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Actualités

Du Côté de 2019

Le nouveau recueil de caricatures d’André-Philippe Côté est sur les tablettes des librairies, et vous pouvez l’offrir à votre mère, votre frère, au facteur, à votre professeur, à la belle-mère, au jeune cousin…

«J’aime montrer que la politique c’est quelque chose de tous les jours, de montrer comment la politique existe dans le quotidien des gens, que ce n’est pas une sphère séparée du monde, une bulle au pouvoir», laisse savoir Côté, le caricaturiste du journal Le Soleil.

Il signe son 22e album, De tous les... Côté 2019, et revient sur les rebondissements de l’année 2019 avec un regard amusé et humaniste.

«Il y a des enfants de 10 ans qui l’achètent et ils regardent les dessins, les jokes. En même temps, ils s’initient à la politique, ils posent des questions. J’ai des profs de philo, des chauffeurs de taxi… C’est quelque chose qui s’adresse à tout le monde. J’ai toujours aimé les artistes qui ne s’adressent pas seulement à une tranche de la population.»

La politique dans la vie des gens

En faisant sa sélection de l’année, Côté a été frappé par le nombre plus petit de têtes politiques dans ses dessins. 

«J’ai fait plus de social, plus d’écologie. J’ai décollé de la politique et ça me fait plaisir parce que la politique québécoise est très redondante. Toujours les mêmes débats… comme la laïcité, les hôpitaux et les urgences. Ça fait combien de temps qu’on en parle? Et ce n’est pas fini.» 

Il préfère parler des usagers, des gens. Le caricaturiste est d’avis qu’il y a moyen de parler de politique, sans parler des politiciens.

«L’impact de la politique sur la vie du quotidien, c’est ça qui m’intéresse. Ils sont tous habillés pareils. Ils ont tous tendance à éliminer le moindre détail qui dépasse, alors que ce n’était pas le cas dans les années 60. Il y a un conformisme vestimentaire, comportemental en politique qui s’est tranquillement installé», explique-t-il.

D’ailleurs, c’est pour cette raison que Catherine Dorion l’a le plus amusé cette année, c’est peut-être même un petit coup de cœur.

«Elle fait bouger. Je sais que ce n’est pas des enjeux majeurs. Mais c’est un personnage agréable à dessiner… surtout que maintenant le maire Labeaume est plus effacé, plus discret. Il continue à œuvrer, mais on le voit moins.»

Parmi les nouvelles catégories, il est impossible d’oublier le président américain Donald Trump, qui en a fait voir de toutes les couleurs, encore une fois. 

«À lui tout seul il pourrait faire un livre. C’est invraisemblable, mais ça existe… Il envenime beaucoup la politique un peu partout et il inspire d’autres personnages du même genre, mais il fallait le laisser.» 

Actualités

ACEUM: le Mexique s'objecte à un projet de loi du Congrès américain

MÉXICO — Quelques jours à peine après un accord sur l'entente commerciale remplaçant l'Accord de libre-échange nord-américain, le Mexique s'est opposé samedi à la mesure législative présentée au Congrès américain menant à sa ratification.

Le sous-secrétaire du ministère mexicain des Relations extérieures et négociateur en chef pour l'Amérique du Nord, Jesus Seade, a dit que la majeure partie du projet de loi est conforme au processus typique de ratification, mais il condamne la «désignation d'un maximum de cinq attachés américains au Mexique chargés de surveiller la mise en oeuvre de la réforme du travail en cours».

Selon lui, cet ajout ne fait pas partie de l'accord signé le 10 décembre à Mexico par le Mexique, les États-Unis et le Canada pour remplacer l'Accord de libre-échange nord-américain, ou l'ALENA. Il s'agit plutôt d'une «décision politique par le Congrès et le gouvernement des États-Unis.»

Il a ajouté que son pays aurait dû être consulté à ce sujet. «Nous ne sommes évidemment pas d'accord.»

Le Mexique résiste à l'idée d'accueillir des inspecteurs étrangers sur son sol en dehors des principes de souveraineté. L'accord prévoit qu'un comité de trois personnes sera mis en place pour résoudre les plaintes sur le travail et autres domaines. Les États-Unis doivent choisir une personne de ce comité, le Mexique un deuxième tandis que le dernier sera nommé par un pays tiers convenu entre les deux gouvernements.

M. Seade a soutenu que la désignation des attachés américains était «inutile et redondante». La présence de fonctionnaires étrangers doit être autorisée par le pays hôte.

«Les attachés américains accrédités auprès de leurs ambassade et consulats au Mexique ne peuvent en aucun cas avoir des pouvoirs d'inspection en vertu de la loi mexicaine», a-t-il souligné.

M. Seade a envoyé une lettre au représentant américain au commerce, Robert Lighthizer, exprimant «la surprise et l'inquiétude» du Mexique à ce sujet. Il compte se rendre dimanche à Washington dimanche pour transmettre personnellement le message à M. Lighthizer et aux législateurs américains.

«Nous nous réservons le droit de revoir la portée et les effets de ces dispositions, que notre gouvernement et notre peuple verront sans aucun doute comme inutiles, a écrit Seade dans la lettre. De plus, je vous informe que le Mexique évaluera non seulement les mesures proposées dans le [projet de loi...] mais aussi la mise en place de mécanismes réciproques pour défendre les intérêts de notre pays.»

Justice et faits divers

La police ontarienne enquête sur le vol de 19 chiots d'un chenil

ELORA — La Police provinciale de l'Ontario (PPO) enquête sur le vol de 19 chiots d'un chenil de la région de Guelph, en Ontario.

Elle a indiqué que le vol est survenu sur une propriété rurale, à Pilkington Township, au nord de Guelph.

Selon la PPO, le propriétaire avait publié une liste des chiots dans une petite annonce sur Internet.

Les enquêteurs ont indiqué que les chiots étaient âgés de 10 semaines.

Il a sept goldendoodles, un mélange de caniche standard et de golden retriever, et 12 labradoodles, un mélange de caniche standard et de labrador retriever.

La police a demandé l'aide de la population.

Justice et faits divers

QuadrigaCX: les clients veulent savoir si le fondateur est vraiment mort

HALIFAX — Les avocats de clients ayant perdu des millions de dollars dans la faillite de la plateforme d'échange de cryptomonnaie QuadrigaCX ont officiellement demandé à la GRC d'exhumer les restes du fondateur de la firme.

Dans une lettre publiée vendredi sur son site Internet, le cabinet juridique Miller Thomson LLP de Toronto demande au Programme des délits commerciaux de la GRC de procéder à une autopsie sur le corps de Gerald Cotten pour confirmer son identité et la cause du décès.

La lettre indique qu'il est important de savoir si «M. Cotten est vraiment décédé». Le cabinet demande que le processus d'exhumation soit achevé d'ici le printemps 2020.

Cotten, qui dirigeait l'entreprise depuis son domicile situé à l'extérieur de Halifax, est décédé subitement en décembre 2018 lors d'un voyage en Inde. À titre de pdg de QuadrigaCX et administrateur unique, il était le seul à avoir accès aux portefeuilles froids censés contenir la cryptomonnaie de ses clients.

Plus de 76 000 créanciers chirographaires, presque tous des clients QuadrigaCX, se sont manifestés pour réclamer 214,6 millions $ — 74,1 millions $ en espèces et 140,5 millions $ en cryptomonnaie.

La demande d'exhumation a considérablement fait de la peine à la veuve de M. Cotten, Jennifer Robertson, a indiqué son avocat Richard Niedemayer dans une déclaration transmise par courriel.

«Gerry est décédé le 9 décembre 2018 en Inde, peut-on lire dans la déclaration. On ne sait pas comment l'exhumation ou une autopsie pour confirmer la cause du décès de Gerry à la suite de complications résultant de la maladie de Crohn pourrait aider davantage le processus de récupération des avoirs.»

Dans un règlement annoncé en octobre, Mme Robertson et la succession de M. Cotten avaient accepté de restituer environ 12 millions $ d'actifs pour aider à rembourser les utilisateurs de la plateforme. Parmi ces actifs figuraient des propriétés en Nouvelle-Écosse et en Colombie-Britannique, un petit avion, des «véhicules de luxe», un voilier, des investissements et de l'argent, ainsi que des pièces d'or et d'argent.

Le syndic de faillite Ernst and Young a découvert lors d'une enquête que l'entreprise avait faussé les rapports financiers et que des volumes importants de cryptomonnaies avaient été transférés sur des comptes personnels contrôlés par M. Cotten.

Dans une déclaration publiée au moment du règlement, Mme Robertson a déclaré qu'elle n'était pas au courant de la façon dont son mari exploitait l'entreprise ni de son utilisation des fonds des utilisateurs.

Santé

S’entraîner et être actif aident la mémoire et repoussent la démence

Pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, les personnes âgées sont plus nombreuses que les jeunes. Cela présente un défi de taille pour le domaine de la santé.

La démence est sans doute ce qu’il y a de plus effrayant – une condition débilitante qui gomme la mémoire ; une maladie sans guérison possible, du moins pour l’instant.

Mais nous n’y sommes pas nécessairement condamnés. Car l’activité physique nous protège contre la perte de nos souvenirs, et selon nos plus récentes études, il n’est jamais trop tard pour s’y mettre.

En tant que professeur associé du département de kinésiologie de l’Université MacMaster, je dirige une équipe de chercheurs du NeuroFit lab où nous avons démontré que l’inactivité physique contribue tout autant que la génétique au risque de démence.

