Départ des camions: une solution négociée toujours recherchée

Les autorités cherchent toujours à négocier de manière pacifique le départ des camions de manifestants immobilisés au centre-ville d’Ottawa.

Les autorités cherchent toujours à négocier de manière pacifique le départ des camions de manifestants immobilisés au centre-ville d’Ottawa. Le chef de police de la capitale fédérale, Peter Sloly, a mentionné lundi que «toutes les options sont sur la table».


«Que ce soit par la négociation ou par l’application de la loi. Toutes les options sont sur la table pour résoudre cette manifestation de manière sécuritaire et efficace», a indiqué le chef Sloly lors d’un point de presse virtuel de la Ville d’Ottawa et de la police lundi après-midi.

Situation volatile

Les autorités font preuve de prudence pour ne pas jeter de l’huile sur le feu et pour s’assurer de la sécurité des citoyens et des policiers dans cette manifestation qualifiée d’«unique et comme aucune autre» à Ottawa.

«C’est une situation très volatile qui a le potentiel de dégénérer bien au-delà de ce que l’on a vu», a prévenu la présidente de la Commission de services policiers d’Ottawa, Diane Deans.

Diane Deans, présidente de la Commission de services policiers d’Ottawa.

«C’est un événement national qui a ceci de spécifique, soit d’avoir des poids lourds pouvant servir d'armes dans la ville», a-t-elle continué.

Aucun blessé

Jusqu’à présent, malgré des cas rapportés d’intimidation envers les policiers et certaines images ayant révolté plusieurs personnes, dont celles d’une femme sautant sur la Tombe du Soldat inconnu, seulement une arrestation a été rapportée par le Service de police d’Ottawa (SPO) depuis l’arrivée des premiers camionneurs et militants pour la levée des restrictions sanitaires liées à la COVID-19, vendredi dernier. On ne rapporte aucun mort et aucun blessé.

Le chef de police a tenu à saluer ses ouailles pour leur travail sur le terrain depuis vendredi dernier.

«Ils ont été un groupe de personnes formidables qui a permis à la ville de rester sécuritaire dans une situation où il y aurait pu y avoir des émeutes, des blessés graves et la perte de vie. Rien de ça n’est arrivé au cours des quatre dernières journées», a mentionné le chef Sloly, qui a cependant signalé qu’il y a des appels de gens sur les réseaux sociaux pour que soient commis des actes de violence.



La présence d'encore beaucoup de camions est une situation qui frustre des résidents du centre-ville en raison du bruit, des coups de klaxon et de l’odeur de diesel.

Klaxons

Le SPO a indiqué avoir constaté le départ de plusieurs poids lourds depuis dimanche après-midi. Les opérateurs de ces véhicules avaient convergé vers la capitale fédérale dans le cadre de «convois pour la liberté» qui demandent la levée des contraintes sanitaires. 

Mais il reste encore beaucoup de camions, une situation qui frustre des résidents du centre-ville en raison du bruit, des coups de klaxon et de l’odeur de diesel.

La police d’Ottawa retournera à compter de mardi dans leurs quartiers respectifs ses agents de quartier, à qui l’on avait demandé de participer au maintien de la paix durant la manifestation. 

Rappelons que des agents de nombreux corps policiers de l’Ontario ont été appelés à venir épauler leurs collègues ottaviens en raison de l’importance de la situation.

La police évalue entre 8000 et 18 000 le nombre de manifestants au centre-ville d’Ottawa, samedi.

Le chef Sloly a aussi mentionné que les autorités policières ne pouvaient bloquer l’accès à la ville d’Ottawa aux camionneurs en raison des droits constitutionnels, et que les autorités n’avaient tout simplement pas les ressources pour «fortifier» Ottawa contre les camions sans causer des impacts dans la vie de milliers et de centaines de milliers de personnes à travers la ville.

Remorquage possible? 

Alors que les autorités discutent présentement de possibles approches afin de libérer le centre-ville des véhicules encombrants, Le Droit a tenté de joindre certaines entreprises de remorquage de la capitale fédérale qui, pour la plupart, se faisaient avares de commentaires. L’entreprise de remorquage Gervais Towing & Recovery, qui a accepté de commenter, a souligné qu’elle souhaitait rester neutre et préférerait passer son tour si ses services étaient demandés dans les circonstances. 

On ne veut pas s’impliquer d’un bord ou de l’autre. On ne participe pas et on ne veut pas nuire à aucun des deux côtés. On a en masse d'ouvrage [en ce moment], on n’a pas besoin de se mêler à ça.

«C'est une chose sur laquelle je n'ai vraiment aucun contrôle», a lancé pour sa part un employé de Towing Ottawa, qui a préféré ne pas s’identifier. «Si quelqu'un tombe en panne et a besoin d'une remorque, on va le remorquer. Si la police appelle et dit de remorquer quelqu'un, on suit toujours les forces de l'ordre. [...] S'ils nous disent de venir faire quelque chose, nous faisons toujours ce qu'ils nous disent de faire.»  

Avec Ani-Rose Deschatelets