Balado, vidéo et bandes dessinées pour combattre le racisme et la discrimination

Body Ngoy de la firme BoXia avec un exemple de bande dessinée anti-raciste.

De nouveaux «outils innovants» verront prochainement le jour pour combattre le racisme et la discrimination à l’échelle franco-ontarienne.


Les trois réseaux en immigration francophone de l’Ontario ont présenté, vendredi, leur nouvelle stratégie de lutte contre le racisme et la discrimination. Elle mise sur un balado vidéo et des bandes dessinées.

«Dès le début de nos travaux, il a été clair pour nous que la stratégie porterait sur la capacité des communautés de races blanches en Ontario de contribuer à l’élimination du racisme et de la discrimination, a fait valoir la coordonnatrice du Réseau de soutien en immigration francophone de l’est de l’Ontario (RSIFEO), Brigitte Duguay Langlais. La reconnaissance du privilège blanc et de la fragilité blanche est au cœur de cette stratégie sans pour autant stigmatiser la communauté blanche.»

Elle informe que la stratégie du RSIFEO du Réseau en immigration francophone du centre-sud-ouest et du Réseau en immigration francophone du nord de l’Ontario et de leurs partenaires est axée sur trois grands objectifs.

«Il faut sensibiliser quant à la présence ‘d’angles morts’ qui contribuent à différentes formes de racisme; diminuer les comportements contribuant à perpétuité les actions discriminatoires envers les communautés autochtones, noires, de couleur et immigrantes; et encourager des initiatives et interactions antiracistes», signale la porte-parole.

Une série de capsules vidéo sous forme de balado a  été créée par l’Équipe de santé psychologique d’Orléans (ESPO) pour «livrer des messages clairs et directs» sur les phénomènes du privilège blanc et de la fragilité blanche.

Outils innovants

À cet effet, les trois réseaux ont cru qu’il était «primordial de dépasser les stratégies traditionnelles» en proposant des «outils d’éducation populaire innovants».

Une série de capsules vidéo sous forme de balado a donc été créée par l’Équipe de santé psychologique d’Orléans (ESPO) pour «livrer des messages clairs et directs» sur les phénomènes du privilège blanc et de la fragilité blanche.

Rappelons que ce premier concept fait référence aux avantages invisibles — et parfois inconscients — dont bénéficient les personnes de race blanche en raison de la couleur de leur peau.

Il s’avère donc important de prendre conscience de ce privilège pour déconstruire ces inégalités raciales, estime la Dre Monic Gallien de l’ESPO. En ce qui a trait à la fragilité blanche, il s’agit du racisme non observé par les Blancs qui entrave leur capacité à reconnaître et à accepter leurs privilèges, ajoute-t-elle.

Les capsules du balado visent à développer cette prise de conscience.

«L’idée n’est pas de stigmatiser qui que ce soit, mais d’essayer de travailler plus fort sur le vivre ensemble et d’amener la population blanche à être un acteur dans ce mouvement de changement», soutient la Dre Gallien.

De son côté, l’artiste Body Ngoy de la firme BoXia a produit 20 vignettes de bandes dessinées pour «rendre l’invisible visible».

«Il y a beaucoup de choses d’invisibles dans le racisme et la discrimination, comme les microagressions, l’injustice, la mauvaise foi, etc. Il faut les rendre visibles pour les combattre, les anéantir et les neutraliser pour que nous puissions être meilleurs […] Les images parlent», lance le dessinateur.



Il est impossible de bâtir un avenir différent avec des personnes indifférentes.

Populations cibles

Les outils seront destinés au grand public, à divers organismes et associations, mais aussi les personnes racisés, victimes de racisme et discrimination.

«Ils seront distribués de façon stratégique dans des temps opportuns avec des instructions claires pour leur utilisation. Une formation sera offerte dans les prochaines semaines», informe Mme Duguay Langlais.

Plus précisément, tous les outils devraient disponibles d’ici le mois de mars prochain. Ils seront également diffusés sur les réseaux sociaux des trois organismes pilotant l’initiative.

«Il est impossible de bâtir un avenir différent avec des personnes indifférentes», prône Mme Duguay Langlais.