Nos recherches suggèrent que l’intensité des exercices est un élément significatif. Nous avons recruté des personnes âgées sédentaires dans un nouveau programme d’activités physiques, et en à peine douze semaines, leur mémoire s’est améliorée. Mais cela s’est produit uniquement chez ceux ayant marché à plus forte intensité, et leur regain de mémoire était directement lié à l’amélioration de leur condition physique.

L’étape suivante nous permettra de comprendre comment l’activité physique modifie l’activité cérébrale – afin que nous puissions établir des routines sur mesure pour contrer les effets du vieillissement sur la santé du cerveau.

S’entraîner pour un cerveau sain

Alors que la population vieillit, nous courons tous le risque d’être atteint de démence. Car une part de notre destin est prédéterminée par des facteurs biologiques. Le vieillissement est un facteur de risque primordial pour la démence, et certains gènes en augmentent aussi la probabilité.

Mais nous avons récemment commencé à reconnaître le rôle joué par notre hygiène de vie. De nouveaux éléments de preuve pointent vers une diminution des cas de maladies neurodégénératives et ce, malgré le vieillissement de la population. Et la raison s’en trouve dans l’amélioration de nos conditions de vie, de l’éducation, et des soins de santé.

L’un des plus grands risques qui changent la donne, c’est l’inactivité physique. Et c’est ce constat qui nous offre la possibilité de former un cerveau en meilleure santé.

L’activité physique fait baisser les risques

Une étude menée par mon laboratoire a analysé l’interaction entre la génétique et l’activité physique sur un groupe de plus de 1600 personnes âgées qui prenaient part à la Canadian Study of Health and Aging.

Environ 25 pour cent de notre échantillon présentaient des risques de démence d’ordre génétique, mais ce n’était pas le cas de la majorité (environ 75 pour cent). Cet échantillon est représentatif de la population dans son ensemble. Aucun des participants ne présentait de symptômes de démence au début de l’étude, et nous avons effectué le suivi cinq ans plus tard.

Voici ce que nous avons trouvé : 21 pour cent des personnes à risque du fait de leur bagage génétique ont développé des symptômes de démence, et l’activité physique n’a eu aucun effet sur eux. Par contre, chez les sujets sans risque génétique, ceux qui étaient actifs physiquement présentaient des risques bien plus faibles de démence que ceux qui étaient inactifs.

De manière critique, les inactifs ont présenté un niveau de risque équivalent à ceux qui étaient génétiquement prédisposés à la démence. Autrement dit, l’inactivité physique peut provoquer la démence même si les gènes n’y prédisposent pas. On ne peut changer ses gènes, mais on peut changer de mode de vie !

L’exercice agit comme de l’engrais

Il s’avère que l’activité physique aide à la régénération du cerveau : elle fait pousser de nouveaux neurones au niveau de l’hippocampe, ce qui améliore la mémoire.

Bien que nous ne comprenions pas parfaitement ce fonctionnement, nous savons que l’exercice fait augmenter le facteur neurotrophique dérivé du cerveau (BDNF), qui agit tel un fertilisant favorisant la croissance, le fonctionnement, et la survie des nouvelles cellules.

Ces nouveaux neurones s’agencent comme les pièces d’un puzzle, dont chaque élément représente un aspect différent de la mémoire. Lorsque nous disposons de plus de nouveaux neurones, nous sommes capables de créer des souvenirs plus détaillés et moins susceptibles d’être erronés. Par exemple, on se souviendra si l’on a pris ses médicaments hier ou aujourd’hui, ou encore où on a garé sa voiture dans un stationnement encombré.

Nous avons démontré que l’activité physique améliore la neurogénèse de la mémoire, que ce soit chez les jeunes adultes comme chez les plus âgés.

La transpiration, ça compte !

Les aînés ont pris part à trois séances hebdomadaires. Certains ont pratiqué des entraînements fractionnés de haute intensité, d’autres des entraînements continus d’intensité modérée, tandis qu’un groupe témoin n’a pratiqué que des étirements.

Le protocole d’entraînement fractionné à haute intensité comprenait quatre ensembles de quatre minutes d’exercice sur tapis roulant, suivis d’une période de récupération. Celui de l’entraînement continu d’intensité modérée comprenait une période d’exercices aérobiques d’intensité moyenne sur une durée de 50 minutes. Chaque exercice était adapté pour tenir compte de la forme physique des participants.

Seuls les aînés faisant partie du groupe à d’entraînement fractionné à haute intensité ont présenté des symptômes d’amélioration au niveau de la mémoire neurogénétique. Aucune amélioration n’a été constatée chez les personnes ayant suivi un programme d’entraînement continu d’intensité modérée, pas plus que chez le groupe témoin.

Ces résultats sont prometteurs, car ils suggèrent qu’il n’est jamais trop tard pour bénéficier d’une santé cérébrale améliorée en étant actif. Mais si vous commencez sur le tard et voulez des résultats rapides, il vous faudra augmenter l’intensité de vos exercices.

Vous pouvez y parvenir en incorporant des collines dans votre routine pédestre quotidienne, et en accélérant le rythme entre deux poteaux. Cela vous permettra de tenir la démence à distance et de contribuer à une vieillesse en santé pour une population de plus en plus nombreuse.

Actualités

Harcèlement: des sénateurs veulent retirer le titre d'«honorable» à Don Meredith

OTTAWA — Des sénateurs tenteront de retirer le titre d'«honorable» à l'ancien sénateur Don Meredith, accusé de harcèlement sexuel et psychologique par d'ex-employés, en 2020. Mais tous ne s'entendent pas sur la façon de procéder.

Le président du comité sénatorial sur l'éthique, Serge Joyal, a présenté une motion plus tôt cette semaine pour inviter le premier ministre Justin Trudeau à recommander la révocation du titre «honorable» de M. Meredith à la gouverneure générale Julie Payette.

C'est Mme Payette, comme représentante de la reine, qui aurait le dernier mot sur cette décision. Il s'agirait d'une première au pays.

Les agissements qui sont reprochés à M. Meredith remontent à 2013 et 2014. Six de ses anciens employés et une agente du Parlement allègues qu'il aurait posé des gestes de harcèlement, allant de hurlements et de menaces, à des attouchements non désirés et l'exposition de ses parties génitales.

Ces allégations n'ont jamais été prouvées devant les tribunaux. Mais le plus récent rapport à son sujet, réalisé par le conseiller sénatorial en éthique et rendu public cet été, en est venu à la conclusion que les témoignages des ex-employés étaient crédibles.

M. Meredith a démissionné en 2017 avant de faire face à un vote d'expulsion. Il était tombé en disgrâce pour une autre affaire — il a été révélé qu'il avait entretenu une relation avec une adolescente de 16 ans.

Le titre d'«honorable» est accordé à certains dignitaires fédéraux même après leur retraite ou leur démission. M. Joyal est d'avis que si le titre d'«honorable» est retiré en bonne et due forme, M. Meredith aura à porter la «honte» de cette décision.

Cela ne changera rien au fait, toutefois, que M. Meredith continuera de toucher une pension à vie, ayant accumulé plus de six ans d'expérience au moment de démissionner.

M. Joyal veut permettre à M. Meredith de témoigner devant le comité sénatorial de l'éthique pour plaider sa cause au plus tard le 30 janvier 2020. «Comme on crée un précédent, il est important à mon avis, qu'on respecte [...] la capacité de l'accusé d'être entendu», justifie M. Joyal, en entrevue.

La sénatrice Josée Verner a déposé une motion semblable à celle de M. Joyal, mais sans offrir à M. Meredith de témoigner.

Elle s'indigne du fait qu'un présumé agresseur pourrait venir se défendre devant un comité du Sénat, alors que certaines des présumées victimes de M. Meredith ont tenté par le passé de se faire inviter elles aussi pour témoigner en vain.

«Pour elles, [...] c'est une gifle d'entendre que Meredith pourrait encore une fois se faire entendre, mais pas elles», a critiqué Mme Verner, plus tôt cette semaine.

Certaines présumées victimes de M. Meredith songent à entamer une poursuite au civil contre le Sénat devant la lenteur des procédures à leur endroit. Elles n'ont eu droit à aucune compensation financière, six ans après les événements reprochés.

Justice et faits divers

Les douaniers saisissent 166 kilos de cocaïne à la frontière canado-américaine

MONTPELIER — Les douaniers américains ont saisi 166,6 kilos de cocaïne cachée dans un camion se préparant à entrer au Québec au poste frontalier de Derby Line, peut-on lire dans un document judiciaire.

La drogue, répartie dans 142 paquets en forme de brique, a été découverte au petit matin du 7 décembre par des agents du U.S. Customs and Border Protection grâce à un chien renifleur. Elle avait été placée dans un compartiment secret, ajoute l'affidavit.

Ce compartiment avait été remarqué étant vide deux jours auparavant par des agents américains lorsque le véhicule est entré aux États-Unis à Alexandria Bay, dans l'État de New York.

Le conducteur du camion immatriculé au Québec, Jason Nelson, a été accusé de possession avec l'intention d'en faire le trafic devant la cour fédérale de Plattsburgh. Son âge et sa nationalité n'ont pas été précisés dans les documents judiciaires.

Nelson est détenu en attendant sa comparution prévue la semaine prochaine. Son avocat n'a pas rappelé l'Associated Press.

Le camion avait fait l'objet d'une fouille à Alexandria Bay lorsqu'un chien renifleur avait détecté l'odeur résiduelle de narcotique. Les agents ont découvert un compartiment caché fabriqué à la maison à l'avant du véhicule, relate le document.

