Benoît Pelletier ne sollicitera pas de nouveau mandat

Benoît Pelletier

À la surprise générale, Benoît Pelletier quitte la vie politique. Le député de Chapleau et ministre responsable de l'Outaouais ne sollicitera pas un quatrième mandat à l'Assemblée nationale.


Des raisons familiales expliquent son départ inattendu de la politique à la veille du déclenchement, mercredi, de nouvelles élection générales au Québec.

L'actuel ministre des Affaires intergouvernementales a refusé de commenter lundi ce qu'il  nomme des «hypothèses médiatiques» sur son avenir politique, tout en promettant de clarifier ses intentions lors d'un point de presse, mardi matin, à Québec.

Questionné à deux reprises par les journalistes en Outaouais lundi, le ministre Pelletier n'a pas nié l'information voulant qu'il se retire de la vie politique. Il a admis que son rôle de ministre a forcé sa famille à consentir de lourds sacrifices depuis son élection en 1998.

M. Pelletier est père d'une fillette de cinq ans et de trois ados de 13 à 16 ans.

«Je ne vous cacherai pas que je suis en profonde réflexion depuis un certain bout de temps (...) L'engagement politique est un engagement qui est très exigeant et pour soi-même et pour sa famille.

M. Pelletier affirme que sa décision de poursuivre sa carrière politique a été prise en collaboration avec son épouse, en 1998, 2003 et 2007.

«C'est une décision familiale et mon épouse, je peux vous dire qu'elle a un droit de veto sur les décisions que je prends. Mes enfants n'ont pas droit de veto, mais leur opinion est très importante à mes yeux», a confié le ministre Pelletier.

Le départ du ministre Pelletier suivra de quelques mois celui de Roch Cholette. En mai, le député de Hull a annoncé son départ en invoquant, lui-aussi, des raisons familiales.

«Quand j'ai commencé en politique, en 1998, ma plus vieille avait six ans, reprend le ministre Pelletier. Comme famille, on a accepté de vivre cette vie là et jamais, jamais on ne s'en est plaint parce qu'à chaque mandat, on a fait un choix très éclairé, très conscient.»

Recruté par Jean Charest à titre de spécialiste du droit constitutionnel, Benoît Pelletier a hérité du ministère des Affaires intergouvernementales canadiennes après la prise du pouvoir par les libéraux, en 2003. Un dossier qui lui revenait, en toute logique.

Le dossier constitutionnel n'a toutefois guère été à l'avant-plan ces dernières années. Le ministre Pelletier affirme qu'il ne s'ennuyait pas pour autant à Québec.

«Je suis responsable des affaires intergouvernementales, pas des affaires constitutionnelles, a-t-il dit. Quand on parle du déséquilibre fiscal ou de la place du Québec à l'Unesco, ce n'est pas constitutionnel. C'est un domaine en pleine effervescence. Il y a un tas de choses que nous réussissons à faire sur des bases non constitutionnelles.»

M. Pelletier détient encore un poste de titulaire à la Faculté de droit de l'Université d'Ottawa. Son congé sans solde est encore valide pour deux ans. Il assure que c'est un poste qu'il retrouverait avec plaisir.

«Dans la vie, il nous appartient de nous donner nos propres défis, ce que ce soit à l'intérieur ou à l'extérieur de la vie politique. Et pour ma part, je n'ai aucun problème à me donner des défis dans la vie.»

La nouvelle du départ de M. Pelletier s'est répandue comme une traînée de poudre. Elle a pris par surprise les cercles libéraux, tant à Québec qu'en Outaouais.

De toute évidence, M. Pelletier a attendu à la toute dernière minute avant de faire connaître ses intentions au premier ministre Jean Charest. L'annonce de son départ suivra de quelques jours celle de Jean-Marc Fournier, son collègue au conseil des ministres.

La députée de Hull, Maryse Gaudreault, était sous le choc, lundi, tout comme plusieurs militants à qui nous avons parlés. En coulisses, des noms circulaient sur son éventuel successeur. Le nom de sa fidèle collaboratrice, Brigitte Michaud, entre autres.

Chez les libéraux, on ne mise sur guère la candidature de Michel Simard. Le candidat libéral a été défait aux récentes élections fédérales dans Gatineau a peu de chances de passer sur la scène provinciale, dit-on.

Le maire de Gatineau, Marc Bureau, regrettera pour sa part le départ du ministre Pelletier.

«Il y a eu des partenariats extraordinaires avec M. Pelletier et plein d'annonces pour Gatineau», a-t-il noté, en faisant référence au nouveau complexe sportif en construction.