeuilles, des porte-clés, tout ça... Ils disent: ah, c’est écologique parce que c’est de la fourrure recyclée. Ben non, y a un animal qui est mort pareil. [...] En 2017, on n’a pas besoin de fourrure; c’est pas vrai ça,» explique la militante Marie Aubin.