Le prévenu se dirigeait vers Tremont, en Pennsylvanie. Son camion transportait des meubles.

Lorsque Nelson est arrivé au poste frontalier de Derby Line, au Vermont, avant d'entrer au Canada, un peu avant 1h30, le 7 décembre, il a déclaré aux agents que son camion était vide.

Un autre chien a aussi remarqué la présence de narcotique. Une fouille plus approfondie a permis aux douaniers de découvrir la drogue. Un examen a permis de déterminer qu'il s'agissait de cocaïne.

Bobsleigh

Kripps mène le Canada à la victoire à la 1re course de bob à 4 de la saison

LAKE PLACID — Justin Kripps a mené l'équipage canadien à la victoire lors de la première course de bobsleigh à quatre de la saison sur le circuit de la Coupe du monde.

Il s'agit d'une deuxième victoire consécutive à Lake Placid pour le Canada.

Kripps et ses coéquipiers Ryan Sommer, Cameron Stones et Benjamin Coakwell ont terminé leurs deux descentes en une minute, 49,50 secondes (1:49,50). La Lettonie, menée par Oskars Kibermanis, a terminé deuxième en 1:49,89, devant l'équipage autrichien de Benjamin Maier, troisième en 1:49,97.

C'est seulement la deuxième fois en 17 courses de bob à quatre que l'Allemagne ne termine pas sur le podium. La dernière avait également eu lieu à Lake Placid. Francesco Friedrich et Johannes Lochner ont mené leurs équipages à une égalité en quatrième place.

Une autre épreuve de bobsleigh à quatre est prévue dimanche.

Les femmes seront en piste plus tard samedi.

Patinage de vitesse

La Canadienne Ivanie Blondin gagne une 5e médaille d'or consécutive

NAGANO — L'Ottavienne Ivanie Blondin a gagné une cinquième médaille d'or consécutive sur le circuit de la Coupe du monde de patinage de vitesse, cette fois au 3000 m.

Ses cinq victoires ont d'ailleurs été acquises en cinq épreuves différentes: au 5000 m, 1500 m, en poursuite par équipe, au départ de masse et au 3000 m à Nagano, au Japon.

Blondin a stoppé le chrono à quatre minutes, 0,243 secondes (4:00,243), lui procurant un record de piste du M-Wave Arena. Elle a devancé la détentrice du record mondial sur la distance, la Tchèque Martina Sablikova (4:01,976) et sa compatriote d'Ottawa, Isabelle Weidemann (4:03, 051).

C'est la troisième fois cette saison que les deux Canadiennes partagent le podium.

Au classement de la Coupe du monde, Sablikova devance par une faible marge Blondin et Weidemann.

À la poursuite chez les hommes, les Canadiens Ted-Jan Bloemen, Jordan Belchos et Tyson Langelaar ont remporté le bonze en 3:44,876, derrière les Russes et les Japonais. Le classement final de la saison dans cette discipline est le même que ce podium.

Il s'agit d'une deuxième médaille par équipe au cours du week-end pour Langelaar, qui a terminé troisième au sprint par équipe, vendredi. C'est la première fois qu'un patineur canadien se retrouve sur le podium de deux épreuves par équipe lors du même week-end.

Actualités

La série noire se poursuit: nouveau problème sur le F.-A.-Gauthier

MATANE — Après un an d'absence, l'enthousiasme de revoir le traversier NM F.-A.-Gauthier amarré à son port d'attache de Matane s'est vite estompé. Si ses propulseurs azimutaux fonctionnent très bien, ce sont maintenant ses moteurs électriques qui servent à sa propulsion qui font défaut. Conséquence: sa mise en service, qui était prévue le 20 décembre, sera fort probablement reportée à une date indéterminée.

L'équipage s'est aperçu du problème, vendredi, pendant le voyage d'une durée de 11 heures entre Lévis et Matane. «Au fur et à mesure qu'on a progressé pendant le transit, on s'est aperçu que les moteurs ne fonctionnaient pas selon les paramètres qui sont prescrits par le fabricant, décrit le président-directeur général de la Société des traversiers du Québec (STQ), Stéphane Lafaut, qui s'est promené entre la timonerie et la salle des machines pendant le voyage. On a continué le transit quand même parce qu'il fallait tester différentes solutions, différents paramètres. Il fallait varier les vitesses. On est bien arrivés à Matane et l'accostage s'est déroulé sans anicroche. Ça n'a aucun lien avec les propulseurs.»

Ce problème ne s'était jamais présenté lors des essais en mer pendant qu'il était en cale sèche au chantier Davie. «C'est un nouveau problème qu'on tente d'identifier, a expliqué M. Lafaut lors d'une rencontre avec la presse, samedi matin à Matane. Il y a des capteurs qui n'étaient pas tous au vert. Ça fonctionnait, mais dans les moteurs électriques, il y avait des alertes. Quand vous avez des alertes, ça peut mettre à risque la pérennité du ou des moteurs. C'est comme un «check engine» sur votre voiture. Il allume et vous ne savez pas pourquoi, mais ça vous inquiète. C'est assez sérieux pour investiguer. Sur le fleuve, il n'y a pas de deuxième chance. Il faut que tous les systèmes soient fonctionnels.» Des spécialistes recommandés par le fabricant étaient à bord, mais ils n'ont pas réussi à identifier la cause des anomalies.

Ski accrobatique

La victoire échappe à Mikaël Kingsbury à la Coupe du monde de Thaiwoo

THAIWOO — Mikaël Kingsbury n'a pas pu signer une 58e victoire en carrière sur le circuit de la Coupe du monde, samedi, alors qu'il a été devancé de six dixièmes de point par le Japonais Ikuma Horishima à l'épreuve de Thaiwoo, en Chine.

Le Québécois, détenteur des huit derniers globes de cristal en bosses et au classement général, a terminé avec un pointage de 86,29. Horishima a obtenu 86,89 points de la part des juges. Le Français Benjamin Cavet a complété le podium, à 83,28.

«J'ai connu une bonne journée, a indiqué Kingsbury. Je pense que le temps le plus rapide inscrit aujourd'hui a été celui que j'ai réussi en qualifications. J'ai fait une bonne demi-finale, mais je savais que j'avais des petites choses à améliorer pour la finale.

«Je partais dernier et Ikuma a vraiment mis la pression avec une grosse descente devant moi. C'était un peu la même situation qu'à Ruka [la semaine dernière], je savais que je devais mettre toute la gomme. J'ai par contre trouvé que mon parcours en demi-finale et en finale était de moins en moins rapide. Les bosses devenaient plus carrées. Sinon, j'ai fait une bonne descente, il manquait juste un peu de vitesse pour battre Ikuma. Je suis vraiment content de mes sauts et de ce deuxième podium.»

Laurent Dumais et Kerrian Chunlaud ont terminé septième et huitième. Gabriel Dufresne a pris la 21e place. Brenden Kelly (26e), Robbie Andison (33e) et Eliott Vaillancourt (40e) étaient également de la compétition.

Justine Dufour-Lapointe 3e

Chez les dames, Justine Dufour-Lapointe a pris la troisième place avec 74,29 points, derrière la Française Perrine Laffont (81,37) et la Kazakhe Yulia Galisheva (79,77). Sa soeur Chloé a terminé huitième, alors que Valérie Gilbert a conclu l'épreuve en 26e place.

Le plateau sera de retour sur la piste dès dimanche, alors que seront disputées les épreuves de bosses en parallèle.

Au classement de la Coupe du monde, Kingsbury et Horishima partagent le premier rang à égalité après deux épreuves avec 180 points, le double de leur plus proche poursuivant, le Kazakh Dmitriy Reikherd. Chaunlaud est septième à 72 points et Dumais neuvième, à 52.

Chez les dames, cette deuxième victoire consécutive de Laffont lui permet de dominer le classement par 75 points — 200 contre 125 — devant la Japonaise Anri Kawamura, cinquième samedi. La deuxième place de Galisheva lui a permis de se hisser au troisième rang avec 102 points, tout juste devant Justine Dufour-Lapointe et ses 100 points, seule Canadienne dans le top-10.

Big Air

Maxence Parrot remporte l'or à sa première Coupe du monde de la saison

PÉKIN — Max Parrot n'a pas mis de temps à montrer de quel bois il se chauffe, remportant le big air de la Coupe du monde de Pékin, sa première épreuve sur le circuit cette saison et sa première compétition depuis les X Games d'Oslo, en Norvège.

Parrot a obtenu 186,00 points, devançant tout juste le Suédois Sven Thorgren d'un point. L'Américain Chris Corning (181,25) a complété le podium de cette compétition tenue sur le site qui sera utilisé lors des Jeux olympiques de Pékin, en 2022.

Le Québécois avait fait l'impasse sur les deux premières étapes de la saison, à Cardrona, en Nouvelle-Zélande, et Modène, en Italie. Épuisé après les X Games, il a dû prendre une pas de recul. De participer aux X Games cinq semaines seulement après avoir mis fin à ses traitements de chimiothérapie pour vaincre un lymphome de Hodgkin aura eu un prix.

«Je suis extrêmement content d'avoir offert cette performance et de l'avoir emporté ce soir, a indiqué Parrot. Ça signifie beaucoup pour moi, parce qu'il y a un an exactement, c'était ma dernière compétition avant toute ma bataille contre le cancer. Je suis très excité à l'idée d'avoir pu offrir ce genre de performance ici, un an plus tard.»

Parrot a également réussi pour une première un front side triple 1620 degrés en compétition, ce qui n'a pas manqué de lui attiré la faveur des juges.

