Le QG de la police: Consulter d’abord

À VOUS LA PAROLE / J’habite le secteur des Hautes-Plaines depuis bientôt 40 ans et je suis une simple citoyenne. Je suis estomaquée des propos de la mairesse qui laisse sous-entendre que les résidents du secteur ont le syndrome «pas dans ma cour».


Lundi soir dernier, devant une salle bondée de citoyens préoccupés par l’arrivée du quartier général de la police dans notre quartier résidentiel, les citoyens ont signifié leurs préoccupations à la ville et à notre conseillère municipale. Ceux-ci ont surtout démontré comment l’analyse des critères des sites comprenait des problèmes majeurs de méthodologie. (...) Ce qui me préoccupe, c’est que personne n’a remarqué ces problèmes et qu’on ait accepté de présenter les résultats de cette analyse à la table du conseil.

Ce qui me préoccupe aussi, c’est qu’en répertoriant les 1211 sites appartenant à la ville de Gatineau, en appliquant une méthodologie simpliste et non digne d’un dossier de 200 millions et en arrivant à un choix final de cinq sites dont trois parcs, un quartier résidentiel et l’aréna Robert Guertin, tout bon gestionnaire aurait constaté les problématiques et aurait amorcé une réflexion. Comment avoir plus de choix de terrains? Le projet est-il trop ambitieux?

Les résidents de mon quartier n’ont pas le syndrome «pas dans ma cour». Ils sont indignés de la façon dont ce dossier a été mené, sans une consultation citoyenne. Un site non optimal pour 200 millions qui n’augmentera pas l’efficacité policière. Nous méritons mieux que cela, nous, les contribuables de Gatineau.

Si chaque mois qui passe coûte 600 000$, ce n’est certainement pas les citoyens de mon quartier qui en sont responsables. Le site de le Technologie demande une analyse des sols de près de 8 millions et un report du projet de 10 mois.

La ville de Québec, environ deux fois plus populeuse que Gatineau, s’apprête à livrer à sa population un quartier général et un poste rénové pour moins cher que le projet de Gatineau. Québec s’est dotée d’un service de consultation citoyenne et a priorisé l’optimisation géographique et l’efficacité policière. À Gatineau, niet!

J’ai à cœur mon quartier et les gens qui y demeurent. Ils n’ont pas le syndrome «pas dans ma cour». Nous sommes outrés que le site de la Technologie ait été retenu à la dernière minute.

Lorraine Normand, résidente du secteur des Hautes-Plaines