Chronique|

Et si le sport devenait une priorité? [VIDÉO]

La double olympienne Kathy Tremblay et le ministre Mathieu Lacombe

CHRONIQUE / Kathy Tremblay et Mathieu Lacombe ont un point en commun.


Quelque chose d’assez fondamental, je dirais.

Kathy, double olympienne, élève deux jeunes garçons qui sont âgés de moins de 10 ans.

Le ministre provincial a lui aussi deux fils, qui ont sensiblement le même âge.

L’athlète et le politicien se sont retrouvés dans un parc de l’île de Hull, lundi matin, pour faire la promotion d’un festival qui aura pour but de faire bouger les gens, en juillet.

L’occasion était trop belle pour leur demander comment leurs héritiers ont vécu le confinement.

On dit parfois que les tout petits ont été les «grands oubliés» de la COVID-19. Surtout ceux qui sont actifs.

Quand je lui ai posé la question, le ministre Lacombe a pris un moment pour réfléchir.

«C’est une bonne question, mais c’est plus une question pour le papa que pour le ministre», a-t-il réagi.

C’est sans doute vrai. Mais, pour quelqu’un qui dirige le très particulier ministère de la Famille, les deux rôles sont pas mal indissociables...

«En tant que papa, je répondrais que pour l’instant, je ne vois pas d’impact de la pandémie sur mes enfants. Je vais rester vigilant, comme n’importe quel parent. Je dirais que je vois davantage d’enjeux au niveau émotionnel. Ils ont été longtemps sans pouvoir voir leurs amis, comme tous les autres enfants. Par contre, au niveau sportif, on a profité de la pandémie, chez nous pour se remettre à bouger.»

Il pense que «les adolescents ont souffert davantage que les tout petits» durant la pandémie.

Kathy Tremblay m’a donné une réponse similaire, mais différente.

Kathy Tremblay

«Nous autres, on a découvert le baseball, l’an dernier, à cause de la pandémie. Je connais zéro le baseball. On a regardé l’offre sportive à l’été 2020, dans notre coin, et on a demandé aux gars s’ils avaient le goût d’essayer. Ils ne savaient pas trop, eux non plus. Aujourd’hui, ils sont mordus. Mon plus jeune joue au t-ball. Mon plus grand joue au baseball et toute la petite gang de sa bulle-classe l’a suivi. C’est comme un gros party

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Dans la vidéo qui accompagne cette chronique, on vous en dit un peu plus long sur le Festival BougeBouge, qui est parrainé par l’organisme d’économie sociale de Kathy Tremblay, auquel s’est associé le député Mathieu Lacombe.

(Le Droit, Simon Séguin-Bertrand)

Personnellement, j’aimerais qu’on profite du moment pour penser un peu plus grand.

Le mot «relance» sera très à la mode, dans la deuxième moitié de 2021. On l’utilisera à toutes les sauces.

On voudra relancer l’économie. Les intervenants de tous les secteurs d’activité vont tendre le chapeau.

On voudra réinventer nos rapports avec le travail, on voudra donner un coup de pouce aux étudiants qui ont subi les impacts de l’enseignement à distance.

Quand je pense au mot «relance», je pense au mot «renouveau». L’après-pandémie pourrait nous offrir de belles opportunités. On pourrait se donner de nouveaux projets. On pourrait se fixer de nouveaux objectifs collectifs.

Je dis ça, je ne dis rien. On pourrait décider que la pratique sportive – chez les jeunes, surtout – fait désormais partie de nos priorités.

Mathieu Lacombe est ouvert à la suggestion. Il a commencé sa semaine de travail avec des espadrilles aux pieds. Il a invité les gens des médias dans un parc municipal. Il est important de montrer l’exemple.

Il n’a rien de concret à proposer. Il faudrait que les suggestions proviennent d’ailleurs.

Kathy Tremblay? Elle s’est donné la mission de lutter contre le «décrochage physique».

Le moment serait bien choisi, pour son organisme, de se porter à l’attaque.

«Je traîne vraiment mon background d’athlète, dit-elle. Un coach m’a déjà dit, que je peux maîtriser certaines choses. Il y a d’autres choses que je ne peux pas maîtriser. Je peux faire pression sur le monde politique. Il faut que les gens soient réceptifs, aussi. On a tous pété au frette. Monsieur Legault, si on le regarde, ces temps-ci, on voit bien que les cernes se creusent... Il faut être là au bon moment, pour en parler. Sinon, tu peux brûler la mèche.»

Je répète, le moment sera bientôt choisi de porter le message. Et l’ancienne triathlonienne de calibre mondial pourrait être une des bonnes personnes pour porter le message.

Le travail qu’elle a pu accomplir, dans les 15 derniers mois, l’a peut-être bien préparée à relever ce défi.

BougeBouge se spécialise dans l’organisation d’événements sportifs de participation. Quelqu’un de moins motivé aurait facilement pu lancer la serviette et se recycler, professionnellement, durant les 15 derniers mois.

«La pandémie aurait pu tuer notre entreprise, convient-elle. Mais nous avons une super équipe. Personne n’a pensé qu’on allait s’écrouler, jamais. Nous n’avons jamais eu peur pour BougeBouge, jamais. Notre mission sociale est claire. On lutte contre le décrochage physique. Et la pandémie nous a fait décrocher, physiquement.»

Exactement. C’est ça.