«Ça n'a vraiment pas été une compétition facile, a ajouté Parrot. Le saut qu'ils ont construit ici - c'est le premier saut permanent dans une ville - était très gros et tout le monde a très bien glissé. Chris Corning a même réussi une quadruple vrille. Ça prenait un atterrissage réussi sur le 'front side'. J'avais appris cette figure il y a un an et devait la faire l'an passé. Évidemment, je n'ai pas pu.»

Trois autres Canadiens ont pris part à l'épreuve. Darcy Sharpe a pris la neuvième place; William Buffey a terminé 19e; tandis que Michael Ciccarelli a conclu en 23e place.

Laurie Blouin 3e

Chez les dames, Laurie Blouin est montée sur la troisième marche du podium. Seules les performances de la Japonaise Miyabi Onitsuka (165,00) et de l'Autrichienne Anna Gasser (158.00) ont été supérieures à ses 155,75 points.

Brooke Voigt a terminé 12e, tandis que Sommer Gendron n'a pris le départ.

Au classement de la Coupe du monde, Parrot se retrouve au cinquième rang grâce à cette victoire qui lui procure 1000 points. Corning, qui est monté sur le podium lors des trois premières courses de la saison, mène avec 2200 points, devant le Québécois Nicolas Laframboise, qui n'a pas pris part à la compétition de samedi.

Blouin s'est quant à elle hissée au cinquième rang avec 1050 points, devant Voigt, à 1020.

Actualités

Air Transat: pas d'eau dans les toilettes

Des passagers d’un vol Lisbonne-Toronto ont eu toute une surprise lundi lorsqu’ils ont appris qu’il n’y aurait pas d’eau dans les toilettes lors d’un voyage de neuf heures. Le commandant devait réduire la quantité d’eau «pour des raisons de performances».

«Il a fait une annonce au début disant que l’avion était rempli au maximum de sa capacité. Essentiellement, j’imagine qu’ils ont dû faire un choix entre avoir assez de carburant ou avoir de l’eau pour les toilettes», explique un couple de Québec qui a emprunté le vol TS733 du 9 décembre.

Cette annonce s’est avérée «surprenante, mais pas inquiétante» pour les passagers. L’avion, un Airbus 321, était plein, seulement deux ou trois sièges étaient vacants. 

Il y avait de l’eau pour boire, mais le réservoir pour les toilettes n’avait pas été rempli avant le décollage. L’avion avait aussi laissé à l’aéroport les éléments de la boutique hors taxe, tels que les bouteilles de boissons alcoolisées. 

«On pouvait aller à la salle de bain, mais il fallait ne pas avoir le choix... C’était un vol assez long et disons que la propreté n’était pas géniale à la fin du voyage», ajoute le couple. Il n’était d’ailleurs pas le seul à exprimer sa surprise quant à cette situation inhabituelle.

Un cas «isolé»

Chez Air Transat, on confirme qu’il s’agit d’un cas isolé.

«La quantité d’eau avait dû être réduite dans les réservoirs pour des raisons de performance puisque le temps de vol prévu excédait le temps de vol moyen pour ce segment en raison des vents extrêmes qui sont fréquents en cette période de l’année», explique la conseillère en relations publiques de la compagnie aérienne, Marie-Christine Pouliot. Cette décision ne serait donc pas liée au poids du carburant du transporteur.

En effet, le vol du 9 décembre s’est terminé avec une heure de plus qu’à l’habitude (9 heures 8 minutes au lieu de 8 heures 5 minutes). Les lavabos n’étaient donc pas fonctionnels, mais l’équipe a distribué des bouteilles d’eau et des lingettes aux passagers afin de remédier à la situation. 

«Ces ajustements opérationnels ne compromettent en aucun cas la sécurité des passagers et de notre équipage, qui demeure notre priorité», insiste Mme Pouliot. 

Nouvel avion

La compagnie tient aussi à noter que son appareil, le Airbus 321, «fait la fierté d’Air Transat» en raison de sa faible consommation de carburant et d’émissions de gaz à effets de serre. Ce type de transporteur a été introduit tout récemment dans la flotte d’Air Transat.

«En comparaison avec la génération précédente d’appareils Airbus, l’Airbus A321neoLR consomme 15 % moins de carburant, génère 50 % moins de bruit en cabine et dans les collectivités, produit environ 5000 tonnes de CO2 en moins par année et réduit de 50 % les émissions de NOX, qui contribuent au smog et aux pluies acides», énumère Mme Pouliot. 

Des ajustements sont faits selon les performances de l’appareil depuis qu’il est dans les airs. Cependant, la compagnie précise que l’appareil surpasse actuellement les attentes et les prévisions du manufacturier. La situation de lundi dernier est survenue principalement en raison des forts vents qui ont rendu le trajet plus long pour l’avion. 

Actualités

Des carcasses de vache au recyclage

La directrice des opérations chez Sani-Éco a vu passer bien des choses qui n’ont pas leur place dans le bac bleu au fil du temps. Mais les trois carcasses de vache retrouvées au cours des derniers jours sur les convoyeurs du centre de tri de Granby dépassent les bornes, dénonce Julie Gagné.

« C’est vraiment désagréable pour les employés. Je ne les engage pas dans un abattoir. Je les engage pour trier du papier et du carton », fulmine celle qui a contacté La Voix de l’Est pour signaler la situation.

Justice et faits divers

Procès d’un présumé «pimp»: la négligence de la police conduit à l’arrêt des procédures

La lutte au proxénétisme doit se faire dans le respect des droits des accusés, rappelle la Cour du Québec, qui ordonne l’abandon des procédures contre un jeune homme accusé d’avoir fait travailler des prostituées. La négligence de l’enquêteur principal dans la divulgation de preuve force le tribunal à prendre cette mesure d’exception, indique la juge Marie-Claude Gilbert.

Oussama Kada, 20 ans, a éclaté en sanglots dans les bras de ses proches vendredi lorsque la juge Gilbert a accordé l’arrêt des procédures réclamé par la défense pour remédier à ce qu’elle qualifiait de conduite abusive des policiers. Les avocats de la défense Me Mathieu Giroux et Me Marie-Josée Jobidon n’arrivaient plus à dissimuler un sourire de satisfaction.

Kada a été arrêté le 19 juin 2018 et a été détenu durant environ 15 mois avant d’être remis en liberté sous conditions cet automne. Il a été accusé de huit infractions d’avoir bénéficié d’un avantage matériel provenant de la prestation de services sexuels, de proxénétisme et d’avoir fait la publicité de services sexuels de deux jeunes femmes, dont l’une était mineure, et d’agression sexuelle sur une troisième plaignante. Il était également accusé d’un chef d’extorsion sur la plaignante d’âge mineure.

La preuve faite au procès a révélé que deux des trois plaignantes avaient demandé à l’accusé de devenir leur souteneur. Elles lui versaient un pourcentage des sommes payées par les clients. Kada les amenait dans des hôtels, s’occupait de placer des annonces et payait parfois des dépenses personnelles et le transport.

L’extorsion serait survenue lors d’un désaccord entre l’une des plaignantes et l’accusé au sujet des redevances du souteneur.

La troisième plaignante rapporte que Kada l’aurait agressée lors d’une relation sexuelle qui était au départ consensuelle.

Divulgation trop tardive

Dès le début des procédures, les avocats de la défense ont fait de nombreuses demandes de divulgation de notes policières.

Les tribunaux supérieurs ont statué depuis déjà plusieurs années que la poursuite a l’obligation de transmettre à la défense toute preuve pertinente à l’enquête.

En plein procès, la juge Marie-Claude Gilbert de la Cour du Québec a pu voir la procureure de la Couronne Me Mélanie Dufour remettre à ses vis-à-vis de la défense des journaux d’enquêteurs et autres notes policières pertinentes. La juge blâme l’enquêteur principal au SPVQ, membre de l’Équipe intégrée de lutte au proxénétisme, pour cette divulgation trop tardive, qui a brimé l’accusé dans son droit à une défense pleine et entière, considère la cour. 

Ces notes policières étaient pertinentes, dit la Cour, parce qu’on y lisait notamment que les plaignantes avaient parfois donné aux enquêteurs une version un peu différente de celle qu’elles allaient livrer en interrogatoire-vidéo ou devant le tribunal.

«Les forces de l’ordre ont privilégié leur désir de gagner à tout prix au détriment des principes fondamentaux si chers au système de justice pénale, constate la juge, cinglante. Ce jeu du chat et de la souris au regard de la communication de la preuve heurte le sens du franc-jeu.»

La juge ajoute qu’à ses yeux, l’enquêteur a fait preuve «d’un niveau de négligence inacceptable, de l’indifférence ou de l’insouciance à l’égard des procédures criminelles et des droits d’une personne accusée».

Beaucoup de documents ont donc été remis tardivement et d’autres résumés n’ont jamais pu être transmis à la défense, car l’enquêteur n’avait tout simplement pas pris de notes, déplore la juge Gilbert. «Si la destruction des notes est à décourager, l’absence de notes pour contourner une obligation de divulgation de manière délibérée l’est également», affirme la juge.

Le fonctionnement du système judiciaire et la confiance du public en celui-ci est tributaire d’un travail honnête et compétent de toutes les parties qui y participent, conclut la juge. «Le proxénétisme doit être découragé parce qu’il permet l’enrichissement par l’exploitation du corps d’autrui comme un produit ou une marchandise. La lutte dans laquelle est engagée la société doit se faire dans les règles, malgré toutes les difficultés auxquelles sont confrontés les policiers, notamment pour emmener les témoins à se confier et témoigner en Cour sans crainte de représailles.»

