S'unir sous le même toit

Sophie Dorion-Boisvert, présidente du «Rack à bécik», Julie Malo co-directrice affaires chez Horti-Cité, Patrick Duguay, directeur général de la Coopérative de Développement régional (CDR) Outaouais-Laurentides 

Trois organismes d'économie sociale se retrouveront sous le même toit au 135 rue Eddy, dans le secteur de Hull.


Horti-Cité, la Bibli’Outils et le Rack à bécik s’unissent dans le but de mieux profiter de l’espace qui leur est alloué à moindre coût et maximiser les échanges de connaissances.  

Dès le 1er décembre prochain, les utilisateurs pourront trouver tout ce dont ils ont besoin -ou presque- pour réparer leur vélo, donner une deuxième vie à leur vieille chaise de cuisine et auront la possibilité de questionner des spécialistes sur la confection de leur potager.

«C’est l’aboutissement de trois ans de travail acharné», explique Yannick Robert, co-directeur des opérations chez Horti-Cité.

L’organisme plante des arbres et offre des présentations sur le démarrage de potagers, notamment en animant des ateliers dans des CPE. Horti-Cité mise entre autres sur ce lieu pour favoriser un meilleur entreposage de ses bacs de légumes.

La présidente du Rack à bécik, Sophie Dorion-Boisvert, est enthousiaste à l’idée que cette union voie enfin le jour. «Faire du neuf avec du vieux, ramasser des outils accessibles à tout le monde, que ce soit une vieille chambre à air ou même partager l’utilisation d’une scie ronde -ce qu’on n'a pas tous chez-nous-, c’est juste génial.»

Revaloriser les vélos, les meubles, les revendre, ça détourne aussi les matières du site d’enfouissement. En plus, avec Rack à bécik, on souhaite promouvoir l’accès au vélo autrement. Le rendre inclusif et pas juste élitiste.



Revaloriser l’espace

Ce besoin commun d’espace à coût abordable -environ 1000$ par mois- signifie pour Julie Malo, co-directrice des affaires chez Horti-Cité, une vision commune de missions qui s’allient. «Le partage de connaissances, de matériel dans un but d’une plus grande autonomie de la population, ce sont des valeurs qui nous guident tous les trois.» 

Cette tendance s’inscrit dans un mouvement déjà bien amorcé à travers la province, que ce soit avec la bibliothèque d’outils La Remise à Montréal ou l’Atelier La Patente de Québec qui fonctionnement selon les mêmes principes et valeurs.

Pour Claudine Lalonde, directrice-générale adjointe de la Coopérative de développement régional de l’Outaouais-Laurentides qui a chapeauté le projet, c’est le commencement d’une nouvelle vision du centre-ville. «Avoir des locaux qui ont pignon sur rue dans un secteur où les immeubles étaient abandonnés, permettre une participation citoyenne et une implication de tout le monde, ça va permettre un meilleur réseautage, une belle collaboration, ça mobilise les membres et en plus, ça redonne vie au centre-ville!»

Un enthousiasme partagé par la directrice générale chez Vision centre-ville, Annie-Pier Caron Daviault. Cette dernière estime que les gens resteront plus longtemps dans le secteur pour aller manger, prendre une bière et qu'il y aura un effet d'entraînement.

Tout ce que je peux vous dire c'est qu'il y a vraiment un momentum sur la rue Eddy en ce moment. D'autres belles choses s'en viennent. On est content que ça bouge.

En plus des trois entreprises, le 135, rue Eddy accueillera également des artistes en location d’ateliers au 3e étage.

Quelques chiffres sur l'économie sociale à Gatineau 

 89 projets chapeautés en 2020, à Gatineau seulement;

• Près de 250 entreprises d’économie sociale existent à Gatineau et se retrouvent dans tous les districts municipaux;

• Seulement dans le district du centre-ville (Hull-Wright), il y a plus de 60 entreprises d’économie sociale: c’est le secteur le plus dynamique en matière d’économie sociale.

Source: Coopérative de développement régional