RICHARD THERRIEN

Vendredi noir pour Marina Orsini

BLOGUE / Deux magazines importants de la grille de jour d’ICI Radio-­Canada Télé, «Marina Orsini» et «Entrée principale», de même que l’émission «Deuxième chance», ne reviendront pas la saison prochaine. Cette décision entraîne l’abolition de 16 postes permanents au secteur Culture, variétés et société, en plus des pigistes qui se retrouvent sans travail.

C’est un dur coup pour Marina Orsini, qui a perdu deux émissions dans la même journée. D’abord, sa quotidienne matinale, qu’elle animait depuis 2015, et qui attirait cet automne 62000 fidèles. Puis, Deuxième chance, qu’elle pilotait en équipe avec Patrick Lagacé le samedi soir, et dont la troisième et ultime saison sera diffusée cet hiver. Sur Facebook, au sujet de Marina Orsini, l’animatrice a parlé d’une «bien triste nouvelle, mais un immense sentiment de gratitude d’avoir pu faire cette magnifique émission pendant quatre saisons. Un grand privilège dans cet air de mouvement, de virage et d’incertitude.» Déjà, l’émission avait vu le nombre de ses épisodes coupé de moitié cette saison.

André Robitaille perd quant à lui Entrée principale, qu’il animait depuis six saisons, et qui s’était déjà vue amputer son émission du vendredi cet automne. En moyenne 161000 téléspectateurs étaient au rendez-vous chaque après-midi à 16h. Dans une note interne, la directrice générale, Dominique Chaloult, indique que la décision de retirer ces émissions est «motivée par les orientations stratégiques de Radio-Canada, qui impliquent un redéploiement des ressources liées au virage numérique pour être au diapason de la manière dont le public d’aujourd’hui consomme les contenus audiovisuels.» On dit toutefois avoir l’intention «de conserver une masse critique de capacité de production interne, non seulement en information, en radio et en services numériques, mais aussi en télévision générale, où elle sera maintenue en partenariat avec des maisons de production.»

D’année en année, la programmation de jour perd des plumes dans toutes les télés généralistes. Comme émission originale sur ICI Radio-Canada Télé, ne restent plus que Ricardo et Le téléjournal midi, les autres cases étant occupées par des rediffusions. L’été dernier, pour la première fois, le diffuseur ne présentait plus de magazine de jour, ayant mis fin à l’éphémère Indice UV. La direction a déjà laissé savoir préférer consacrer ses budgets aux heures de grande écoute.

Adaptation d’un concept britannique, Deuxième chance permettait à des gens du public de demander pardon ou de témoigner leur reconnaissance à quelqu’un, plusieurs années plus tard. Patrick Lagacé accueille la nouvelle avec philosophie et se trouve privilégié d’avoir pu vivre cette aventure durant trois saisons. «Pour les gens qui nous confiaient leur quête, qui étaient hantés depuis des années, parfois des décennies, ça avait un effet incroyablement apaisant. L’expression dit: ''c’est juste de la TV''. Mais c’était souvent plus que de la TV dans notre cas», affirme le chroniqueur de La Presse+ et coanimateur de Deux hommes en or à Télé-Québec.

Heureusement, le public aura l’occasion de retrouver Marina Orsini comme actrice cet hiver dans la nouvelle série de Chantal Cadieux, Une autre histoire, dans laquelle elle incarne une femme atteinte d’Alzheimer précoce. Les derniers enregistrements de Marina Orsini auront lieu en décembre, alors que l’équipe d’Entrée principale restera en place jusqu’en avril.

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Autour du globe, 17 novembre 2018

Gatineau

Les «ta-bernaches» du budget

ANALYSE / Une fébrilité certaine flotte dans la salle Henri-Masson de la Maison du citoyen. Des élus terminent leur déjeuner en rigolant. Des petits conciliabules se forment ici et là. Tous les hauts fonctionnaires y sont. C’est toujours un peu spécial, le premier matin de l’étude du budget de la Ville de Gatineau.

La semaine est éreintante. Il y a des chiffres à en faire une indigestion. Taxation, infrastructures, gestion de la dette et plan d’investissements rythment la semaine. Mais aussi plein de petites anecdotes dont vous n’entendrez pas parler.

Monde

Ce n'est pas arrivé cette semaine

Vérification faite par l’Associated Press, et contrairement à ce que vous pouvez avoir lu ou entendu ailleurs, voici quelques-uns des événements les plus extraordinaires qui... ne se sont pas produits cette semaine.