Actualités

Les frères Desmarais quittent la direction de Power Corporation du Canada

MONTRÉAL — Un chapitre de l’histoire de Power Corporation du Canada prend fin: pour la première fois en cinq décennies, le plus haut poste de direction du conglomérat ne sera pas occupé par un membre de la famille Desmarais.

Dans le cadre d’une importante réorganisation annoncée vendredi, Paul Desmarais Jr, 65 ans, et André Desmarais, 63 ans, quitteront leurs fonctions à la tête du conglomérat québécois, mais demeureront respectivement président et vice-président du conseil d’administration. La famille conservera également le contrôle de l’entreprise.

De plus, la société intégrera les activités de la Corporation Financière Power - dont les actions sont négociées à la Bourse de Toronto - pour ne plus former qu’une seule société de portefeuille, principalement axée sur les services financiers.

«La réorganisation est une étape naturelle qui reflète notre évolution», a souligné André Desmarais, par voie de communiqué. Les frères Desmarais n’étaient pas disponibles pour accorder des entrevues.

Power Corporation sera désormais dirigée par Jeffrey Orr, président et chef de la direction de la Financière Power depuis 2005 et qui était âgé de 60 ans au printemps. Fondée en 1984, cette société détient des participations majoritaires dans Great-West Lifeco, la Financière IGM et Wealthsimple, ainsi qu’une participation minoritaire dans Pargesa Holding.

Les frères Desmarais avaient été nommés à la tête de Power Corporation en 1996 par leur père, Paul, qui avait décidé de céder sa place après avoir occupé le plus haut poste de direction depuis 1968.

«Nous avons été à l’écoute des commentaires des actionnaires (puisqu’)ils souhaitaient que les entreprises se regroupent, a expliqué M. Orr, au cours d’une conférence téléphonique avec les analystes à laquelle les frères Desmarais n’ont pas participé. Au fil du temps, la Financière Power est devenue une composante de plus en plus importante de Power Corporation, et le profil d’actif actuel des deux sociétés est sensiblement similaire.»

À la Bourse de Toronto, les investisseurs ont réagi favorablement, vendredi, à la réorganisation. L’action de Power Corporation a temporairement touché un sommet annuel, à 34,84 $, pour finalement clôturer à 34,42 $, en hausse de 2,52 $, ou 7,9 %. L’action de la Financière Power a quant à elle touché un sommet annuel de 36,47 $ avant de clôturer à 36,02 $, en hausse de 3,25 $, ou 9,9 %.

Une prime de valeur

Les actionnaires minoritaires de la Financière Power recevront 1,05 action à droit de vote subalterne de Power Corporation ainsi qu’un montant en espèce en échange de leurs titres de la Financière Power. La société a fait valoir que la valeur de l’actif net ainsi obtenu était supérieure de 11 % à celle des actions de la Financière Power. Les actionnaires devront voter sur la transaction proposée.

En fonction du cours de clôture du titre de la Financière Power, jeudi, le conglomérat estime qu’environ 8 milliards $ seront versés aux porteurs de titres minoritaires.

De plus, Pansolo Holding, une société de portefeuille contrôlée par famille, conservera le contrôle de Power Corporation au terme de la réorganisation en détenant entre 50,2 % et 50,6 % des droits de vote.

«Je pense que c’est une évolution naturelle, a expliqué le président-directeur du conseil d’administration de l’Institut sur la gouvernance d’organisations privées et publiques (IGOPP), Yvan Allaire, à propos de la réorganisation. La famille qui contrôle une entreprise, à un certain moment, décide qu’il est temps de laisser la place à un gestionnaire qui n’est pas membre de la famille pour assumer un rôle de gouvernance.»

M. Allaire a estimé que les frères Desmarais avaient fait preuve de «réalisme» en acceptant de céder leur place à M. Orr, soulignant que «personne ne pouvait les forcer à prendre la décision» qui a été annoncée.

Économies et réflexions

D’après Power Corporation la réorganisation permettra d’économiser 50 millions $ au cours des deux prochaines années en plus de réduire les dépenses annuelles de l’ordre de 15 millions $.

«Nous allons passer de deux compagnies à une seule et de trois dirigeants à un seul», a expliqué M. Orr, en suggérant que la cible de 50 millions $ sera essentiellement atteinte grâce à l’élimination de la double structure.

En se tournant davantage vers les services financiers, Power Corporation pourrait toutefois retirer ses billes dans certaines compagnies qui oeuvrent dans d’autres secteurs.

Interrogé par les analystes à ce sujet, M. Orr s’est limité à dire que la société comptait «générer de la valeur au fil du temps» à l’égard d’investissements comme ceux effectués dans Peak Achievement Athletics, qui fabrique les articles de sport Bauer et Easton, le spécialiste québécois des solutions d’éclairage Lumenpulse et le constructeur de véhicules électriques Compagnie électrique Lion, établi à Saint-Jérôme.

Par ailleurs, au terme de la réorganisation, qui devrait se réaliser en février si tout se déroule comme prévu, Power Corporation a l’intention de relever de 10 % son dividende trimestriel, qui atteindra 44,75 cents par action à compter du deuxième trimestre de l’exercice 2020.

***

L’histoire de Power Corporation du Canada en quelques dates:

- 1925: A.J. Nesbitt et P.A. Thomson fondent Power Corporation du Canada le 18 avril afin de gérer leurs investissements dans des entreprises spécialisées dans les services publics d’électricité.

- 1960: Plus de 80 % du portefeuille de la société est liquidé au début de cette décennie alors que plusieurs gouvernements provinciaux, dont celui du Québec, décident de nationaliser l’hydroélectricité.

- 1968: Le financier Paul Desmarais prend la direction de Power Corporation des fils des actionnaires fondateurs de la compagnie.

- 1970: Paul Desmarais prend le plein contrôle de Power Corporation en rachetant la plupart des actions privilégiées participantes qu’un autre dirigeant détenait encore.

- 1981: Paul Desjarais Jr se joint à Power Corporation, deux années avant l’arrivée de son frère André. Ceux-ci sont étroitement impliqués dans le développement de la stratégie de la société et diverses transactions.

- 1984: Paul Desmarais Jr participe à la mise sur pied de la Corporation Financière Power avant d’en devenir le président et chef de la direction en 1986. André est nommé président et chef de l’exploitation de Gesca.

- 1996: Le 10 mai, à l’assemblée annuelle des actionnaires, Paul Desmarais renonce à ses fonctions de président du conseil et chef de la direction de Power Corporation. André en devient le président, et les deux frères partagent le titre de chef de la direction.

- 2013: Décès de Paul Desmarais.

- 2019: Paul Jr et André cèdent leur place à la tête du conglomérat. Ils conservent leurs fonctions de président et vice-président, respectivement, du conseil d’administration.

Actualités

Enfant mordu par un chien: le service de garde demeure ouvert

Le service de garde en milieu familial où un bambin a été mordu par un chien, à Orford, continue à accueillir des enfants malgré la perte de son accréditation. Le ministre de la Famille du Québec, Mathieu Lacombe, assure que la situation est prise au sérieux et promet de veiller à ce que les enfants qui fréquentent toujours l’endroit soient en sécurité.

Selon les informations obtenues, la propriétaire du service de garde concerné, Jane Howell, a simplement décidé de modifier le statut de sa garderie après que le bureau coordonnateur du CPE L’Enfant-Do lui eut retiré sa reconnaissance. Sa garderie est alors devenue une organisation privée et non subventionnée.

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Morsure de chien dans une garderie: Dominique Alain «troublée» par l’incident

Actualités

CHSLD Horace-Boivin: le résident violent subira une évaluation psychiatrique

Le tribunal a ordonné jeudi une évaluation psychiatrique pour un homme de 71 ans à qui l’on reproche d’avoir semé un « climat de terreur » au CHSLD Horace-Boivin de Waterloo, notamment en frappant une infirmière et deux préposés.

Daniel Westover fait face à une accusation de voies de fait armées. Il reste détenu d’ici à sa prochaine comparution fixée au 19 décembre. 

S’il est libéré par la suite, il doit être transféré dans un établissement de la région spécialisé pour ce type de clientèle, a indiqué cette semaine une porte-parole de la ministre des Aînés et des Proches aidants, Marguerite Blais. M. Westover doit aussi répondre d’accusations pendantes de menaces et non-respect de ses conditions de libération provisoire. 

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Justice et faits divers

Une raclée en pleine filature [VIDÉO]

Au beau milieu d’une opération de filature, des policiers de Québec voient leur « sujet d’intérêt » se faire battre, presque sous leur nez. Comment intervenir sans torpiller l’enquête? Avec un petit mensonge…

Au printemps dernier, la division des enquêtes du Service de police de la Ville de Québec est plongée dans le projet Mataf, un mot qui signifie matelot ou mousse.

La situation est préoccupante: pas moins de six enquêteurs recueillent des informations sur les nombreux « burn de drogue » qui se produisent sur le territoire durant cette période. Le « burn » est le terme utilisé par les policiers pour nommer les violentes invasions des domiciles des trafiquants par d’autres criminels qui repartent avec de la drogue ou de l’argent.

En quête de renseignements, les policiers écoutent les appels 9-1-1 pour déceler, parmi des plaintes de bruit dans le voisinage, lesquelles sont en fait des invasions de domicile non déclarées.

Le 25 avril, une équipe de filature décide de suivre Carl Rousseau, connu, selon la police, comme  un collecteur de dettes de drogue. On veut documenter les allées et venues du grand gaillard mesurant environ 6’3’’ et pesant plus de 250 livres. 

