L'opposition à la loi anti-gaie russe s'est fait entendre

La loi anti-gaie votée par le Kremlin en juin dernier a eu des échos dans la capitale cette fin de semaine.

La loi anti-gaie votée par le Kremlin en juin dernier a eu des échos dans la capitale cette fin de semaine.


Une soixantaine de manifestants se sont massés samedi devant l'ambassade de la Russie, à l'invitation de l'Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC). Les protestataires ont chanté, dansé et sifflé leur colère face à la loi qui interdit la «propagande homosexuelle» dans le pays hôte des prochains Jeux olympiques d'hiver.

Dans une déclaration publique datée du 9 août dernier, l'organisation syndicale avait appelé au boycott des Jeux de Sotchi.

Pour Isabelle Gendron, la coprésidente du comité de la fierté de l'AFPC, il s'agit du meilleur moyen d'affirmer son appui aux droits de la personne. «Il n'y a pas deux catégories d'êtres humains. Tout le monde devrait avoir les mêmes droits, soutient-elle. C'est une obligation en tant qu'être humain d'être solidaire des autres.»

Mais l'appel au boycott ne récolte pas que des appuis.

Un manifestant, Paul Delage, croit qu'un tel geste «ne donnerait rien», malheureusement. "Ça ne fait que pénaliser les athlètes et déresponsabiliser les pays. Ce qu'ils doivent faire, c'est prendre des mesures économiques pour faire pression sur la Russie.» Il propose, par exemple, aux gens qui comptaient visiter la Russie de changer leurs plans.

Sur le plan personnel, le manifestant a d'ailleurs choisi de faire connaître son mécontentement en ignorant les Jeux d'hiver, ainsi qu'en boycottant les produits de leurs principaux commanditaires.

Un autre manifestant, Michel Jan, estime que le comité olympique devrait corriger «l'erreur d'avoir accordé les jeux à la Russie» en les déménageant à Vancouver.

«Vraisemblablement, on n'aurait jamais dû donner les Olympiques à Moscou avec Poutine comme président», affirme-t-il, condamnant du même souffle le choix de la Chine en 2008, pour y tenir les Jeux olympiques d'été.