FAUX La sœur de Stacey Abrams n’a pas jugé de plainte liée à l’élection.

Vrai La juge de la Cour de district américaine, Leslie Abrams, qui est la sœur de Stacey Abrams, candidate démocrate au poste de gouverneure de Géorgie, n’a pas entendu la cause liée à une plainte concernant la course électorale très serrée, comme le rapportent des publications qui circulent en ligne. La poursuite intentée par le Parti démocrate en Géorgie contre le comté de Dougherty a été déposée devant le tribunal fédéral du Middle District de Géorgie, où Leslie Abrams a été assermentée juge en 2014. La plupart des tribunaux fédéraux attribuent les dossiers au hasard à chacun des juges, y compris dans le Middle District de Géorgie. Par hasard, l’affaire a été assignée à la juge Abrams le 8 novembre, mais elle a été réassignée le jour même à son collègue W. Louis Sands avant que toute procédure n’ait lieu. Selon le greffier David W. Bunt, le changement était conforme à la procédure en cas de conflit d’intérêts.

FAUX «Planned Parenthood» diffuse une publicité disant qu’un bébé «mérite d’être un choix».

Vrai Planned Parenthood n’a pas diffusé de publicité vidéo mettant en scène un bébé avec un texte affirmant que l’enfant méritait d’être un choix, en dépit des nombreuses publications partagées en ligne. Des utilisateurs créent de fausses légendes au bas de l’image et retransmettent la vidéo publiée à l’origine par The Agenda Project Action Fund en 2015. Erica Sackin, porte-parole de la Fédération américaine Planned Parenthood, a confirmé que l’organisation n’avait pas produit la vidéo en question et qu’elle n’y était associée d’aucune façon. Dans la fausse publicité, on voit un bébé vêtu d’un bonnet de laine et qui sourit alors qu’on peut lire les phrases : «Elle mérite d’être aimée. Elle mérite d’être recherchée. Elle mérite d’être un choix. #StandWithPP.» La vidéo originale a été créée par une branche de The Advanced Project, une organisation militante progressiste, et téléchargée sur sa chaîne YouTube. La fondatrice Erica Payne a mentionné à l’AP qu’elle avait diffusé la vidéo après avoir eu un bébé à l’âge de 45 ans. Pour elle, ce geste était sa manière d’exprimer à quel point les enfants sont des miracles. «Ils méritent d’être aimés, désirés et un choix», a-t-elle déclaré.

FAUX Une photo aérienne montre des nuages au-dessus d’un feu de forêt en Californie

Vrai La photo d’un couvert nuageux gris au-dessus d’un fond rouge vif n’a pas été prise lors des récents incendies de forêt en Californie, malgré les publications qui le prétendent sur les médias sociaux. La photo a été prise en juillet par Nathan Province alors qu’il survolait Honolulu. Elle montre des nuages appelés altocumulus durant un coucher de soleil. Nathan Province a expliqué à l’Associated Press que la photo avait été prise vers 19 h, à une altitude d’environ 30 000 pieds, alors qu’il effectuait un vol à destination d’Hawaï. Il a précisé avoir pris la photo avec son téléphone intelligent environ 30 minutes avant d’atterrir et l’avait ensuite publiée sur les médias sociaux. «Je trouve ça bien que les gens aiment le paysage et la beauté d’Hawaï, mais c’est triste que des gens s’en servent continuellement pour propager de fausses informations», a-t-il commenté dans un message texte.

FAUX La couverture du magazine Time affirme que les vaccins «empoisonnent une génération entière»

Vrai La couverture du magazine Time qui circule en ligne et qui prétend qu’«une génération entière a été empoisonnée par des vaccins toxiques» a été falsifiée. La fausse couverture porte le titre «L’empoisonnement d’une génération entière», ainsi que le texte suivant : «Vaccins toxiques. Enfants malades. Et les dirigeants incompétents qui les ont trahis.» La fausse couverture a été fabriquée à partir du numéro du 1er février 2016 du Time, une édition qui traitait de la crise de l’eau à Flint, dans le Michigan, et dont le titre était «L’empoisonnement d’une ville américaine». Les deux couvertures utilisent la même photo d’un enfant, mais l’original n’inclut pas de seringue avec une aiguille. Les sous-titres de la couverture originale disent : «Eau toxique. Enfants malades. Et les dirigeants incompétents qui ont trahi Flint.» Un porte-parole de Time a confirmé à l’AP que la couverture n’était pas l’œuvre du magazine et a fourni un lien qui permet d’identifier les fausses couvertures du Time.