Les agents de filature voient Rousseau se rendre dans le stationnement d’un édifice à logement de la rue Duval dans Limoilou. 

Les agents-fileurs vont filmer une partie de l’action avec leurs caméras. Les policiers ne le savent pas encore, mais c’est leur jour de chance: des caméras de surveillance installées sur un édifice à logements vont capter les événements.

Une voiture Mercedes avec à bord quatre individus se présente. Alexandre Lapointe reste dans l’auto. Francis Barette, Yannick Desjardins et Yann Graveline-L’Ecuyer  débarquent et vont parler à Rousseau. 

Sur les images, on voit un Rousseau, découragé par les discussions, qui se prend le visage dans les mains. Il suit malgré tout le trio. 

Quelques minutes plus tard, Francis Barette assène un violent coup de poing à la tempe de Carl Rousseau. Le costaud s’écroule au sol. Il restera étendu environ cinq minutes. 

Les trois individus retournent à bord de leur véhicule et quittent les lieux. 

Après leur départ, Carl Rousseau réussit à se lever et titube jusqu’à sa voiture.

Une «menterie»

L’enquêteur Fabien Marceau, qui agissait en support à la filature, s’approche et va rejoindre Rousseau. Il constate que l’homme a le visage ensanglanté, tuméfié et qu’il peine à rester debout.

« Là, je dois dire une menterie pour garder la filature secrète, explique le sergent-détective Marceau. Je lui ai dit qu’une madame avait appelé le 9-1-1 pour dire qu’un homme venait de manger une volée. »

Rousseau opine, mais ajoute aussitôt qu’il ne veut porter plainte d’aucune façon. La victime est amenée à l'hôpital en ambulance pour faire soigner des fractures au visage.

La filature sera rapidement transportée sur la voiture Mercedes, qui s’est mise en direction des ponts.

Pour les policiers du SPVQ, il est clair que les protagonistes frayent avec le crime organisé. En raison de ce contexte potentiellement explosif, le lieutenant-détective Gino Dufour du SPVQ demande l’aide du Groupe tactique d’intervention pour intercepter les quatre individus. 

Les policiers commencent par ralentir la circulation sur l’autoroute pour faciliter l’opération. La Mercedes sera stoppée sur l’autoroute 20 ouest, en direction de Montréal, près de Joly.

Les quatre hommes sont calmes et coopèrent avec les policiers.

Pendant que les suspects sont amenés au poste de police pour être interrogés, la voiture est fouillée. Les policiers trouvent un gant de plomb et un pistolet Glock 9mm avec ses balles.

Arrestation illégale?

Les quatre hommes sont accusés de voies de fait avec lésions. Ils ont commencé à subir leur procès cette semaine.

Leurs avocats demandent à la cour l’exclusion de plusieurs preuves, notamment les contenus des téléphones cellulaires, parce que, disent-ils, l’arrestation a été faite sans motif et la détention était illégale.

Aucun agent de la filature n’a vu le coup de poing qui a assommé Carl Rousseau, plaident les avocats de la défense. Les images des caméras de surveillance, qui montrent clairement l’agression, n’ont été disponibles que plusieurs heures après l’arrestation.

Actualités

Édith Blais n’a pas été oubliée

Il y aura un an lundi que la Sherbrookoise Édith Blais est disparue au Burkina Faso en compagnie de son copain italien Luca Tacchetto. Même si peu de nouvelles informations ont filtré dans les derniers mois, il ne faut pas conclure qu’aucun effort n’est fait pour assurer sa libération, assure David Morin, codirecteur de l’Observatoire sur la radicalisation et l’extrémisme violent et professeur à l’Université de Sherbrooke.

Rappelons que la piste privilégiée est celle que la jeune femme de 35 ans a été enlevée après avoir quitté Bobo-Dioulasso. Chrystia Freeland, alors ministre des Affaires étrangères, avait confirmé en septembre qu’on croyait la Sherbrookoise toujours en vie.

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« Le temps qui passe pour quelqu’un en captivité est toujours préoccupant. Ce sont des dossiers extrêmement complexes qui prennent du temps à résoudre. Les quelques exemples que nous avons dans la même région sont ceux de gens qui sont des otages depuis deux, trois ou quatre ans. Après un an, nous sommes dans les délais que nous pouvons constater », résume David Morin.

Le quasi-silence des autorités ne doit pas être interprété comme une forme d’inaction, selon le professeur de l’Université de Sherbrooke. « Les groupes djihadistes de cette région avaient annoncé qu’ils ne communiqueraient plus sur les otages. Le silence est souvent de mise pour l’ensemble des parties prenantes. Ça ne veut pas dire qu’il ne se passe rien, mais c’est un signal que c’est extrêmement compliqué. Il n’y a aucune raison de penser que le gouvernement canadien n’est pas entièrement mobilisé. »

À Affaires mondiales Canada, on se limite au même commentaire depuis un an. « Nous sommes au courant qu’une citoyenne canadienne est portée disparue au Burkina Faso. La priorité du gouvernement du Canada est toujours d’assurer la sûreté et la sécurité de nos citoyens. Pour cette raison, nous ne commenterons et ne publierons aucune information susceptible de compromettre les efforts en cours ou de mettre en danger la sécurité des Canadiens. »

Les démarches pour faire libérer Édith Blais s’inscrivent dans un contexte d’instabilité au Burkina Faso, mais aussi dans la région délimitée par le Mali et le Niger. Une attaque survenue mardi a d’ailleurs fait au moins 71 morts au Niger.

Justice et faits divers

Alexander-Galt: des versions contradictoires des témoins

L’adolescent qui a sorti un couteau en présence d’une élève de l’école secondaire Alexander Galt à Sherbrooke sera vraisemblablement dirigé vers des sanctions extrajudiciaires.

L’adolescent devrait être inscrit au rôle de la chambre de la jeunesse, vendredi, au palais de justice de Sherbrooke, pour reconnaître certains faits au dossier.

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Selon la preuve contenue au dossier, l’adolescent a sorti un couteau de poche et l’a mis à la hauteur de sa poitrine la lame dirigée vers la victime. Selon les images des caméras de surveillance de l’établissement scolaire, il n’y aurait eu aucun mouvement ou attaque vers la jeune fille. Cet épisode s’est déroulé en présence de cinq ou six autres élèves du même groupe au début octobre.

Les versions contradictoires des témoins de la scène ne permettent pas de prouver des menaces hors de tout doute raisonnable.

L’adolescent devrait reconnaître les faits de l’accusation de voies de fait en portant de façon ostentatoire une arme. L’accusation initialement portée d’avoir menacé avec une arme sera ainsi modifiée.

Si l’adolescent accomplit les mesures extrajudiciaires qui devraient être proposées par le procureur aux poursuites criminelles Me François Houle, l’accusation sera abandonnée.

L’avocate de la défense Me Annie-Pier Babineau de l’aide juridique devrait donner son aval à ce dénouement dans les procédures entreprises dans cette affaire.

La Commission scolaire Eastern Townships avait confirmé cette semaine que le retour en classe de l’adolescent était imminent, son président Michael Murray souhaitant que la situation revienne à la normale.

Des mesures ont été prises pour éviter que les deux jeunes se retrouvent ensemble seuls en même temps.

Le « safe school protocol » a été enclenché à la suite des évènements malheureux. Les différentes personnes impliquées, dont les parents, ont été rencontrées.

Des élèves de l’école secondaire Alexander Galt avaient organisé une manifestation pour soutenir l’adolescente victime dans cette affaire.

Justice et faits divers

Polytechnique: Jean-Claude Rochefort se définit comme un prisonnier politique

MONTRÉAL — Jean-Claude Rochefort, cet admirateur du tueur de Polytechnique, s'est présenté comme un «prisonnier politique et d'opinion» lors de son enquête sur le cautionnement, jeudi, au palais de justice de Montréal.

Exposant ses idées de manière désordonnée, il n'en a pas moins reconnu être l'auteur des propos antiféministes violents publiés sur le web sous le pseudonyme de Rick Flashman.

«C'est une admission sur un certain élément de la preuve, mais ce n'est pas ce qui était visé à la base pour notre défense», a toutefois précisé son avocat, Me Marc-Olivier Carrier.

«C'est la nature de ce qui a été dit qui devra être analysée. Ça arrive fréquemment dans ce genre d'accusation qu'on se penche sur la nature et non sur le fait (de déterminer si) c'est lui ou pas qui a écrit cela.»

Le juge Serge Delisle n'a toutefois pas rendu de décision sur le banc à l'issue de l'audience, prenant sa décision en délibéré. Elle sera rendue lundi.

«Je pense que le juge a bien fait de prendre le dossier en délibéré si effectivement il mérite de regagner sa liberté», a opiné Me Carrier.

Jean-Claude Rochefort est détenu depuis son arrestation, le 5 décembre, la veille des commémorations du 30e anniversaire de la tuerie de l'école Polytechnique au cours de laquelle 14 jeunes femmes avaient été froidement assassinées en 1989 lors d'un attentat antiféministe.

L'homme de 70 ans fait face à une accusation d'incitation à la haine après que les policiers eurent retracé l'origine d'un blogue où les propos contre les femmes dépassaient les bornes.

Me Carrier a fait valoir que les démêlés judiciaires passés de M. Rochefort n'ont jamais impliqué de violence et que, même si ses propos peuvent être qualifiés de choquants, le septuagénaire ne représente pas une menace pour autant.

La Couronne s'oppose à sa remise en liberté, évoquant le risque de récidive, puisque l'accusé a été arrêté pour exactement les mêmes raisons il y a dix ans. La procureure, Me Josianne Laplante, estime également que sa détention est requise afin de ne pas miner la confiance du public envers l'appareil judiciaire.

Actualités

Fillette tuée à Granby: une enquête préliminaire en février pour la belle-mère

Seule la belle-mère de la fillette trouvée morte à Granby, en avril dernier, subira son enquête préliminaire en février 2020.

La femme de 36 ans et son conjoint de 30 ans, le père de la victime, étaient de retour en cour jeudi au palais de justice de Granby. 

Concernant le père, la défense a indiqué ne pas être prête à fixer une enquête préliminaire. Celle de la belle-mère doit toutefois avoir lieu des 24 et 25 février prochains et ne fera entendre qu’un témoin. Ce témoignage pourrait par la suite être versé au dossier du père, a indiqué Me Laurence Bélanger, du ministère public. 

La Couronne a également autorisé la divulgation, à la défense, de documents liés à l’arrestation des accusés et gardés sous scellés jusqu’ici. 

Le père, qui a obtenu sa liberté provisoire en septembre, fait face à des accusations de négligence criminelle, séquestration, abandon d’enfant et omission de fournir les choses nécessaires à la vie. Sa conjointe, qui n’a pas demandé à être remise en liberté, est pour sa part accusée de meurtre au 2e degré, séquestration et voies de fait graves. 

Affaires

Titi Sapin part en tournée au Québec

La première visite de Titi Sapin hors de la métropole a été couronnée de succès. Tant et si bien que l’entreprise qui permet «d’adopter» un petit arbre de Noël extérieur chaque année pendant les Fêtes a décidé de partir en tournée dans la province.

En plus de revenir à Québec, la compagnie menée par un duo père-fils visitera Trois-Rivières, Gatineau et Sherbrooke dans les prochains jours (voir les dates et les lieux plus bas).

Actualités

La famille de Guy Bastien réclame une enquête publique

Trois-Rivières — La famille de Guy Bastien réclame une enquête publique afin que toute la lumière soit faite sur les circonstances entourant le décès de cet octogénaire atteint d’Alzheimer survenu, le 1er décembre, au Centre d’hébergement Roland-Leclerc, à Trois-Rivières.

 «Il faut que les gens sachent ce qui s’est passé pour qu’il n’y ait plus jamais de famille qui subisse ça», espère Marc Bastien, le fils de l’octogénaire.

Au Bureau du coroner, on confirme avoir reçu une demande à cet effet et qu’elle est sérieusement étudiée. «Effectivement, il y a des discussions à l’interne. On souhaite évaluer la meilleure option possible. Parmi les options, oui, il peut y avoir une enquête publique», explique Dominique D’Anjou, porte-parole.

Rappelons que Guy Bastien, 82 ans, est mort à la suite d’une chute. Selon sa famille, il est tombé lors d’une altercation avec un agent de sécurité, ce que nie l’employeur de ce dernier. M. Bastien avait subi une fracture du crâne et une hémorragie cérébrale. C’est son fils qui a contacté le 911 pour qu’il soit transporté à l’hôpital après l’avoir trouvé couvert de sang et de vomi dans sa chambre. 

Cette famille a reçu une foule de témoignages à la suite de ce drame. «On a reçu des centaines de messages à travers la province. C’était soulageant mais aussi inquiétant», confie M. Bastien. Plusieurs de ces personnes ont été confrontées à une situation semblable. «Il y a des préoccupations au sujet de la formation des gardiens de sécurité. Quel que soit la compagnie, le problème est connu. Il ne faut pas juste qu’il soit connu, il faut des solutions pour changer ça. C’est pour ça que l’enquête publique va - on espère - faire changer les choses», mentionne M. Bastien. Tout ce qui s’est passé à la suite de la chute a également indigné bien des gens. «C’est arrivé à d’autres familles. Leur père ou leur mère ont chuté et ils ont été tout simplement recouchés dans leur lit alors qu’ils auraient dû avoir des soins», déplore M. Bastien.

Le coroner mène déjà une enquête dans ce dossier. M. Bastien a une totale confiance en ces démarches. «On sait qu’ils font leur maximum.» Il pense toutefois autrement de l’enquête interne menée par le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec (CIUSSS MCQ). Il est d’ailleurs très déçu de la sortie du CIUSSS le lendemain de la mort de son père. 

«Les sorties du CIUSSS, c’était loin d’être des regrets. C’était plus pour essayer de manipuler, je pense, la population. Il essayait de contourner le sujet plutôt que de prendre la problématique de front. Ça nous a choqués vraiment. C’est vraiment essayer de manipuler l’opinion de la population, et non de prendre leurs responsabilités et d’essayer de changer les choses. C’est un élément supplémentaire qui nous incite à espérer que tout le travail d’enquête soit fait.»

Il croit d’ailleurs qu’une enquête publique permettrait d’aller vraiment au fond des choses et d’améliorer les chances que de véritables solutions soient mises de l’avant. Pris dans un véritable tourbillon depuis la mort de M. Bastien, sa famille tente de passer à travers cette épreuve tout en tentant d’obtenir des réponses. «Le temps s’est arrêté. On est loin du deuil. Ce qui va nous aider à vivre notre deuil, c’est lorsque toutes les enquêtes vont être terminées, et que des solutions vont être trouvées pour les autres familles, de vraies solutions.»

Malgré toutes les émotions que suscitent ces démarches, la famille n’a pas l’intention de laisser tomber. «L’enjeu est trop important pour qu’on arrête. Les commentaires des gens sur les médias sociaux font en sorte que ça en vaut la peine. Le deuil arrivera quand il arrivera.»

Les funérailles de Guy Bastien seront célébrées le 21 décembre.

Justice et faits divers

La Loi sur la laïcité de l'État n'est pas suspendue par la Cour d'appel

MONTRÉAL — La Loi sur la laïcité de l’État, connue avant son adoption comme le projet de loi 21, reste pleinement en vigueur : la Cour d’appel du Québec a refusé jeudi de la suspendre pendant la durée de la contestation judiciaire.

Selon la Cour, le débat sur les questions constitutionnelles soulevées est complexe et mérite de s’y pencher en profondeur — et non pas dans le cadre d’une demande de suspension temporaire.

Rien n’est donc terminé ici : le but ultime des opposants à cette loi est de la faire invalider, et de s’en débarrasser pour de bon.

Pour eux, la demande de suspension ne visait qu’à minimiser les dégâts en attendant la suite des procédures, car il peut s’écouler des années avant que le dossier ne soit réglé.

La Loi sur la laïcité de l’État — adoptée en juin à l’Assemblée nationale — interdit le port de signes religieux à certains employés de l’État lorsqu’ils sont dans l’exercice de leurs fonctions, dont les policiers et les procureurs de la Couronne, ainsi qu’aux enseignants des écoles publiques du primaire et du secondaire. En l’adoptant, le législateur québécois avait invoqué la clause dérogatoire — souvent appelée clause nonobstant — pour éviter une contestation de la loi par ceux qui feraient valoir qu’elle est discriminatoire et contraire à la Charte des droits.

Cette demande de suspension avait été formulée par le Conseil national des musulmans canadiens, l’Association canadienne des libertés civiles et Ichrak Nourel Hak, une étudiante en enseignement qui porte le hijab.

Demandant qu’elle soit invalidée, ils avaient fait valoir que la loi est discriminatoire et cause des torts sérieux et immédiats aux minorités religieuses et aux droits des femmes musulmanes, qui seraient particulièrement visées par la Loi.

Jugement de la Cour d’appel 2-1

Par leur jugement livré jeudi après-midi, deux juges sur trois du banc de la Cour d’appel ont maintenu la décision du juge Michel Yergeau de la Cour supérieure, qui avait refusé de suspendre les articles 6 et 8 de la loi en juillet dernier.

Dissidente, la juge en chef Nicole Duval Hesler aurait toutefois accueilli en partie l’appel et suspendu pendant l’instance l’application de l’article 6, qui interdit le port d’un signe religieux aux personnes appartenant aux professions visées lorsqu’elles sont dans l’exercice de leurs fonctions. L’article 8 porte sur l’obligation pour certains employés de l’État de donner des services à visage découvert.

Plusieurs groupes et citoyens, ainsi que le Parti québécois, ont demandé la récusation de la juge Duval Hesler, en raison notamment de propos qu’elle a tenus lors de l’audition de cette affaire fin novembre. Selon eux, ses paroles soulevaient des doutes sur son impartialité. De nombreuses plaintes ont été déposées au Conseil canadien de la magistrature.

En rendant son jugement, la juge Dominique Bélanger de la Cour d’appel a rappelé qu’à cette étape des procédures, la Cour doit tenir pour acquis que la Loi sert un objectif d’intérêt général valable.

Surtout qu’ici, un débat nouveau doit avoir lieu, car il reste à voir si l’article 28 de la Charte canadienne des droits et libertés — une disposition peu utilisée, portant sur l’égalité des sexes — peut servir à faire invalider la Loi, car il serait à l’abri de l’effet de la clause dérogatoire.

Malgré le fait que la juge Bélanger estime que «les enseignantes portant le voile subissent un préjudice sérieux et irréparable durant l’instance» et qu’il est «apparent que leurs droits fondamentaux sont brimés», elle tranche que la Cour doit s’incliner à cette étape. 

Le jugement fait réagir

«Nous n’en avons pas fini avec cette loi injuste», ont écrit dans un communiqué l’Association canadienne des libertés civiles et le Conseil national des musulmans canadiens.