Francophonie

Université de l'Ontario français: vers un recours aux tribunaux ?

L’avocat spécialisé en droits linguistiques Ronald Caza, qui était sur la ligne de front lors de la bataille de SOS Montfort il y a 20 ans, a été approché dans les dernières heures par la gouvernance de l’Université de l’Ontario français pour fournir un avis juridique. On peut en déduire qu’un recours aux tribunaux n’est donc pas exclu.

C’est Dyane Adam, la présidente du conseil d’administration, qui a fait la demande au juriste reconnu à travers le pays comme un ardent défenseur de la francophonie.

Actualités régionales

Adieux à Jean Sans-Cartier, le rassembleur

La communauté catholique de Gatineau faisait ses derniers adieux à l’abbé Jean Sans-Cartier vendredi, à la Cathédrale Saint-Joseph du secteur Hull.

Le religieux a été décrit comme étant un homme rassembleur, engagé dans sa communauté et à la foi inébranlable dans l’homélie de l’archevêque de Gatineau, Mgr Paul-André Durocher.

Monde

Incendies en Californie: 71 morts et plus de 1000 disparus

CHICO, Calif. - Le bilan du feu de forêt qui a ravagé le nord de la Californie s’élève maintenant à 71 morts, alors qu’on dénombre plus de 1000 personnes qui manquent toujours à l’appel.

Les autorités du nord de la Californie ont poursuivi les recherches, vendredi, à la veille de la visite du président Donald Trump.

Samedi, le président est attendu pour constater la tristesse et les ravages laissés par l’incendie de forêt le plus meurtrier en un siècle aux États-Unis. M. Trump pourrait faire face au ressentiment de la population locale pour avoir attribué la catastrophe à la mauvaise gestion des forêts en Californie.

Dans une entrevue enregistrée vendredi et qui doit être diffusée durant l’émission «Fox News Sunday», Donald Trump s’est dit étonné de voir des images de pompiers enlever des broussailles sèches près d’un incendie, ajoutant: «Tout cela aurait dû être brûlé.»

Les autorités ont retrouvé huit autres corps vendredi, ce qui porte le total 71 décès.

Le nombre de personnes portées disparues est passé de 631 jeudi soir à plus de 1 000 vendredi, mais selon le shérif Kory Honea la liste pourrait facilement contenir des doublons et des noms mal orthographiés.

Il a expliqué que le nombre élevé de disparus est probablement attribuable à des gens qui ont fui la région et qui ne savent pas qu’on les cherche. Une liste a été rendue publique pour que ceux qui y apparaissent puissent communiquer avec les autorités.

Certaines personnes sur la liste ont été confirmées décédées par des membres de leur famille ou des amis sur les réseaux sociaux. D’autres ont été localisés et se trouvent en sécurité, mais n’ont pas encore été retirés de la liste par les autorités.

Quelque 52 000 personnes ont été chassées de chez elles.

L’incendie qui a éclaté la semaine dernière a rasé la ville de Paradise. Des secouristes ont retrouvé des corps dans des maisons ou des voitures, mais il n’est pas impossible que la chaleur intense ait complètement incinéré certaines victimes. Près de 10 000 maisons ont été détruites.

L’incendie est contenu à seulement 40 pour cent et on ne sait pas à quel moment les évacués pourront rentrer chez eux. Les lignes électriques sont toujours au sol, les routes sont fermées et les pompiers sont toujours à l’oeuvre.

Des dizaines de réfugiés ont transformé le terrain de stationnement d’un magasin Walmart de la ville de Chico en terrain de camping improvisé. Des toilettes portatives ont été installées, des camions de rue distribuent de la nourriture gratuitement et les sinistrés sont inondés de dons de vêtements et de jouets.

On s’inquiète toutefois pour leur sécurité et on pourrait leur demander de s’en aller d’ici quelques jours, même si on ne prévoit pas les forcer à partir.

Francophonie

Le rêve d'une université francophone en Ontario «en suspens»

Déçu de la tournure des événements après des mois voire des années de travail sur le concept, le recteur par intérim de l’Université de l’Ontario français, Normand Labrie, croit toutefois que «l’idée n’est pas morte». À son avis, «le rêve reste en suspens».