Déçues du résultat, les deux organisations ont précisé n’avoir jamais pensé qu’il serait facile de se battre pour les droits des Québécois et des Canadiens. Elles disent être en train d’examiner les options qui s’ouvrent à elles.

Le gouvernement du Québec est satisfait de constater que la Loi sur la laïcité de l’État demeure en vigueur. «Nous continuerons à défendre le bien-fondé et la constitutionnalité de cette Loi, comme ceux de toutes les lois adoptées démocratiquement par l’Assemblée nationale», a indiqué dans un communiqué la ministre de la Justice du Québec, Sonia LeBel.

Quant à son homologue fédéral, David Lametti, il a l’intention de suivre le procès à venir de très près. Il a réitéré la position des libéraux, qui estiment qu’il n’est pas du ressort d’un gouvernement de dire à ses citoyens quoi porter ou ne pas porter.

Le chef bloquiste Yves-François Blanchet est satisfait du jugement. «Nous, on a assez peu d’appétit pour les enjeux judiciaires autour de la Loi 21. On souhaiterait qu’elle ne soit simplement pas contestée, qu’elle aille de l’avant et qu’elle contribue à la saine harmonie de la société québécoise, comme c’est bien sûr son mandat.»

Santé

Une éclosion de salmonellose au Canada liée à des serpents et des rongeurs domestiques

OTTAWA - Une éclosion de salmonellose dans six provinces canadiennes depuis deux ans et demi serait vraisemblablement liée à des contacts avec des serpents et des rongeurs «de compagnie», indique l’Agence de la santé publique du Canada.

Un avis publié cette semaine indique que 92 cas de cette infection bactérienne ont été signalés entre avril 2017 et octobre 2019, dont 52 au Québec. On a signalé aussi 16 cas en Ontario et neuf cas au Nouveau-Brunswick.

L’agence affirme que selon les constatations de l’enquête menée jusqu’ici, l’exposition à des serpents et à des rongeurs a été identifiée comme «source probable de l’éclosion».

«Plusieurs personnes infectées déclarent avoir eu un contact direct ou indirect avec des serpents, avec des rats de compagnie et avec des rongeurs servant à nourrir (les reptiles) avant l’apparition de la maladie», indique l’agence fédérale.

Les reptiles et les rongeurs peuvent être porteurs de la bactérie salmonelle même s’ils semblent propres et en bonne santé. Les gens peuvent tomber malades par contact direct avec les animaux, mais aussi par contact indirect, avec leur environnement. «Par exemple, un enfant qui joue dans une pièce où un reptile s’est promené peut être à risque de contracter la salmonellose», précise-t-on.

L’Agence de santé publique recommande notamment de se laver fréquemment les mains et de manipuler en toute sécurité les serpents et les rongeurs et leur nourriture - y compris les rongeurs congelés utilisés pour nourrir les serpents, car la congélation ne détruit pas les salmonelles. Il ne faut pas non plus garder des rongeurs congelés dans un réfrigérateur où se trouvent des aliments destinés à la consommation humaine.

D’autres cas ont aussi été signalés en Colombie-Britannique, en Nouvelle-Écosse et à Terre-Neuve-et-Labrador.

Actualités

Travailleur écrasé par des tuyaux de fonte: formation déficiente [VIDÉO]

Un manque de formation des employés serait l’une des causes de l’accident de travail survenu en juin dernier dans la cour d’un garage municipal. Un travailleur de 35 ans y a tragiquement perdu la vie, écrasé par des tuyaux de fonte.

Le 19 juin, Éric Bernier, chauffeur de dépanneuse, travaillait sur le terrain d’un garage municipal de Charlesbourg, sur le boulevard Jean-Talon Ouest. L’homme était un employé de l’entreprise Remorquage Auclair inc., sous-traitant pour la Ville de Québec. 

La Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) a rendu publiques les conclusions de son enquête jeudi.

Il est expliqué que la victime et son collègue, un chauffeur de chargeuse employé de la Ville, n’avaient eu aucune indication claire quant aux tâches à effectuer ni sur la méthode à utiliser. Ainsi, «la gestion déficiente des activités de déchargement de matériaux amène les travailleurs à utiliser une méthode de travail improvisée lors de la manutention de tuyaux de fonte», conclut le rapport d’enquête. 

Le travailleur décédé s’était positionné sur la plateforme de la dépanneuse, avec les tuyaux de fonte. La chargeuse sur roues s’est avancée pour déplacer les tuyaux, qui ont roulé des fourches de levage pour écraser le travailleur tombé au sol. Les tuyaux de fonte pèsent 400 livres chacun. 

À LIRE AUSSI : Un homme meurt dans un accident de travail au garage municipal de la Ville de Québec

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Affaires

ACEUM: les députés bloquistes du Saguenay dénoncent le sort de l’aluminium

OTTAWA — Les élus fédéraux du Saguenay - deux bloquistes et un conservateur - ont joint leurs voix à celles des travailleurs de l’aluminium pour dénoncer la dernière version de l’accord de libre-échange entre le Canada, les États-Unis et le Mexique (ACEUM).

Jeudi matin, les trois députés ont tenu, avec le président du Syndicat des travailleurs de l’aluminium d’Alma, un point de presse devant la Chambre des communes.

Le syndicat réclame que l’entente ne soit pas ratifiée par les parlementaires.

Les deux bloquistes - Mario Simard et Alexis Brunelle-Duceppe - comptent voter contre la ratification, tout comme leurs 30 collègues du Bloc québécois. Le conservateur Richard Martel a refusé de promettre la même chose.

«Aujourd’hui, je suis obligé de dire qu’on va regarder ça au parti (...) Pour tout de suite, moi je ne peux pas aller plus loin que ça», s’est justifié M. Martel qui s’est empressé de quitter le point de presse.

Quelques minutes plus tard, son parti publiait un communiqué pour se plaindre de la qualité de l’information offerte à l’opposition par le gouvernement, sur le contenu de l’entente signée mardi à Mexico.

«Les libéraux (...) se trompent s’ils pensent que nous allons accepter l’entente sans rien dire», a écrit le conservateur Erin O’Toole.

Le député rappelle, toutefois, que son parti est celui des ententes de libre-échange. Il faut en comprendre qu’il y est d’habitude favorable.

L’attitude bloquiste est toute autre.

«Ils ont protégé l’acier», a souligné à répétitions le député Simard.

«Pourquoi ils ne le font pas avec l’aluminium? Pourquoi c’est nous, encore, au Québec qui sommes la monnaie d’échange? Si 90 pour cent de l’aluminium était fondu en Ontario, est-ce qu’on serait devant le même résultat aujourd’hui?», a-t-il martelé.

Mercredi, le premier ministre François Legault s’est dit déçu du sort réservé à l’aluminium, mais il réclame, tout de même, la ratification de l’accord.

«Je comprends que lui regarde ça probablement dans une globalité. Moi, je ne suis pas dans un marché de globalité. Moi, je représente des travailleurs qui travaillent dans le marché de l’aluminium», a réagi le président du syndicat, Sylvain Maltais.

Les députés fédéraux prévoient mobiliser tous les élus de leur région la semaine prochaine pour venir à la défense du secteur de l’aluminium.

Mercredi, celle qui a négocié l’accord, la vice-première ministre Chrystia Freeland, a expliqué que son but principal était d’arriver à une entente à ratifier et que cet objectif était plus important que le reste. Le gouvernement Trudeau maintient que l’économie canadienne a tout à gagner avec l’entrée en vigueur de l’ACEUM qui remplace l’ALÉNA dont Donald Trump ne voulait plus.

L’exercice de la ratification n’aboutira pas très rapidement. Les Communes entament leur congé de fin d’année vendredi et ne reprennent les travaux que le 27 janvier.

sherbrooke

Opération policière en psychiatrie: les employés soulagés

SHERBROOKE - Les employés du département de psychiatrie de l'Hôtel-Dieu de Sherbrooke sont soulagés après l'opération policière effectuée pendant tout l'avant-midi, mercredi, au 8e, 9e et 10e étage du pavillon Émile-Noël de l'Hôtel-Dieu de Sherbrooke.

« L'effet dissuasif devrait être là. On espère que ça va calmer les patients qui, on le pense, entraient de la drogue et en vendaient à d'autres patients », soutient un employé qui préfère garder l'anonymat.

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«La psychiatrie n’est pas une jungle», rassure le Dr Trudel

Il faut dire que les employés de la psychiatrie étaient sous tension depuis plusieurs semaines. « Recevoir des menaces verbales dans des moments de crise, c'est une chose... Mais quand on reçoit des menaces directes et que nos collègues se font crever leurs pneus pendant leur quart de travail, là c'est venu nous shaker en masse », indique une autre employée.

Le climat de peur qui s'est installé chez les employés mettra du temps à se dissiper. Un employé qui vient travailler à pied a maintenant très peur de marcher seul aux alentours de l'hôpital.

Un autre indique qu'il est à un cheveu d'abandonner sa profession. « Je suis rendu que j'arrive travailler le matin et que je regarde l'heure à tout moment en me disant : mais pourquoi il n'est pas quatre heures? C'est un signal d'alarme qu'on n'aime plus son emploi, hein? En fait, je l'aime encore. J'aime travailler en psychiatrie, je ne voudrais pas aller ailleurs. Mais je ne suis plus capable de vivre tous mes quarts de travail dans la peur. Je veux me rendre à ma retraite sur mes deux jambes, en bonne santé. Je ne veux plus risquer d'être blessé chaque fois que je viens travailler », clame-t-il.