Le professeur de sociolinguistique, nommé à ces fonctions à la fin du printemps dernier par le conseil des gouverneurs de la future institution, avoue que la décision fait mal. Mais il compte se relever les manches.

«On s’attendait peut-être à des coupures, mais pas à cela. J’imagine qu’il y avait trois options: l’abolition du projet, une réduction du budget ou encore un maintien du budget prévu à l’origine. La pire hypothèse, celle qu’on considérait le moins dans le contexte actuel, est finalement celle qui s’est concrétisée, affirme-t-il. L’institution existe toujours, mais qu’en l’absence de financement, ça signifie l’arrêt des chantiers».

L’Université de l’Ontario français devait en principe accueillir 350 étudiants en 2020.

«C’est un projet qui remonte à plus de 30 ans, il y a eu des années d’efforts en vue de la réalisation d’un continuum de l’éducation de la maternelle jusqu’à l’université pour les francophones. Le projet me tient vraiment à cœur, c’était une chance inouïe d’avoir une université d’aujourd’hui, et non pas un établissement qui reproduit les modèles du 20e siècle», explique M. Labrie.

La prochaine étape sera la fermeture des dossiers, dit-il, rappelant à M. Ford qu’un tel projet «aurait contribué au développement collectif et économique de la province, ce qui cadre bien avec l’agenda gouvernemental actuel.» 

Justice et faits divers

Un collectionneur d'armes condamné à 18 mois de prison

Un collectionneur a poussé trop loin sa passion pour les armes à feu et le tir et vient d’être condamné à 18 mois de prison pour avoir acheté des armes et des dispositifs prohibés à un fabricant illégal.

Raynald Nadeau, de Québec, a aujourd’hui 53 ans. Il a fait carrière dans la production vidéo, notamment dans des stations de télé, et n’a aucun antécédent judiciaire.

Dans les années 1990, il développe une curiosité, puis un intérêt pour les armes et leur mécanisme. Il achète progressivement plusieurs armes et commence à pratiquer le tir dans un club autorisé. Un simple loisir, qui le détend, a-t-il indiqué à la cour.

Raynald Nadeau sera arrêté en 2013, en même temps que plusieurs autres personnes, dans le cadre d’une enquête policière sur le trafic d’armes au Canada et transfrontalier.

Lorsque les policiers perquisitionnent chez Nadeau, ils trouvent 11 chargeurs à grande capacité, un silencieux et un fusil d’assaut AR-15 avec des munitions accessibles. Ils savent que Nadeau a acheté ces armes et dispositifs à David Thériault, un ex-militaire originaire de Lyster, qui fabrique des armes et les vend sur Internet. Thériault a depuis été condamné à six ans de prison par une cour ontarienne.

Les policiers ont aussi vu chez Raynald Nadeau un lot d’armes légales mal entreposées : deux carabines .22, deux carabines .5.56, une arme de poing .40SW, une arme à feu .357 magnum, une arme de poing .45, deux armes 9mm et un fusil .12

Au terme d’un procès, Raynald Nadeau a été déclaré coupable de plusieurs infractions de possession d’armes à feu et de dispositifs prohibés sans être titulaire de permis et d’entreposage négligent d’armes à feu.

L’avocat de Nadeau a porté cette condamnation en appel.

Entretemps, le juge Jean Asselin de la Cour du Québec a condamné le collectionneur à une peine de 18 mois de prison, bien loin de l’absolution conditionnelle suggérée par la défense.

Vrai que l’accusé a exprimé des remords sincères et même produit une vidéo éducative expliquant la législation sur les armes à feu.
Message clair

Mais, souligne le juge Asselin dans sa décision, le message des tribunaux doit être clair et sans équivoque pour les infractions concernant les armes prohibées, responsables de plusieurs drames.

«L’accusé n’a pas résisté à la tentation, constate le juge Asselin. Il y a une réflexion et une démarche derrière l’achat de ce matériel qui dépasse la simple erreur de jugement.»

Même si le contrevenant n’est animé par aucune intention malveillante, ajoute le juge, l’achat d’armes et de dispositifs clandestins pose un risque pour la sécurité du public.

Le principe de dissuasion générale doit donc être priorisé dans ce cas, malgré le bon profil de l’accusé et son faible risque de récidive.

En plus de la peine de détention de 18 mois, le juge a imposé à Nadeau une interdiction de posséder des armes pour 10 ans et des armes prohibées à perpétuité.
Raynald Nadeau a été remis en liberté sous conditions durant les procédures d’appel.